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Hockey sur glaceS’il vous plaît, laissez-nous aller aux Jeux

Je ne peux pas concevoir qu’on puisse nous priver d’une telle compétition.

par
Mark Streit
Keystone

Le passage à l’an 2017 me ravit. Parce que je suis sur le point de devenir papa pour la première fois, parce que la blessure qui m’a tenu éloigné des patinoires pendant trois semaines appartient au passé et parce que mon équipe connaît du succès.

Mais un de mes vœux ne s’est pas encore concrétisé, et cela affecte ma sérénité: pourquoi la NHL n’a pas encore donné son accord pour que ses joueurs puissent participer aux Jeux olympiques de 2018 en Corée du Sud? Je ne peux pas concevoir qu’on puisse nous priver d’une telle compétition. J’ai participé à des Mondiaux, à la Coupe du monde: eh bien, même si ces tournois sont sympas, je peux vous assurer que rien, sur le plan international, ne pourra remplacer les JO.

Dans un stade olympique, il y a ce petit truc en plus qu’on ne ressent pas ailleurs: on a la chance de se battre pour la médaille la plus prestigieuse de l’histoire du sport en se mesurant aux meilleurs joueurs du monde. C’est tout simplement magique.

J’ai pris part à quatre tournois olympiques, et tous m’ont apporté des souvenirs et des émotions pour la vie.

Dans un stade olympique, il y a ce petit truc en plus qu’on ne ressent pas ailleurs

Mark Streit

A Salt Lake City, dans le contexte post-11 septembre, cela ne s’était pas bien passé sur le plan sportif. Mais j’y avais connu l’un des instants les plus forts de ma carrière: la cérémonie d’ouverture. En défilant, on se sent tout petit et tellement fier à la fois. Le fait de côtoyer des athlètes qui pratiquent d’autres sports est aussi une expérience enrichissante. Cela fait du bien de sortir de la bulle du hockey.

A Turin, dans la petite patinoire bourrée de fans suisses, on avait vécu un truc de fous. On avait battu les Tchèques - contre qui j’avais inscrit l’un des buts les plus importants de ma carrière - et le Canada en 24 heures. Rien que d’y penser, cela me procure des frissons. Et ça, il n’y a que les Jeux qui peuvent nous l’offrir.

A Vancouver, dans le tournoi qui fut probablement le plus relevé de l’histoire, on avait poussé le Canada, futur médaillé d’or, jusqu’aux tirs au but et on avait bousculé les Américains en quarts de finale. Je pense que ce fut notre compétition la plus aboutie, celle qui nous avait permis de nous débarrasser de nos derniers complexes.

A Sotchi, les résultats furent un peu moins bons. Mais je n’avais pas ressenti moins d’émotions et plus de lassitude au sein du groupe.

Ces moments sont tellement exceptionnels que j’ai envie de convaincre Gary Bettman, le commissaire de la NHL, et les propriétaires des franchises de prendre la bonne décision: nous laisser aller en Corée. Je sais que le hockey est un gros business. Et le marché asiatique est colossal: la NHL peut y trouver de nouvelles ressources.

J’espère de tout cœur que le verdict, qui est attendu en janvier, sera positif. Si tel était le cas, il me restera un défi à remplir: être assez bon pour convaincre Patrick Fischer, le sélectionneur de l’équipe de Suisse, de glisser mon nom dans la liste.

Cette chronique est assurée en alternance par Thabo Sefolosha, Alan Roura, Lara Gut, Mark Streit et Yann Sommer.

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