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CirculationSi sexy mais si dangereux

Les Alémaniques veulent punir plus durement les conducteurs qui portent des chaussures inadaptées au volant.

par
Sandra Imsand
Jordan Simeonov/iStock

Femme au volant, mort au tournant? Surtout si elle porte des chaussures à talons, semblent penser certains. Les chefs des polices cantonales alémaniques ont discuté la semaine dernière de la nécessité d'interdire des chaussures inadaptées à la conduite. Et les talons aiguilles en font partie.

Interdits, les escarpins au volant? Non, du moins pas formellement. En revanche, il s'agit d'exiger que la tenue soit adaptée à la conduite. Tout est donc question de maîtrise. Cette dernière est régie par l'article 31 de la loi fédérale sur la circulation routière: «Toute personne qui n'a pas les capacités physiques et psychiques nécessaires pour conduire un véhicule (…) est réputée incapable de conduire pendant cette période et doit s'en abstenir.» Si les personnes visées par cet article sont principalement celles sous l'influence d'alcool ou de stupéfiants, l'article inclut également tout ce qui «gêne» dans la conduite. «On sous-estime les risques des chaussures inadaptées», explique à Blick Damian Meier, le chef de la circulation de la police uranaise.

Un avis partagé par les milieux de la prévention: «Il est évident que des chaussures inadaptées peuvent avoir des conséquences graves en cas de freinage. Le conducteur doit toujours avoir la maîtrise du véhicule, cela passe notamment par une position correcte derrière le volant et des chaussures adaptées pour la conduite», estime Laurent Pignot, porte-parole du TCS. Le Bureau de prévention des accidents (BPA) recommande aussi de conduire avec des chaussures appropriées et stables. Ce qui de fait exclut les talons, les tongs ou les pieds nus.

Nouvelle loi inutile

Faut-il exprimer les interdits expressément dans la loi? Ce n'est pas une bonne idée, pense Guido Bielmann, de l'Office fédéral des routes. «Si on veut préciser, il faut prendre garde à tout inclure. Comme la hauteur des talons. Autant garder la loi ouverte et laisser l'interprétation aux policiers.» Rolf Moning, du BPA, estime qu'un nouveau texte de loi est inutile, mais qu'il faut appliquer de manière conséquente l'article 31. Tout abus peut induire un retrait de permis jusqu'à trois mois. Si durcissement il y a, il touchera plutôt la Suisse alémanique. D'après nos recherches, la chasse aux talons n'est pas une priorité en Romandie. «Il n'y a pas de volonté de renforcer les contrôles à ce sujet dans le canton», confirme par exemple Jean-Marie Bornet, chef de l'information et de la prévention à la police valaisanne.

L'EDITO

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