10.11.2017 à 11:02

Si «No Billag» gagne, la SSR ne mourrait pas

Votations 4 mars 2018

Un politologue fait le parallèle avec l'initiative contre l'immigration de masse: en cas de oui à «No Billag», le Parlement pourrait sauver la SSR lors de la mise en oeuvre.

par
Christine Talos
Le politologue Nenad Stojanovic, chercheur à l'Uni de Lucerne et membre du PS.

Le politologue Nenad Stojanovic, chercheur à l'Uni de Lucerne et membre du PS.

Keystone

Le peuple se prononcera le 4 mars prochain sur l'initiative No Billag, qui veut supprimer la redevance radio-TV. Soit dans 4 mois. Mais la campagne bat son plein. Et ses adversaires estiment qu'elle aurait des conséquences catastrophiques pour la SSR et les 21 radios locales privées et 13 télévisions régionales qui reçoivent parties de cette redevance. Mais en Suisse allemande surtout, beaucoup estiment qu'un oui à No Billag ne signifierait pas pour autant la mort de la SSR, ceci en raison de la mise en oeuvre de l'initiative par le Parlement, favorable au service public.

Un avis partagé vendredi par le politologue Nenad Stojanovic, chercheur à l'Uni de Lucerne et membre du PS. Il voit en effet un parallèle entre l'initiative «No Billag» et celle contre l'immigration de masse approuvée par le peuple en février 2014. «Dans le texte des initiants, il n'est pas écrit que la SSR va disparaître mais qu'on ne doit plus lui verser de redevance. Dans le texte sur l'immigration de masse, on n'exigeait pas non plus la fin des bilatérales, même si en appliquant à 100% cette initiative, cela conduisait à cela», explique-t-il sur le site de 20 Minuten.

Du coup, le chercheur se dit persuadé que le Parlement trouvera un moyen créatif pour sauver en partie au moins la SSR. «Mais j'espère que nous n'aurons pas à faire face à la mise en œuvre de cette initiative. Le service public est trop important pour la cohésion nationale pour jouer à ce jeu risqué», souligne-t-il.

Des arguments

Nenad Stojanovic estime qu'il y aurait de quoi argumenter en faveur d'une mise en oeuvre «light». Selon lui, l'application stricto sensu du texte déclencherait des problèmes sérieux qui n'ont pas été abordés jusqu'ici dans la campagne. «On pourrait donc soutenir que les initiants ont minimisé les conséquences», explique-t-il. «Cependant, je continue de croire que le Parlement devrait se conformer à la Constitution. S'il ne le fait pas, je suis d'avis que le peuple devrait alors se prononcer sur la mise en oeuvre de l'initiative», prône-t-il.

20 Minuten demande encore au politologue si cela ne serait pas un risque pour la démocratie directe si les citoyens ne peuvent plus être assurés de voir leurs votes respectés à Berne. Pour le chercheur, ce serait en tout cas une perte de légitimité du Parlement. «Les Suisses ne doivent pas avoir l'impression que leurs décisions sont ignorées. Sinon, le mécontentement grandit et les institutions subissent des dégâts.»

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