Football: Servette entre fantasme et réalité

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FootballServette entre fantasme et réalité

L'équipe d'Alain Geiger traverse une période de turbulences en Super League. Les absences en tout genre desservent les Genevois.

par
Daniel Visentini
Genève

Un match comme une parabole. L'histoire d'un Servette qui pouvait boucler son premier tour du championnat en chassant les nuages qui grossissaient à l'horizon, mais qui se retrouve au contraire sous l'orage. Après le nul poussif contre Lugano, les Grenat avaient l'occasion de se reprendre à domicile encore, face à un Zurich en mal de confiance et de points. S'ils n'y sont pas parvenus, essuyant une défaite amère, cela tient moins à la fatalité qu'à la nouvelle réalité qui s'est installée dans le camp genevois.

Les circonstances de cet écueil racontent tout de ce que traverse le groupe d'Alain Geiger aujourd'hui, ce mois de septembre raté, ce dur retour sur terre après des envolées prometteuses. D'abord, l'illusion. Ce but que Koro Koné croyait valide, alors qu'il était hors-jeu au moment où Schalk obligeait Brecher à la parade. Servette jouait depuis 40 secondes qu'il se croyait déjà sur le bon chemin. La VAR l'a rappelé à la réalité. Ces erreurs ensuite qui se sont multipliées. Avec un Gaël Ondoua à l'image du vécu grenat de ce début de saison: une belle entrée en matière dès la reprise juillet, des promesses de force, une blessure et, depuis, des difficultés crasses à élever son niveau de jeu. C'est lui qui perd la balle au milieu sur l'action qui conduira au but de Marchesano: chronique d'un déchet technique qui fait le malheur des Servettiens.

Blessures d'un côté, cassure dans le jeu de l'autre, l'avers et le revers d'une même médaille. Si le néo-promu grenat a bien commencé en Super League, il a payé cher les absences qui se sont enchaînées. Celle d'Ondoua, qui est aujourd'hui loin d'apporter ce que l'on espérait, celle de Koné, blessé lui aussi avant de revenir, celle de Sauthier, capitaine touché aux adducteurs. Et surtout celle de Cognat, blessé contre Xamax. Le Français incarnait cette force de percussion au milieu, cette capacité à briser les lignes, mais également cette grinta dans la récupération, tout ce qui fait défaut maintenant.

C'est dans ce contexte fragile que Geiger cherche des solutions qui ne se dessinent que dans a difficulté. Avant, tout était léger, désormais, tout est lourdeur. Lors de ses trois derniers matches à domicile, Servette a évité le pire contre Xamax grâce à deux balles arrêtées pour arracher un 2-2 à l'énergie. Il s'est montré inoffensif contre Lugano (0-0) et vient donc de s'incliner face à Zurich, sans marquer. Aucun but dans le jeu, c'est le drame actuel des Genevois, en perte de confiance, de repères, de certitudes.

À jongler entre les absents, ceux qui doivent retrouver le rythme et ceux qui l'ont égaré, Servette a perdu de son insouciance. Le processus était attendu, on parle là de l'apprentissage de la Super League pour qui la découvre. Le potentiel des Servettiens existe toujours, il est juste flottant entre fantasme et réalité. C'est un nouveau championnat qui doit commencer pour eux, dès samedi à la Maladière, face à un Xamax qui a fait le chemin inverse, en retrouvant enfin des couleurs après les avoir diluées au début. Le tout sans «Micha» Stevanovic, dont l'expulsion contre Zurich, même si elle est sévère, illustre le malaise qui a pris corps.

La rigueur, pour Servette, c'est de trouver une solution sur son flanc gauche, son côté faible, où Séverin ou Gonçalves ont tant de problèmes. C'est se montrer agressif pour imprimer une vraie intensité à tous les instants. C'est favoriser le jeu dans la discipline, notamment dans les transitions défensives et offensives. C'est trouver des solutions plus verticales dans les trente derniers mètres en espérant plus d'efficacité à la conclusion. C'est grandir à tous les niveaux. En se concentrant sur le maintien, en oubliant les flatteries des premiers jours, fussent-elles encore source d'inspiration.

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