Football - Si Servette peut miser sur son banc…
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FootballSi Servette peut miser sur son banc…

Malgré l’absence de Stevanovic et la blessure précoce de Cognat, les Grenat sont restés compétitifs à Zurich (2-2) mardi. Un point positif.

par
Valentin Schnorhk
(Zurich)

Kastriot Imeri a le droit d’être frustré. L’international M21 entame sa cinquième saison en première équipe de Servette. Il fait partie des meubles. Mais jamais vraiment de ceux que l’on met en valeur. Avec les Grenat, Imeri est un remplaçant, et il n’a jamais vraiment fait de mystère qu’il avait d’autres ambitions que celle d’être un joker de luxe.

Reste que mardi soir encore, le milieu de 21 ans a commencé sa soirée sur le banc du Letzigrund. Mais lorsque Timothé Cognat s’est blessé très tôt dans le match, c’est logiquement à lui qu’Alain Geiger a fait appel. Au final, Imeri aura passé une grande partie de la rencontre sur le terrain et, surtout, il aura fait ressortir toute sa rage en trouvant la lucarne de Yannick Brecher sur un superbe coup franc excentré à la 87e minute, permettant aux Genevois d’accrocher le 2-2 au Letzigrund.

Tout compte fait, Imeri aura joué parfaitement son rôle. Et c’est aussi ce qu’on lui demande, ce que Servette lui demande. «J’ai aimé les gars qui sont entrés en jeu, dira Geiger. Cette frustration de ne pas commencer, ils peuvent la mettre au service de l’équipe.» Mardi, le SFC avait l’opportunité de prendre la tête de la Super League. Elle sera remise à plus tard. Il faut le souhaiter. La formation du bout du Lac est en tout cas en train de se dégager un atout qui n’est pas négligeable dans la lutte pour le podium: un banc de touche. Ce n’est pas encore Young Boys et ses vingt-deux titulaires potentiels, ni Bâle et sa quantité de jeunes de qualité, mais c’est déjà pas mal.

Kastriot Imeri  se concentre avant d’armer le coup franc de l’égalisation pour Servette.

Kastriot Imeri se concentre avant d’armer le coup franc de l’égalisation pour Servette.

Eric Lafargue

Que ce soit en défense, au milieu ou en attaque, les Grenat semblent avoir au moins un ou deux éléments à même de remplacer les habitués du onze titulaire. «Nous sommes en quête d’une certaine homogénéité, acquiesce Geiger. Nous voulons pouvoir faire appel à un large contingent et cela commence à être positif.»

L’exemple Imeri souscrit à la théorie. Il y a aussi Ronny Rodelin. Parce qu’il fallait bien remplacer Miroslav Stevanovic mardi. L’ailier servettien, au moins autant artiste qu’artisan des succès de son équipe, était préservé pour ce déplacement zurichois. Ses ischios sifflent, mais les Grenat ont bon espoir de le voir revenir pour affronter Lausanne samedi.

Plus que des bouche-trous

Ils se sont en tout cas permis de le ménager, parce qu’ils savent que Rodelin, dans un autre profil, est une solution crédible. «Il a une bonne technique, une bonne vision du jeu», apprécie son entraîneur. Ses déplacements sont cohérents, et son sens du collectif peut rappeler le titulaire au poste. Servette pourra miser sur lui, si le physique suit.

Le club de la Praille pourra aussi compter sur Alexis Antunes, auteur d’une bonne entrée, ou encore sur Yoan Séverin et Moussa Diallo derrière ou David Douline au milieu. Il n’y a là pas que des titulaires en puissance, mais il y a des joueurs qui peuvent faire plus que boucher des trous.

C’est un premier pas vers la stabilité. Vers la compétitivité, aussi. Même si, à Servette comme ailleurs, l’équilibre demeure fragile. Et que l’histoire d’une soirée sans deux cadres ne garantit pas que cela puisse valoir sur une saison complète. Car il n’y a pour l’instant qu’un seul Kastriot Imeri au SFC.

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