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FootballServette FC: le terrain vote Luongo

Abandonnés à leur sort, les joueurs du Servette FC s'accrochent à la piste nyonnaise. Mais Giuseppe Luongo perd patience devant le silence du clan Pishyar.

par
Mathieu Aeschmann

Les joueurs servettiens continuent de s'entraîner avec l'espoir de pouvoir jouer dimanche.

Signe des temps incertains, notre arrivée au Centre sportif des Evaux déclencha hier une singulière inversion des rôles. «Alors, vous avez des nouvelles fraîches?» lance Eudis en plein échauffement. «On est au courant de rien et cela devient très pesant, appuie Tibert Pont. Depuis la réunion de Balexert, la direction n'a plus donné de nouvelles. Les deux prochains jours seront décisifs et, du coup, je peine à trouver le sommeil.»

Malgré l'usure et la frustration, le groupe servettien s'est entraîné hier avec entrain. «Que nous reste-t-il d'autre de toute façon? questionne Marcos de Azevedo. Jouer en espérant que cela dure jusqu'à dimanche. Car si la faillite était prononcée cette semaine, cela réduirait trois ans de travail à néant.» Pendant les traditionnels «toros» d'échauffement fusent quelques noms d'oiseau à l'adresse de Majid Pishyar. Vestiges des promesses en l'air mais aussi nouvelle exaspération devant un processus de reprise rendu illisible par le président fuyard. «Je ne suis pas certain que le principal souci se situe au niveau des repreneurs potentiels, se risque l'entraîneur des gardiens, Pascal Marguerat. Au regard de la surface financière de quelqu'un comme Giuseppe Luongo, les dettes du club ne sont pas si importantes et la masse salariale reste assez modeste. Mais Majid Pishyar souhaite-t-il vraiment s'effacer?»

A qui appartiennent les joueurs?

Connu du milieu et motivé de longue date, Giuseppe Luongo recueillait hier aux Evaux une large majorité des suffrages. Or le mécène du Stade Nyonnais dénonçait déjà lundi l'incapacité du duo Péclard-Warluzel à lui transmettre des précisions sur les comptes du club. «Il est presque suicidaire de formuler une offre sans savoir par exemple si les joueurs appartiennent vraiment à la SA, témoigne un conseiller juridique proche du Stade Nyonnais. Une question centrale à laquelle Me?Péclard ne semble même pas capable de répondre.»

Comment dès lors interpréter ce qui ressemble à de la rétention d'informations? Majid Pishyar privilégie-t-il un repreneur du sérail ou, pire, choisit-il de «torpiller» Servette en ignorant les plans de sauvetage? Nous souhaitions poser la question à ses avocats. Mais le très occupé Dominique Warluzel n'eut hier soir le temps que d'un lapidaire et inquiétant: «Rien de nouveau.»

Incrédulité

Au même moment, Giuseppe Luongo ne cachait pas son incrédulité. «Ça me fait plaisir d'apprendre que les joueurs croient en moi. Mais à cette heure, je n'ai pas reçu les informations que mon avocat exige de Me Péclard. Dettes, durées et appartenance des contrats, budget pour finir la saison, ces données de base sont nécessaires à n'importe quel processus de reprise. Franchement je ne comprends pas l'attitude de M.?Pishyar et je crains que cela soit terminé pour nous.» Un nouveau crève-cœur dans la course à la survie servettienne.

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