Actualisé 24.11.2019 à 12:30

FootballServette et la preuve par trois

Troisième succès de suite pour les «grenat», qui terrassent Bâle après avoir déjà donné le tournis à YB.

par
Daniel Visentini, Genève

Le moment dit tout et son contraire. Le bonheur grenat d’abord, comme une fulgurance, avec ce succès de Servette sur Bâle. Une joie qui fait écho à celle d’il y a trois semaines, quand les Genevois avaient pareillement tordu les plans de Young Boys (3-0). Avec le succès, entre deux, à Lucerne, les hommes de Geiger en sont à neuf points en trois matches, un carton plein, comme l’idée d’un nouvel envol, la preuve par trois.

Et puis, par-delà ce 2-0 qui a laissé les Bâlois pantois, il y a cette réalité qui s’installe, qui dit que ce Servette-là, à domicile, sait se sublimer face aux cadors de Super League, que c’est peut-être et paradoxalement plus simple, justement contre les meilleurs, parce qu’ils ouvrent des espaces. Mais qu’il faudra surtout être capable de le faire aussi régulièrement et avec les mêmes envies à Lugano (dimanche prochain) et partout ailleurs, à la Praille également contre des équipes plus regroupées. Dans un monde idéal, bien sûr. Parce qu’en attendant, la liesse genevoise se suffit à elle-même, elle indique un Servette confiant et efficace. C’est toujours plus simple quand on peut aligner son onze type dans le système qui convient le mieux.

C’est un tourbillon d’émotions qui a saisi Servette dès les premiers instants. C’est une action qui vise d’emblée la cage d’Omlin, avec une hésitation de Stevanovic et c’est Sauthier qui reste sur le carreau, touché à l’épaule. C’est un bonheur grenat qui efface la sortie prématurée du capitaine servettien avec un superbe but pour surprendre le grand Bâle à la septième minute déjà: un centre exceptionnel de Tasar et Stevanovic qui reprend après rebond au deuxième poteau, laissant le portier rhénan constater les dégâts.

Servette a mis de l’intensité dans ses prises de position. Les leçons de Lucerne, cette victoire dans la douleur, ont alors été précieuses: solidarité, repli défensif, espaces fermés. Avec le poison Cabral devant, Bâle possède l’un des meilleurs attaquants du championnat. Il a pesé. Mais il a souvent croisé la route de Rouiller. On ne dira jamais assez combien la clairvoyance, le sens du placement et le sang froid du défenseur central sont indispensables aux Grenat. Même quand Ademi est entré pour tenter de forcer la décision, Rouiller est demeuré un roc. Frick aussi, sans oublier une latte et deux sauvetages sur la ligne: à ce niveau d’engagement pour préserver le résultat, ce n’est plus de la chance, mais de la rage. «Mes joueurs ont joué comme des lions», a souligné Alain Geiger.

Pour récompenser les Servettiens de ces efforts et pour faire suite à un poteau de Tasar, une rupture en profitant des espaces allait clore les débats à la 90e: un centre de Park, le dernier arrivé, un Stevanovic contré, mais un Kone présent qui inscrit son premier but en Super League. Pas du goût de Stocker, pour qui l’arbitre français n’aura pas été à la hauteur. Stocker a écopé d’un carton rouge direct après le coup de sifflet final: entre sarcasmes et bousculade, l’arbitre n’a pas hésité. Il faut croire que les Bâlois n’ont pas l’habitude de se plaindre de l’arbitrage…

Servette - Bâle 2-0 (1-0)

Stade de Genève, 10 420 spectateurs.

Arbitre: M. Abed (Fra).

Buts: 7e Stevanovic 1-0; 90e Kone 2-0.

Servette: Frick; Sauthier (5e Gonçalves), Rouiller, Sasso, Iapichino; Ondoua, Cognat; Stevanovic, Wüthrich (72e Park), Tasar; Kyei (66e Kone).

Bâle: Omlin; Widmer, Bergström, Alderete, Petretta (75e Riveros); Xhaka (68e Ademi), Frei; Stocker, Zuffi, Bua (46e Okafor); Arthur.

Avertissements: 21e Ondoua (antijeu), 26e Gonçalves (jeu dur), 38e Wüthrich (jeu dur), 74e Ademi (jeu dangereux), 76e Frei (réclamation), 79e Widmer (jeu dur). Stocker et Ademi expulsé après la fin du match.

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