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FootballServette FC, mieux mais il reste du boulot

Les dettes de Servette n'ont pas toutes été honorées. Selon Me Olivier Péclard, nouvel avocat du club, la situation est cependant en voie de rétablissement.

par
Renaud Tschoumy
Keystone

La limite pour que les créanciers aient reçu la totalité (ou une partie) de l'argent qui leur est dû par le Servette FC était fixée à hier, midi. Premier constat: tous n'ont pas été entièrement payés, certains même pas du tout. Mais selon Me Olivier Péclard, qui est intervenu dès lundi avec Me Dominique Warluzel pour (re)mettre de l'ordre dans la maison servettienne, la situation est en voie de rétablissement.

Philippe Mortgé, qui a monté en quelques heures l'Association SFC avec Claude Charmillod, a rencontré Me Péclard hier matin. «Pour lui expliquer notre position, le pourquoi de notre rapprochement avec les créanciers, lui rappeler aussi que notre démarche va dans le sens de l'appel à l'aide lancé par M.Pishyar il y a peu, explique Philippe Mortgé. On veut bien essayer de récolter des fonds et de se lancer dans l'aventure, mais on aimerait connaître la situation financière exacte du club. Me Péclard m'a dit qu'il allait se pencher sur la chose ces prochaines semaines, j'espère que cela ira plus vite.»

Charges sociales réglées

Car le temps presse, et les obligations liées à la demande de licence aussi. Cela, Me Péclard a eu vite fait de le comprendre. «On est arrivés lundi, et depuis, on n'a fait que travailler dans l'urgence, admet l'avocat genevois. Je vous confirme que tous les créanciers ne sont pas encore totalement payés, certains ne le sont même pas du tout. Mais je souligne que le club n'a jamais été en cessation de paiements, et que j'ai vu passer certains versements qui sont bien réels.» Ainsi, les charges sociales en retard – il y en avait pour plus de 160?000 francs sur les bureaux de l'Office des poursuites – ont été réglées. Voilà qui devrait éviter que la Swiss Football League ne transmette le «dossier» à sa commission de discipline, selon un scénario qui n'a été que trop répété dans le cadre de la faillite de Xamax. «M. Pishyar m'a donné mandat de vérifier le règlement de certaines échéances, de conclure d'autres plans de remboursement, c'est ce à quoi je m'attelle, poursuit Me Péclard. Certains versements ont été effectués le 15, les prochains partiront le 27 février, voire le 1er mars.»

Les créanciers auront-ils la patience d'attendre jusque-là? Philippe Mortgé à ce sujet «Je sens certains d'entre eux très agacés, et j'aurais tendance à ajouter: à raison. Mais j'admets qu'il y a des signes positifs.» Un nouvel organisme de révision a été nommé, et le travail dans l'urgence du tandem Péclard-Warluzel semble porter ses fruits. Pishyar de retour?

Cela étant, rien n'indique que personne ne brandira une nouvelle menace de mise en faillite dès lundi. La société équipementière italienne GIB Sportswear, à qui Servette doit 285?000 francs, est notamment particulièrement impatiente. «Là, il y a urgence et il va falloir trouver une solution», admet Me Péclard. Si la semaine s'est finalement terminée sans grande casse pour le club genevois, on est encore bien loin de pouvoir danser sur les tables. Absent depuis le début de la crise (il serait aux Etats-Unis), Majid Pishyar aurait annoncé son retour pour la semaine prochaine. Quant au directeur sportif Costinha, s'il était au Portugal, c'était pour être au chevet de son fils qui devait se faire opérer.

En attendant, les joueurs de la première équipe ont au moins gagné le droit de jouer contre GC demain. Ce qui, en début de semaine, était tout sauf sûr.

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