Football: Servette s’attaque à un record vieux de 35 ans

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FootballServette s’attaque à un record vieux de 35 ans

Ce dimanche, le club «grenat» a l’occasion de signer un cinquième succès de rang, ce qui ne lui est plus arrivé depuis 1986. A l’époque, Alain Geiger et Pascal Besnard étaient sur la pelouse…

par
Nicolas Jacquier
L’équipe du Servette FC, posant avant son match victorieux contre Grasshopper, le 28 novembre 1986. On reconnait notamment Alain Geiger, l’actuel coach (3e debout depuis la droite) et le «président» Pascal Besnard (2e accroupis depuis la droite).

L’équipe du Servette FC, posant avant son match victorieux contre Grasshopper, le 28 novembre 1986. On reconnait notamment Alain Geiger, l’actuel coach (3e debout depuis la droite) et le «président» Pascal Besnard (2e accroupis depuis la droite).

Photo Eric Lafargue

En remportant le derby du Rhône (2-1 contre Sion), Servette a remporté un quatrième succès après ceux déjà fêtés contre Zurich (3-1), Saint-Gall (1-0) et Bâle (2-1). La venue du FC Vaduz ce dimanche à la Praille offre aux Genevois l’opportunité de signer une cinquième victoire d’affilée, une série positive que le club «grenat» n’a plus réalisé depuis l’exercice 1986-1987.

Avec Lucien Favre et Bernard Genghini

Durant l’automne 1986, Servette, qui évoluait encore aux Charmilles, avait tour à tour disposé de Young-Boys (2-0), La Chaux-de-Fonds (4-0), Aarau (3-2), Bâle (4-1) et enfin Grasshopper (3-1) entre le 11 octobre et le 28 novembre. A l’époque, l’entraîneur Thierry De Choudens, qui avait succédé à Jean-Marc Guillou, avait composé une défense centrale inédite en associant Alain Geiger et Pascal Besnard, deux hommes que l’on retrouve aujourd’hui respectivement entraîneur et président du SFC!

«On avait encore une belle équipe mais quand même moins forte que le grand Servette du début des années 80»

Eric Burgener, ancien gardien du Servette FC

Un cran plus haut, on retrouvait Lucien Favre, Marc Schnyder et Michel Decastel, tirant les ficelles en compagnie du Français Bernard Genghini, transféré de Monaco après la Coupe du Monde au Mexique.

«On avait encore une belle équipe mais quand même moins forte que le grand Servette du début des années 80», convient Eric Burgener qui, naguère, avait progressivement cédé sa place à Beat Mutter entre les poteaux servettiens. «De Choudens ne comptait plus trop sur les vieux. Il voulait rajeunir l’effectif.»

Les débuts d’un certain José Sinval

A Genève, la saison avait aussi été marquée par les débuts fracassants d’un certain José Sinval, débarqué à l’âge de 19 ans de son Brésil natal et qui allait électriser les foules au bout du lac durant près d’une décennie - l’artiste avait quitté Servette une année après le titre de 1994 pour rejoindre les Espagnols de Merida.

«Quand je n’en faisais pas plus que les autres, je ne me sentais pas bien durant le match le week-end»

José Sinval, ancien joueur du Servette FC

«Je suis arrivé à Genève en juin 1986, raconte Sinval. Après quelques jours passés dans un hôtel près de la gare, j’avais emménagé durant plusieurs semaines chez le masseur du club. Au début, je ne pouvais jouer qu’avec les espoirs du club parce que je n’avais pas encore reçu mon permis de travail.»

A l’occasion de son premier match disputé amicalement avec Servette contre Xamax à Vollèges (VS), le jeune Brésilien avait totalement éclipsé la star Uli Stielike, qui venait de s’engager avec le club neuchâtelois. «On avait gagné 3-1 et j’avais marqué un but, peut-être deux. Au tour du terrain, les gens se demandaient qui pouvait bien être ce petit No 7 que personne ne connaissait», rigole aujourd’hui le porteur du fameux maillot. Dès son arrivée en Suisse, l’ailier avait érigé les valeurs du travail en dogme. «Quand je n’en faisais pas plus que les autres à l’entraînement durant la semaine, je ne me sentais pas bien durant le match le week-end.»

Une paire gagnante avec le regretté Eriksen

Aux Charmilles, Sinval allait rapidement s’imposer comme le complément idéal de John Eriksen. Le Brésilien (par la qualité de ses centres) et le Danois (par son sens de la finition) composaient alors une paire gagnante qui devait permettre à Eriksen de terminer deux fois de suite meilleur buteur du pays, avec 28 buts en 1987 et 36 buts une année plus tard.

«Avec John, reprend son ancien compère, on se trouvait les yeux fermés. Il faut dire que l’on prolongeait ensemble les entraînements: je n’arrêtais pas de centrer, et lui n’arrêtait pas de marquer. Du pied gauche, du pied droit ou de la tête, Eriksen pouvait marquer dans n’importe quelle position. Il n’était peut-être pas très spectaculaire à voir mais il possédait un timing et un sens du but incroyable.»

Centre de Sinval (au premier plan), but d’Eriksen (derrière lui), le schéma a fonctionné durant des années aux Charmilles.

Centre de Sinval (au premier plan), but d’Eriksen (derrière lui), le schéma a fonctionné durant des années aux Charmilles.

Photo Eric Lafargue

Alors que Sinval a intégré le staff du FC Sion depuis plusieurs années, Eriksen n’est plus depuis bientôt 20 ans. Souffrant de la maladie d’Alzheimer, l’homme s’est éteint le 12 février 2002 à Copenhague à l’âge de 44 ans suite à une mauvaise chute survenue dans l’établissement médico-social qui l’avait accueilli.

Le regretté Rainer Hasler, disparu en 2014, figurait également dans un contingent «grenat» qui comprenait notamment Pascal Cacciapaglia, Silvano Bianchi, Laurent Jaccard, Gilbert Castella, Robert Kok, de même que les jeunes Eric Pédat, Walter Palombo ou encore Gilbert Epars.

Toute une époque révolue que le Servette 2021 a indirectement l’occasion de faire revivre ce dimanche.

Xamax couronné champion

La saison 1986-1987 avait vu le sacre du NE Xamax des deux Gilbert, Facchinetti (président) et Gress (entraîneur). Dans une LNA à 16 équipes, le club de la Maladière avait été couronné champion avec 48 points (21 victoires et 6 nuls contre seulement 3 défaites). Le podium avait été complété par Grasshopper (43) et Sion (42).

A l’issue du championnat, Locarno (15e, 19 points) et La Chaux-de-Fonds (16e, 6 points) avait été relégués en LNB. Alors que Bâle et Aarau avaient réussi à se maintenir en LNA à l’issue du tour de promotion/relégation, Vevey et Wettingen avaient aussi quitté l’élite au printemps 1987.

Cette même saison, Servette avait perdu une deuxième finale de Coupe de Suisse d’affilée. Déjà battu une année plus tôt par Sion en finale (défaite 3-1), le club genevois s’était cette fois incliné 4-2 contre Young Boys après prolongations.

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