20.01.2017 à 07:54

Votations du 12 févrierSeule une partie de la gauche s'oppose à FORTA

Les citoyens devront décider dans trois semaines s'ils souhaitent la création d'un fonds routier.

Archives/Photo d'illustration, Keystone

Le fonds pour les routes nationales et le trafic d'agglomération (FORTA) permettra d'éliminer les bouchons sur les autoroutes et de fluidifier le trafic en ville, promettent le Conseil fédéral et la droite. Une partie de la gauche s'y oppose par principe.

Cet instrument se veut le jumeau du fonds ferroviaire, accepté par le peuple en 2014. Doté de 3 milliards de francs par an, il permettra de remplacer les infrastructures routières devenues obsolètes.

Il est temps d'arrêter la politique de l'emplâtre sur une jambe de bois. Les bouchons n'occasionnent pas que stress et pollution: ils entravent la bonne marche des entreprises. Seul le fonds permettra d'y remédier, soulignent les partisans du projet.

Le fonds veut assurer à ce titre la complémentarité des transports, en soutenant aussi des projets de mobilité douce, de trams ou de métros en ville. Un montant de 390 millions de francs devrait être alloué à cette fin.

Les villes et les cantons soutiennent le projet. Ces derniers participeront à hauteur de 60 millions de francs par an à l'intégration des 400 km de routes cantonales au réseau national, repoussée par le peuple en 2013 car couplée à la hausse de la vignette à 100 francs.

Bras de fer financier

Si ces buts ne sont pas contestés, le financement du fonds a fait l'objet de nombreux bras de fer. L'augmentation de la surtaxe sur l'essence a fait grincer des dents la droite et le lobby routier. Elle se limitera à 4 centimes et ne sera pas prélevée avant 2019. Le Conseil fédéral a décidé d'élargir les sources de financement. La vignette, l'entier de l'impôt sur les véhicules, une augmentation de 5, puis de 10% de la part de l'impôt sur les huiles minérales et, dès 2020, une taxe sur les véhicules électriques alimenteront aussi le fonds.

Initialement, le gouvernement envisageait une hausse de 15 centimes du prix de l'essence, ce qui a déclenché l'ire du lobby routier. Ce dernier a lancé l'initiative dite «vache à lait» pour affecter à la route l'entier des impôts sur les carburants.

A défaut d'obtenir gain de cause dans les urnes, ces milieux ont convaincu le Parlement de revoir les modalités de financement. La part du produit de l'impôt sur les huiles minérales réservée pour la route passera de 50 à 60%.

Opposée par principe

Ce point a heurté la gauche. Selon elle, la hausse de 4 centimes de la surtaxe sur l'essence ne suffira pas à financer FORTA. Les automobilistes ne mettront pas assez la main au porte-monnaie et avec le trou creusé dans les caisses fédérales, ce sont les autres qui devront se serrer la ceinture.

Le fonds routier coûtera six fois plus au contribuable que le fonds d'infrastructure ferroviaire, avertit l'Association transport et environnement. Au lieu de bétonner la Suisse et d'ouvrir la voie à une avalanche de projets routiers insensés, il faut investir dans une gestion intelligente du trafic via le numérique et une meilleure exploitation des infrastructures.

Pour les Verts, les projets d'agglomération à achever n'ont pas besoin du fonds. Les entreprises de transports publics ne sont pas de cet avis. Deux tiers des trajets se font sur les routes, FORTA garantira un réseau routier performant et attrayant à long terme, défend l'Union des transports publics.

Gauche divisée

Le peuple votant le 12 février aussi sur la réforme de la fiscalité des entreprises et la naturalisation facilitée, le camp rose-vert a des moyens limités à investir dans la campagne sur FORTA. Il est aussi divisé sur la question.

Le Parlement a soutenu le projet avec peu de voix de gauche. Mais contrairement à leur parti national, des parlementaires et des conseillers d'Etat du PS et des Verts font campagne pour le fonds.

Selon eux, il ne faut pas raviver une guerre rail-route toujours défavorable aux transports publics. Un oui évitera un moratoire sur les projets d'agglomération et permettra d'assurer le développement des régions périphériques. Le Conseil fédéral, les partis bourgeois et les associations économiques soutiennent le projet.

(ats)

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