Football: Servette peut vivre avec cette défaite, mais il doit s’en imprégner

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FootballServette peut vivre avec cette défaite, mais il doit s’en imprégner

Les Grenat n’ont pas été ridicules contre YB (3-0) dimanche. Reste qu’il y a des leçons à en tirer sur une approche défensive qui n’est pas forcément la panacée.

par
Valentin Schnorhk
(Berne)

Ce devait être un match au sommet, cela a finalement été l’occasion pour Young Boys de démontrer à quel point il est supérieur à Servette. Difficile d’y voir une surprise: les Grenat n’ont jamais prétendu pouvoir rivaliser avec les Bernois sur la longueur. Et en l’espace de nonante minutes, l’écart entre les deux formations s’est révélé évident. Ce 3-0-là, personne n’a voulu le contester. Même si Servette n’en sortira pas ridiculisé.


Les trois enseignements

  • Pour Servette, cette défaite a beau être à relativiser, elle n’empêche pas de tirer des leçons: l’approche résolument défensive n’est pas la réponse à tout. Contre Young Boys, cela lui a certes permis de contenir un temps les offensives bernoises, mais les transitions étaient ensuite trop mal jouées pour espérer surprendre la formation de Raphaël Wicky. Et à force de vivre dans son camp, Servette a fini par être poussé à l’erreur. L’orientation plus joueuse après la pause a laissé entrevoir d’autres solutions exploitables.

  • Il n’y a actuellement qu’une seule équipe de Super League à avoir la carrure pour assumer la place de leader, et il s’agit bien sûr de Young Boys. Pour Wicky, le match de son équipe n’était pourtant pas parfait, en raison de plusieurs erreurs «inhabituelles». En revanche, la capacité à s’installer et à récupérer le ballon aussi vite qu’il était perdu a noyé Servette. Difficile de rivaliser avec l’intensité déployée par Rieder & co.

  • Hasard du calendrier, ce duel entre YB et Servette intervenait au moment où les deux clubs négocient: il y a forcément eu des discussions au sujet de Kastriot Imeri en marge de la rencontre. Si Raphaël Wicky a renvoyé vers sa direction sportive, l’état-major servettien (Philippe Senderos et Didier Fischer) était en tout cas présent au complet au Wankdorf. Le joueur également était dans les tribunes. Que des coïncidences?


Le meilleur: Fabian Rieder (Young Boys)

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Ceux qui l’ont couvé disent de lui qu’il pourrait être encore plus décisif. Cette saison, il commence à l’être. Contre Servette, il a inscrit son deuxième but de la saison, en ouvrant le score. Mais il a fait bien plus que ça: il est également impliqué sur le 2-0 (il décale Lefort pour le centre décisif pour Elia) et il est surtout très actif au pressing à la perte. Son activité aura fait largement souffrir les Servettiens.


L’homme qui n’était pas à sa place: Boubacar Fofana (Servette)

BASTIEN GALLAY / LPS

L’effectif servettien est constitué de telle manière qu’en l’absence de Chris Bédia, le seul véritable attaquant de pointe est Dimitri Oberlin, si l’on omet le jeune Alexandre Dias Patricio (non-convoqué dimanche). Vu l’inefficacité d’Oberlin, difficile de lui faire commencer un match. Le choix d’Alain Geiger d’aligner Boubacar Fofana pouvait s’entendre, vu ses récentes bonnes entrées.

Mais Servette n’a que peu joué avec ses qualités: beaucoup de ballons aériens et très peu de profondeur. Et puis, de son côté, le Français n’a pas eu les appels justes, lui qui n’est pas habitué à évoluer dans un rôle aussi axial. Même s’il s’est débrouillé pour amener quelques situations chaudes, l’idée n’aura pas été concluante.


La décla’

«Nous n’avons pas été assez matures dans notre approche du match en première mi-temps: nous étions parfois un peu trop foufous et cela nous a conduits à perdre trop de balles.»

Timothé Cognat, milieu servettien

Le fait tactique

Une scène, pour en raconter tant d’autres: on est en fin de première période et Young Boys passe son temps dans le camp servettien. Ce n’est pas un hasard: l’installation est presque théorisée chez les Bernois. Elle dépend de deux éléments capitaux: le placement lorsque l’équipe a le ballon et la réactivité à la perte de balle. Le fait d’être proche les uns des autres permet de réduire au maximum les espaces et donc de récupérer encore plus rapidement la balle.

«Le pressing à la perte fait partie de notre ADN, acquiesce Raphaël Wicky. C’est plus facile de courir trente mètres en avant que septante. Mais cela suppose d’être bien positionné et de vouloir travailler pour son coéquipier.» Cette humilité-là, YB peut compter dessus.


La statistique

12, comme le nombre de ballons touchés par Boubacar Fofana au Wankdorf dimanche, sur les 65 minutes qu’il aura disputées. De quoi être frustré.


Une question pour penser l’avenir

BASTIEN GALLAY / LPS

Le passage au 4-2-3-1 et l’association Cognat-Valls vue lors de la dernière demi-heure dimanche est-elle une option crédible pour Servette?

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