Football: Servette doit franchir un dernier obstacle pour garder sa couronne

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FootballServette doit franchir un dernier obstacle pour garder sa couronne

Pour conserver leur titre de championnes de Suisse, les Genevoises doivent encore prendre la mesure de Zurich, ce lundi en finale des play-off de Super League.

par
Florian Paccaud
Servette Chênois n’a plus battu Zurich depuis décembre 2020.

Servette Chênois n’a plus battu Zurich depuis décembre 2020.

20min/Marvin Ancian

Un choc au sommet entre les deux meilleures équipes de Suisse. La première finale de l’histoire des play-off de Women’s Super League mettra aux prises le Servette FC Chênois et le FC Zurich, ce lundi à Lausanne (15 h). Un duel très indécis entre les Genevoises, tenantes du titre et gagnantes de la saison régulière, et les Zurichoises, sacrées en Coupe et vice-championnes.

Jouée sur un match unique à la Tuilière, cette affiche s’annonce très équilibrée. «Un match très serré, présage l’entraîneur genevois Eric Sévérac. Les deux équipes se tiennent dans pas mal de domaines, donc cela va surtout se jouer au mental.» Celui des Servettiennes a déjà été mis à rude épreuve durant ces séries.

«Je rappelle juste qu’en juin 1999, Servette avait décroché le titre à Lausanne sans Alexandre Rey, qui était son meilleur buteur, grâce à son remplaçant»

Eric Sévérac, entraîneur de Servette Chênois

D’abord avec le doublé de Marta Peiro en quarts de finale face à Aarau pour son retour au jeu – l’attaquante espagnole avait dû mettre sa carrière entre parenthèses durant plusieurs mois à cause d’une endométriose –, puis lors des demi-finales, avec une qualification aux tirs au but contre Bâle. «Ces moments ont marqué l’équipe et l’ont rendue plus forte», souligne Sandy Maendly, qui sera la grande absente de cette finale. La Genevoise de 34 ans, comme sa coéquipière Daina Bourma, sera suspendue à cause d’un 4e carton jaune, écopé au tour précédent.

Comment se passer de celle qui a reçu le titre de meilleure joueuse de Super League en 2021? «On ne peut pas le faire, répond le coach grenat. Il faut mettre en place autre chose. Il n’y a pas deux joueuses comme elle.» Cependant, Eric Sévérac peut compter sur un groupe étoffé et de qualité. «Je rappelle juste qu’en juin 1999, Servette avait décroché le titre à Lausanne sans Alexandre Rey, qui était son meilleur buteur, grâce à son remplaçant (ndlr: triplé du Néerlandais Edwin Vurens)

Meilleure attaque contre meilleure défense

Les tenantes du titre n’ont plus battu le FCZ depuis décembre 2020. Pas de quoi cependant inquiéter l’entraîneur genevois: «Chaque saison est différente. Au début du championnat, le premier duel contre Zurich était pour nous plus comme un dernier match de préparation avant les qualifications pour la Ligue des championnes. On avait perdu 2-1 mais un nul aurait été mérité. À l’entame du 2e tour, les débats avaient été très équilibrés, voire à notre avantage.» Mais les Grenat n’avaient pas réussi à l’emporter (1-1).

Face à la meilleure attaque de l’exercice (78 buts en 22 parties), «il faudra éviter les erreurs individuelles et lui laisser très peu d’espace», prévient Maendly, qui rangera ses crampons cet été – comme la capitaine Alyssa Lagonia et la Zurichoise Martina Moser (129 sélections avec la Nati, plus de 200 matches en Bundesliga).

Pour repousser les assauts de Fabienne Humm, Naomi Mégroz, Meriame Terchoun et consorts, Servette peut compter sur une défense de fer. La gardienne Inês Pereira a réalisé huit blanchissages sur les neuf derniers matches de championnat. «À l’entraînement, quand on fait de l’attaque-défense, c’est toujours cette dernière qui gagne, explique Sévérac. On va miser sur nos qualités. Mais offensivement, on a également de très bonnes joueuses», laissant présager un joli spectacle.

Outre le champion de Suisse, cette finale permettra de désigner qui disputera les qualifications de la C1 dans la Voie des championnes. Le perdant devra lui batailler dans une Voie de la Ligue beaucoup plus relevée, avec des équipes comme Arsenal, le PSG, le Bayern, le Real ou encore Manchester City. Autant dire que si les Genevoises entendent retrouver la phase de groupes de cette compétition et revivre des soirées devant 12’782 spectateurs, il lui faudra décrocher le Graal contre Zurich. Une finale qui doit permettre à Servette de montrer l’expérience emmagasinée dans sa campagne de Ligue des championnes.

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