Télévision - Sésame contaminé: la graine qui sème le doute
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TélévisionSésame contaminé: la graine qui sème le doute

Le magazine «À bon entendeur» a cherché à comprendre comment des millions de tonnes de ce produit avaient pu être polluées à l’oxyde d’éthylène. Cela soulève bien des questions sur nos contrôles de sécurité alimentaire.

par
Michel Pralong
L’oxyde d’éthylène a été utilisé pour «faciliter» le transport des graines de sésame.

L’oxyde d’éthylène a été utilisé pour «faciliter» le transport des graines de sésame.

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En septembre 2020 (octobre pour la Suisse), l’Europe retirait des milliers de produits à base de sésame. Même dans certains pourtant labellisés «bio». Ceci après la découverte de plus de 5600 tonnes de graines contaminées par un désinfectant cancérigène: l’oxyde d’éthylène. Comme il était interdit depuis 2011, plus personne n’avait songé à en chercher la trace dans les graines, où il a pourtant été utilisé lors de leur transport depuis l’Inde.

Les graines en provenance de ce pays ont donc ensuite été les premières à être contrôlées et, pour celles qui étaient contaminées, retirées des rayons. Puis il y a eu les produits dérivés du sésame, provoquant une succession de retraits dans les semaines qui suivirent. Avec parfois la difficulté de retrouver de ces graines indiennes dans des produits fabriqués dans d’autres pays, ne contenant qu’une petite quantité de sésame dont la provenance, elle, n’était pas spécifiée.

Comment ce désinfectant interdit a-t-il pu passer entre les mailles du filet? Le magazine de la RTS «À bon entendeur» a mené l’enquête et nous dévoilera ce soir les failles d’un système de contrôles à tous les échelons. On apprendra également que sans l’initiative d’une entreprise italienne, cet oxyde d’éthylène n’aurait peut-être pas encore été détecté.

Le mal des transports

Toute cette affaire est en outre peut-être révélatrice d’un mal plus profond, qui ne concerne pas la production d’un aliment mais son transport, étape souvent négligée dans les contrôles. Notamment le transport maritime, long, qui peut impliquer des mesures de conservation de la marchandise pas forcément réglementaires. Une question d’autant plus d’actualité après le blocage du canal de Suez et ces bateaux qui ont dû attendre longtemps ou faire des détours, ce qui peut soulever des questions sur le stockage de la marchandise à bord.
«À bon entendeur», mardi 30 mars à 20 h 10 sur RTS1. Rediffusions sur RTS2 le 31 mars à 11 h 05 et 16 h 05 et le 1er avril à 12 h 25.

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