Actualisé 14.11.2019 à 14:26

Ses ongles peints ne vont pas au bout des doigts

Nail art

Dans son appartement biennois, Yllonka Pryor exerce son art sur un support plus petit qu'un timbre. Pour l'amour de l'art. Rencontre.

par
lematin.ch
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Singe, lion et panthère...

Singe, lion et panthère...

Sébastien Anex
... ou encore des visages comme celui, au centre de Janet Jackson: voici...

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Sébastien Anex
... les créations d'Yllonka Pryor. Cette biennoise a donné des cours de nail art, mais n'exerce aujourd'hui plus que pour son propre plaisir chez elle.

... les créations d'Yllonka Pryor. Cette biennoise a donné des cours de nail art, mais n'exerce aujourd'hui plus que pour son propre plaisir chez elle.

Sébastien Anex

Ses ongles, ceux de ses doigts, Yllonka Pryor les a peints l'autre jour dans un rose assorti à son son rouge à lèvre, son pull orange, son humeur badine et aux feuilles d'automne. Vendeuse à Bienne dans un magasin de confection, elle ne colle pas au bout de ses doigts de faux ongles avec Alien comme motif. C'est pourtant elle qui les peints...

Le nail art n'est pas une discipline dans laquelle Yllonka Pryor est tombée quand elle était petite. Le déclic n'a rien à voir avec la cosmétique, mais avec la peinture.

Peintre, Yllonka Pryor a réalisé le tableau accroché dans la chambre à coucher, avec pour motif un lion et une lionne. «Les yeux verts du lion sont ceux de mon mari», glisse l'artiste. Rencontré en 2011 aux Etats-Unis, son mari s'appelle Nelson Pryor, chanteur texan du groupe «Rimrock Country Band», à La Heutte (BE).

Pas récupéré

Si Yllonka Pryor a réduit le format de sa peinture, c'est pour se lancer un défi. Ses faux ongles peints, appelés «tips», personne ne les porte. Avec 90 minutes par ongle, ce serait du gâchis. «Une fois collé, un faux ongle ne peut pas être récupéré», explique-t-elle.

Les seuls ongles qu'elle peint sont ceux de sa sœur. Yllonka Pryor ne gère pas un institut. Au quatrième étage d'un immeuble du quartier de la gare, encouragée par son mari, elle consacre une pièce de leur appartement à sa passion. C'est là qu'à travers une loupe, elle manie des pinceaux dont elle a coupé des poils.

Elle a renoncé à son travail de formatrice de nail art dans une académie des ongles. Son talent a été récompensé: pour la deuxième fois consécutive, Yllonka Pryor a été primée lors d’un concours international de nail art: l’«International championship Beauty Leman», organisé en 2018 à Vevey et en 2019 à Genève.

Première place

Débutante, Yllonka Pryor a remporté une première place dans la catégorie «monocolor» et une deuxième place dans lé «stories». Des titres honorifiques qui ne lui rapportent par un centime.

«Peindre dix tips, ça me prend entre quinze et vingt heures. Comme travail, ça ne serait vraiment pas rentable», a-t-elle indiqué au «Journal du Jura».

Détentrice d’un diplôme de styliste ongulaire, cette passionnée peint sur plastique des visages et des animaux, en veillant a raconter une histoire sur une longueur maximale de dix centimètres.

Mine de plomb

D'origine hongroise, Yllonka Pryor s’est formée en autodidacte, sur toutes les surfaces: de la peinture acrylique sur bois, puis sur toile, suivie du dessin à la mine de plomb et à l’aquarelle.

Ses dessins au crayon sur le thème «Femmes du monde» ont été exposés au Palais des Nations, puis pendant quatre ans à Palexpo Genève, sous la bannière de Who’s who International.

Vincent Donzé

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