Football - Servette, une victoire à son image
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FootballServette, une victoire à son image

Les Grenat, verticaux mais fragiles, s’imposent 2-1 à Zurich et confortent leur 2e place.

par
Valentin Schnorhk
(Zurich)
Le coup parfait pour Stevanovic et les Genevois.

Le coup parfait pour Stevanovic et les Genevois.

Eric-Lafargue

Servette est une équipe qui a besoin d’espaces. Donnez-les-lui et elle saura souvent en profiter. Plus un match se veut ouvert, plus une défense se livre, plus les Grenat se régalent. Les touches se limitent, la verticalité est exploitée et les occasions tombent. Au Letzigrund dimanche, elles sont souvent venues par ce biais-là. Les buts aussi, pour offrir une victoire 2-1, qui conforte le SFC à la 2e place de Super League.

Comme au retour des vestiaires, lorsque Théo Valls, après une bonne récupération et un relais avec Cognat, décalait parfaitement Alex Schalk sur sa gauche. Le Néerlandais croisait bien sa frappe du gauche pour tromper Brecher. A la 69e, c’est après une intervention autoritaire de Frick sur Marchesano que Stevanovic et Kone sont allés vite de l’avant. La balle en retrait de l’Ivoirien permettait à Kastriot Imeri de trouver la lucarne d’une superbe frappe des vingt-cinq mètres.

Servette a laissé le ballon

Ce sont là des exemples. D’autres auraient eu le mérite d’être recensés. On pense aux opportunités de Schalk sur des situations de rupture en première période. Un essai trop croisé, un autre bien exécuté mais annulé pour hors-jeu. Mais ils révèlent surtout un plan plutôt bien amené de la part des Genevois. Ces derniers ont forcé le FCZ à jouer un jeu auquel il n’aime pas jouer.

Zurich n’est en effet pas une équipe réputée pour être proactive. Au contraire, elle n’est jamais aussi à l’aise que lorsqu’elle peut se montrer tueuse à la récupération, en misant sur ses flèches (Tosin, Ceesay, Kololli) lancées par Marchesano. Alors l’idée (assumée ou subie, il faudra le déterminer) de se montrer passif, pour contraindre le FCZ à forcer son destin, n’était pas neutre de la part d’Alain Geiger. Car dans un premier temps, ce Servette-là a accepté de laisser le ballon plus qu’à l'accoutumée et de choisir ses coups.

Fragile au milieu

Tout n’a pas été idéal pour autant. Sur le papier, cela valait bien sûr la peine d’être essayé. Mais dans la réalisation, il n’y a une pertinence que si la base se veut solide. Le SFC, privé d’Ondoua dans l’entrejeu, a parfois semblé fragile dimanche. Dans le jeu, comme lorsqu’un second ballon mal renvoyé par Sasso a permis à Tosin de chauffer Frick sur une volée (12e). Sur coup de pied arrêté aussi, avec ce coup franc de Dzemaili déposé sur la tête de Ceesay, lequel butait sur un portier genevois bien inspiré (23e).

Et principalement en fin de rencontre, lorsque le match devait déjà être dans la poche des Genevois. Le but de Marco Schönbächler à la 85e minute n’est finalement venu que sanctionner un manque d’assurance qui n’aurait jamais dû se présenter. Parce que le milieu zurichois avait déjà trompé Frick deux minutes plus tôt, mais Rouiller était intervenu en sauveur.

Des conséquences minimes, au final. Servette garde sa deuxième place, mais aussi sa différence de buts négative. L’anecdote rappelle simplement que les Grenat sont ceux qui parviennent à garder le plus de cohérence dans ce championnat, excepté YB. Leurs qualités ne varient jamais. Leurs défauts non plus.

Zurich - Servette 1-2 (0-0)

Letizgrund, huis clos. Arbitre: M. Piccolo.

Buts: 46e Schalk 0-1. 69e Imeri 0-2. 85e Schönbächler 1-2.

Zurich: Brecher; Wallner (92e Seiler), Kryeziu, Omeragic, Aliti; Domgjoni, Dzemaili; Tosin (82e Schönbächler), Marchesano (72e Gnonto), Ceesay (72e Kramer); Kololli. Entraîneur: Massimo Rizzo.

Servette: Frick; Sauthier, Rouiller, Sasso, Clichy; Cognat (89e Mendy), Cespedes (89e Séverin), Valls; Stevanovic (79e Fofana), Kyei (67e Kone), Schalk (67e Imeri). Entraîneur: Alain Geiger.

Notes: Zurich sans Doumbia, Rohner (suspendus), Khelifi, Nathan, Sobiech et Winter (blessés). Servette sans Antunes, Henchoz et Kiassumbua (blessés).

Avertissements: 20e Cespedes. 38e Dzemaili. 40e Domgjoni. 50e Schalk. 54e Sauthier. 83e Fofana.

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