01.08.2020 à 08:32

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Servette, néo-promu devenu modèle

Du terrain jusqu’à sa direction, en passant par son secteur marketing et communication, les Grenat donnent l’impression de faire tout juste.

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Florian Vaney
Les Servettiens jubilent.
Les Servettiens jubilent.

Les joueurs de Servette, comme le club, sont les auteurs d’une saison très réussie.

KEYSTONE

Mini-déchirure au sein du navire grenat! La très bonne idée de mettre en vente des maillots «old school» pour commémorer les 130 ans d’existence du Servette FC a fait quelques jaloux. Puisqu’il a embarqué avec lui des milliers de partisans et que seuls 300 ont pu obtenir leur précieuse tunique, une poignée de voix se sont levées pour exprimer leur mécontentement. Le genre d’événement devenu plutôt rare ces derniers mois. Mais cette fois, le SFC allait enfin pouvoir être cloué au pilori. Le lendemain, le club s’apercevait de la frustration engendrée et annonçait élargir son offre pendant une semaine à tous les intéressés. Encore raté…

Il ne s’agit que du dernier événement d’une longue liste. Une liste sur laquelle se succèdent, à tous les niveaux, des décisions réfléchies et bénéfiques à la bonne marche du club. Le coup des maillots vintage, par exemple, ne pouvait pas mieux être orchestré. Même en frustrant certains de ses fans pendant quelques heures, Servette a généré de l’attente, suscité la demande. Sans parler de la très réussie photo imitation de l’équipe de 1890, qui permet d’apprécier le déjà très apprécié Miroslav Stevanovic avec un béret sur la tête.

Pour imager, c’est un peu comme si le club grenat réfléchissait jeune tout en pouvant s’appuyer sur 130 ans d’expérience. L’émission «Au cœur du vestiaire», créée en début d’année et réalisée par le secteur communication du club, fait partie de ces petites réussites appréciables lorsqu’on est attachés à son équipe. Contacts avec les joueurs, vie de groupe, sujets variés: le concept mériterait d’être imité en Suisse romande.

L’équipe visait le maintien en Super League, voilà qu’elle prépare l’Europe

Florian Vaney

Voilà pour la partie cosmétique. Il va sans dire qu’en ce qui concerne le terrain et les décisions venues d’en haut qui l’influencent directement, c’est tout aussi bien. Voire encore mieux. L’équipe visait le maintien en Super League, voilà qu’elle prépare l’Europe, en s’offrant même le luxe de pouvoir employer ses deux derniers matches de championnat comme bon lui semble. Préparation en vue de l’Europa League? Vision à plus long terme en lançant dans le grand bain les jeunes censés porter le projet grenat dans les années à venir? Un peu de tout ça, en fait, ces deux objectifs se voulant parfaitement complémentaires en ce moment.

En ce qui concerne ce premier tour de qualification pour l’Europa League, les Servettiens ont surtout besoin de repos. Steve Rouiller constitue le symbole d’un SFC toujours bien vivant, mais à qui deux semaines de vacances feront le plus grand bien. Passe en retrait mal assurée, perte de balle en tant que dernier défenseur, autogoal malheureux: le défenseur valaisan paraît aussi incertain aujourd’hui qu’il s’est montré solide durant un peu plus de trois tours. À l’image de l’équipe, vaincue 3-1 à Lugano vendredi, rien de grave. Juste la nécessité d’enfin mettre cette saison à rallonge.

La bonne nouvelle, c’est que plus les cadres du groupe ont besoin de récupérer ou de soigner leurs blessures, plus les portes de l’équipe s’ouvrent pour la jeune garde. Au Tessin, ils sont six néophytes à avoir foulé la pelouse du Cornaredo et à avoir rendu fier leur coach. «Parce que l’avenir du Servette, ce n’est pas d’acheter des joueurs, mais de les former. Et en ce moment, je vois des jeunes qui progressent», apprécie Alain Geiger.

Parce que l’avenir du Servette, ce n’est pas d’acheter des joueurs, mais de les former. Et en ce moment, je vois des jeunes qui progressent

Alain Geiger

Un aveu qui rassure. Dans la limite de ses moyens, le SFC ne se privera évidemment pas de compenser de potentiels départs ou de se renforcer à des postes clés s’il le doit, mais il est avant tout conscient de la réalité du football suisse. Sans un centre de formation efficace et une première équipe qui n’a pas peur de faire de la place à ses meilleurs jeunes, la réussite de cette saison pourrait rester sans lendemain. Servette en possède un bon exemple dans son histoire récente…

Mais preuve que tout est à présent très bien huilé, l’une de ses pépites est déjà en train d’exploser au plus haut niveau national. Kastriot Imeri n’en est pas à ses toutes premières minutes à la «une», mais à tout juste 20 ans, il donne l’impression de faire partie des tauliers de cette équipe. L’image était d’ailleurs assez frappante à Lugano. À côté des novices Alexis Martial et Noah Henchoz, le très polyvalent milieu de terrain faisait presque figure de mentor. «Les petits jeunes? Ils ont tout donné ce soir», lançait-il d’ailleurs à la sortie du terrain. «Ils», donc. La preuve qu’au Servette FC, on franchit vite les étapes. La prochaine pour les Grenat n’est même pas de frapper encore plus haut. Simplement de confirmer et de faire aussi bien. Parce qu’inscrire sur la durée une saison idyllique comme celle-ci constituerait la plus belle des progressions.

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2 commentaires
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Ballon

01.08.2020 à 11:17

Le plus dure ses de confirmer en 2020,2021