Genève: Sida: l'OMS veut améliorer l'accès au diagnostic
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GenèveSida: l'OMS veut améliorer l'accès au diagnostic

Dans le monde, les personnes infectées par le VIH sont 40% à ignorer leur statut.

L'auto-dépistage devrait permettre à de nombreuses personnes de savoir quel est leur statut. (Photo d'illustration)

L'auto-dépistage devrait permettre à de nombreuses personnes de savoir quel est leur statut. (Photo d'illustration)

Keystone

Les personnes infectées par le VIH sont 40% à ignorer leur statut. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé mardi à Genève de nouvelles directives sur l'auto-dépistage. Elles visent à améliorer l'accès à un diagnostic.

Au total, 18 millions de personnes disposent d'un traitement antirétroviral, selon un nouveau rapport de l'organisation mentionné à deux jours de la Journée mondiale du sida. Mais autant n'ont pas d'accès à ces soins.

L'auto-dépistage devrait permettre à de nombreuses personnes de savoir quel est leur statut et «comment obtenir le traitement et l«accès aux services de prévention», explique la directrice générale de l'OMS Margaret Chan. La salive ou du sang permettent en 20 minutes ou moins d'obtenir des résultats dans un environnement privé.

Les personnes testées positives sont conseillées de se rendre dans des centres de santé pour confirmer le diagnostic. L'OMS préconise alors une sensibilisation et une prise en charge rapide par les dispositifs de prévention et de soins. L'auto-dépistage doit permettre un diagnostic avant la maladie.

Dispositif trop cher

Pour ceux dont le test est négatif mais qui ont pu être exposé récemment au virus, il est conseillé de refaire une évaluation dans les six semaines qui suivent le dépistage.

Les paquets d'auto-dépistage existent depuis plusieurs années soit dans les pharmacies de certains pays ou par Internet, a indiqué devant la presse une responsable du Programme mondial du VIH à l'OMS. Mais ces directives doivent «stimuler» l'accès et encourager de manière formelle les gouvernements à les prendre en compte.

Problème, ces paquets sont chers. Ils atteignent par exemple 40 dollars aux Etats-Unis. Dans les pays à bas ou moyens revenus, ils coûtent 3 dollars. «Nous devons avoir encore un prix encore moins cher», a estimé le directeur des opérations d'UNITAID Robert Matiru. L'OMS collabore avec UNITAID pour un projet jusqu'en 2017 dans trois pays africains. Il pourrait être étendu à d'autres Etats.

Plus de 20% de ceux qui ont utilisé cet auto-dépistage étaient testés pour la première fois. Et la majorité d'entre eux étaient des jeunes, parmi lesquels les jeunes femmes font partie des populations les plus vulnérables. L'auto-dépistage permet «une émancipation» pour un diagnostic le plus rapidement possible et une prise en charge adaptée, selon M. Matiru.

Dans le monde, les hommes ne constituent que 30% des personnes qui ont eu recours à des tests du VIH. Les taux d'infection sont huit fois supérieurs parmi les jeunes femmes de certaines régions d'Afrique et moins de 20% d'entre elles savent quel est leur statut. La part des tests est également basse chez les homosexuels, les consommateurs de drogue, les travailleurs du sexe ou encore les détenus.

Partenaires touchés

Jusqu'à 70% des partenaires de personnes infectées sont également touchées. Beaucoup ne sont pas testés. Les recommandations doivent inciter les personnes atteintes du VIH à le «prévenir leurs partenaires et les encourager à se faire également dépister», dit le directeur du département du sida à l'OMS Gottfried Hirnschall. Pour Pour les enfants, il est par ailleurs conseillé de pratiquer un test en clinique dans leurs six premières semaines.

L'auto-dépistage a au total quasiment doublé la fréquence des tests chez les homosexuels. Plus de 20 pays ont lancé des politiques nationales pour soutenir ce type de dispositif. D'autres les préparent. Mais la mise en oeuvre reste limitée. L'OMS soutient la distribution de matériel gratuite ou à des prix abordables.

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