Actualisé 13.01.2020 à 01:06

AustralieSiemens maintient un projet controversé

Le groupe allemand entend participer à la construction d'une mine de charbon en Australie, alors que le pays est frappé par des incendies dus au réchauffement climatique.

Des militants protestent devant le siège de Siemens, à Munich.

Des militants protestent devant le siège de Siemens, à Munich.

AFP

Le groupe allemand Siemens a annoncé dimanche maintenir sa participation à un projet controversé de mine de charbon en Australie. Celui-ci est dénoncé par les écologistes au moment où le pays est frappé par des incendies sans précédent.

«Nous venons de finir notre réunion extraordinaire (...). Nous avons évalué toutes les options et avons conclu que nous devons remplir nos engagements contractuels», a déclaré le patron de Siemens, Joe Kaeser, dans un message sur son compte twitter. Il a aussi promis que son groupe allait créer une instance chargée du développement durable afin de mieux «gérer à l'avenir les questions de la protection de l'environnement».

Le contrat, d'un montant de 18 millions d'euros (environ 20 millions de francs), prévoit que Siemens fournisse la signalétique pour le chemin de fer du projet Carmichael dans le Queensland, près de la Grande barrière de corail.

Construction controversée

Très controversée, la construction de la mine est depuis son origine plombée par des problèmes judiciaires et réglementaires et par la mobilisation d'organisations dénonçant sans relâche son impact environnemental.

Le patron de Siemens avait rencontré vendredi Luisa Neubauer et Nick Heubeck, deux représentants du mouvement écologiste Fridays for Future, qui avait organisé vendredi des manifestations dans des dizaines de villes allemandes pour protester contre la participation du groupe à ce projet.

En décembre, Joe Kaeser avait promis de «prendre au sérieux» la contestation.

Siemens, qui dit soutenir l'accord de Paris sur le climat, veut devenir neutre en émissions de CO2 d'ici 2030.

27 millions de tonnes par an

La mine doit produire jusqu'à 27 millions de tonnes de charbon par an, a indiqué l'année passée le conglomérat indien Adani, à l'origine du projet, qui bénéficie du soutien du premier ministre australien Scott Morrison.

Les écologistes font valoir que le charbon produit contribuera au réchauffement climatique mondial qui dégrade la Grande barrière, classée au Patrimoine mondial. De nombreuses grandes banques ont refusé de s'associer à Carmichael, du fait d'une volonté grandissante de sortir des énergies fossiles. Les partisans du projet font valoir que la mine créera des centaines d'emplois.

(ats)

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