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FootballServette: la faillite ou une reprise providentielle?

Pendant que les joueurs s'entraînent «normalement», on s'active en coulisse pour éviter le pire. Un groupe de repreneurs s'est manifesté.

par
Nicolas Jacquier
Aube ou crépuscule? Le Servette est à un tournant décisif de son histoire.

Aube ou crépuscule? Le Servette est à un tournant décisif de son histoire.

Keystone

Stop ou encore? Faillite ou reprise providentielle? A Genève, l'avenir même du SFC reste tout sauf assuré. Alors qu'un groupe de repreneurs a officiellement manifesté son intérêt, le club «grenat» reste toujours sous la menace d'un possible dépôt de bilan. «Il n'est toujours pas revenu, le barbu, ou il met le club en vente sur E-bay?», interrogeait un joueur au moment d'arriver ce jeudi matin à Balexert, où l'humour du désespoir le dispute aux pires craintes. A elle seule, l'absence prolongée de Majid Pishyar alimente les rumeurs les plus folles. L'une d'elle voudrait que le toujours boss de la Praille puisse être inquiété pour gestion déloyale par la justice genevoise s'il revenait en Suisse. «C'est le jeu de l'avion, illustre un proche du club. L'ennui, c'est que l'avion est en train de s'écraser.»

A l'heure de l'entraînement, les visages «grenat» sont fermés, les regards inquiets. Tous savent que leur avenir se joue en même temps que celui de leur club. «Avant, explique David Gonzalez avant de monter dans un mini-bus pour rejoindre le terrain des Evaux, à Onex, on vivait au jour le jour. Maintenant, c'est d'heure en heure que l'on survit (...) On n'a pas remonté Servette en Super League pour que tout s'arrête aujourd'hui. Je n'arrive pas à croire que Servette puisse connaître une deuxième faillite.» Le gardien du SFC avait déjà connu celle de 2005. «Aujourd'hui, le gars qui vient pour sauver le club, il doit tout payer. Moi, j'y croirai quand ça sera fait si... ça doit se faire comme je l'espère.»

Au même moment, au centre-ville, des pourparlers intensifs et les séances de travail se multiplient afin d'éviter le pire. Par avocats interposés, un projet de reprise serait même sur le point d'aboutir. Seul fait acquis: faisant volte-face et contrairement à tout ce qu'il avait laissé entendre jusque-là, Majid Pisyhar a accepté le principe de vendre les parts qu'il détient - resterait à en fixer le prix -, et à abandonner un navire qui coule. «Les choses continuent d'avancer pour tenter de sauver Servette. J'espère que ça va dans le bon sens.» Porte-parole du nouveau Servette, Shahin Ammane veut encore croire en une issue positive tout en demeurant réaliste: «Cela fait bientôt 3 semaines que je (me) répète chaque jour que ça sera le bon jour.»

Dans la réalité «grenat», tout est pourtant assez simple. Soit Servette trouve rapidement les fonds nécessaires pour ajourner la faillite qui le guette et entamer l'après-Pishyar en espérant pouvoir y décrocher sa licence de jeu pour la saison prochaine. Soit le championnat de Super League se terminera à huit équipes, la SFL perdant en même temps qu'un nouveau club romand le peu de crédibilité qui lui reste. Tant le dégât d'image occasionné par tout ce marasme est déjà catastrophique en termes de retombées négatives...

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