Hockey sur glace - Sheehan: «Il y a des choses que je peux contrôler, d’autres pas»
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Hockey sur glaceSheehan: «Il y a des choses que je peux contrôler, d’autres pas»

Un quatrième succès mercredi en finale de play-off et le HC Ajoie retrouvera l’élite du hockey suisse. A moins que son comité directeur ne fasse volteface devant le risque financier que représente cette montée. Gary Sheehan à l’interview.

par
Julien Boegli
Le coach Gary Sheehan photographié le 18 avril.

Le coach Gary Sheehan photographié le 18 avril.

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Ajoie 3, Kloten 2. Depuis lundi 22h et la victoire obtenue à Kloten, le temps semble suspendu en riante Ajoie. Le peuple jurassien, lui, est suspendu à une annonce. Pas celle du conseiller fédéral Alain Berset qui autoriserait, à titre exceptionnel, regroupement massif, open bar et nuit libre dans la cité bruntrutaine en cas de titre de ses hockeyeurs.

Non, l’annonce doit provenir des bureaux fraîchement repeints de la Raiffeisen Arena. Le président Patrick Hauert et son comité directeur vont-ils opérer un brusque changement de direction ? Tiendront-ils leur ligne de conduite initiale ? Les dirigeants ajoulots doivent faire part de leur intention définitive à la ligue, soit maintenir leur candidature à la promotion ou se retirer, avant le jugement final. Qui pourrait intervenir mercredi, on l’a bien compris.

En attendant que la décision ne soit communiquée, sans doute mercredi matin, l’entraîneur Gary Sheehan livre son point de vue sur la situation actuelle de sa formation.

Gary Sheehan, pour espérer remporter le titre, Ajoie devait s’imposer au moins une fois à l’extérieur. C’est désormais chose faite depuis lundi soir.

On se devait de livrer un match plein, sérieux de bout en bout. On est certes apparu nerveux et hésitants en début de rencontre, mais c’est mieux allé au fil du match. Le deuxième tiers a sans doute été notre meilleure période de cette finale.

Et le troisième a sans doute été celui durant lequel vous avez le plus souffert…

Même si la réduction du score en toute fin de deuxième reprise (le 3-1 d’Andri Spiller à la 39e) nous a fait mal, on était serein dans notre approche de la troisième période. Notre plan était alors de ne pas encaisser de but durant les cinq premières minutes.

Vous avez tenu à peine quatre minutes…

J’ai regardé l’état de mes joueurs, on en a discuté avec Vincent (Léchenne) sur le banc. Si j’avais senti de la panique, que l’on avait été dominé encore deux shifts, j’aurais pris mon temps mort. La pression était forte dans notre zone, c’était chaud c’est vrai, néanmoins le danger n’était pas grand devant le filet. Et puis la pression s’est progressivement atténuée. Mes joueurs ont fait preuve d’une discipline admirable, il y a eu beaucoup de sacrifices de leur part. On a maintenu notre système avec des présences courtes et on est resté compact devant le slot. Quand tu gagnes ce genre de duels, il y a toujours un facteur chance qui entre en ligne de compte. Cette chance, on a su la provoquer à force de travail. Lundi, la rondelle rebondissait pour nous.

Que penser de la stratégie de l’entraîneur Per Hanberg, qui a remplacé trois joueurs importants de son alignement lors de cet acte V?

Forget a souvent été dominant jusque-là dans la série. Leur Canadien Eric Faille est un gars sur qui on doit toujours avoir un œil. Etait-ce un choix pertinent d’intégrer un étranger (Riley Brace) qui n’a plus joué depuis début mars ? La sortie de l’alignement du défenseur Simon Seiler m’a aussi surpris, parce qu’il a pesé sur notre attaque lors des duels précédents. C’était un coup de poker. Et je suis content qu’il l’ait fait. Kloten n’a pas été mauvais, mais il a malgré tout semblé désorganisé.

Vous voilà donc à 60 minutes d’un deuxième titre en Ajoie après celui de 2016.

A nous de prendre une fois encore nos responsabilités dans cet acte VI. Peut-être que l’adversaire se présentera avec moins de pression ou la gérera-t-il autrement, on verra. Moi, je veillerai à ce que les émotions ne soient ni trop hautes, ni trop basses.

Vous êtes également à 60 minutes d’une possible promotion en National League?

(il coupe net) Possible? On n’a pas le choix.

Pas le choix?

On nous a demandé de gagner, alors on gagne. On est entré dans ces play-off avec l’objectif de remporter 12 matches. On est à 11, il n’en manque donc qu’un. On a tout en main pour aller chercher ce sacre. Il faudra simplement gérer cette confrontation en hommes et en respectant l’adversaire. Mais on sera prêt à tout donner, je n’en doute pas un instant.

Et si le comité juge avant la partie qu’il n’a tout compte fait pas les épaules suffisamment solides financièrement pour assumer la promotion?

Je ne veux pas croire qu’il mettrait un frein à notre avancée. Mais ça, c’est du ressort des dirigeants. Dans ma position, il y a des choses que je peux contrôler, d’autres pas. En ce sens, je m’abstiendrai de tout commentaire. Je ne veux en tout cas pas mettre cette éventualité dans les têtes avant ce match capital. Ce que je sais, c’est que l’on jouera pour le titre mercredi. Il ne faut pas qu’on entre sur la glace avec des doutes, on doit assumer ce qui se passe. C’est une saison de rêve que l’on vit, tellement particulière. On l’a tellement «roté» depuis septembre que c’est incroyable de se retrouver là aujourd’hui.

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