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FootballServette-Sion: Une rivalité viscérale

L'attaque du bus des joueurs de Servette par un groupe d'ultras sédunois a ravivé un antagonisme légendaire, dont les racines dépassent largement les stades. Mais qui semble un peu s'estomper.

par
Patrick Oberli

Servette et Sion ne jouent pas dans la même ligue. Pire: les deux clubs ne se sont plus rencontrés en match officiel depuis près de quatre ans. Et pourtant. Il a suffi de deux arrêts pipi sur une aire d'autoroute argovienne pour que tout dégénère. En l'occurrence: qu'un groupe d'ultras sédunois s'attaque au car des joueurs servettiens. Une bouteille en verre brise une vitre et blesse le chauffeur, qui démarre sur les chapeaux de roue. Très vite sur les lieux, la police identifie les agresseurs. La polémique qui s'ensuit est énorme. Normal. Le terrain est fertile. D'abord, parce que, fait rare, on s'attaque à des joueurs. Ensuite, parce que le football, de Dortmund à Bastia, vient d'être sonné par une succession de débordements. Enfin – et surtout – en raison des parties en présence.

Car, entre les supporters du FC Sion et ceux du Servette FC, c'est un peu comme entre les familles corses: les brouilles traversent le temps. Dès qu'un ballon roule, on se déteste. Parfois sans trop savoir pourquoi, par principe, de père en fils. C'est dans les tripes, dans ce côlon interminable qui n'en finit pas de digérer les rivalités de l'histoire. «Avec le temps, le poids de la légende devient une justification sous-jacente aux débordements, remarque Jean-Claude Pont, ancien professeur à l'Université de Genève et guide de montagne en Valais. Mais il faut aussi se méfier de ne pas amplifier le phénomène par une généralisation hâtive. Ces violences ne concernent qu'une petite frange des supporters. Le fond est un hooliganisme classique. On prend le prétexte du football pour créer un groupe social, avec ses codes.

Pour en savoir plus, consultez le site du Matin Dimanche, www.lematindimanche.ch

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