29.05.2017 à 04:43

Silvio Berlusconi lance un parti animalier

Italie

Il Cavaliere ne renonce jamais. Pour capter des millions de voix, l’ex-chef du gouvernement italien fonde un mouvement de défense des bêtes.

par
Ariel F. Dumont
Le vieux renard de la politique a trouvé un vivier d’électeurs potentiels: les amis des animaux.

Le vieux renard de la politique a trouvé un vivier d’électeurs potentiels: les amis des animaux.

Michela Vittoria Brambilla/Facebook

Il ne sera ni de droite, ni de gauche, ni du centre. Le nouveau parti fondé par Silvio Berlusconi sera du côté des animaux. À 80 ans, le milliardaire est toujours aussi détonnant. Pour l’ancien chef du gouvernement italien, qui a régné sur la Péninsule pendant plus de 20 ans, pas question de jeter l’éponge. La politique, dit-il, c’est comme une sorte de virus qui contamine ses adeptes jusqu’à la fin. Aujourd’hui, il ajoute une nouvelle touche à sa palette avec son parti baptisé Mouvement animaliste. «Cela fait des années que j’y pensais. Chez moi, j’ai des chèvres, des agneaux, des chiens et tous les matins, je me promène avec mon petit monde et je songe à améliorer leur situation», confie Silvio Berlusconi.

20% d’électeurs potentiels

Le fait est que la nouvelle opération lancée par Silvio Berlusconi est, stratégiquement parlant, une magnifique décision. Selon les sondages, le nouveau parti pourrait séduire quelque 20% d’électeurs potentiels, toutes tranches d’âge confondues. Ce n’est pas peu, d’autant que le milliardaire veut «raccorder» cette nouvelle formation à son parti politique traditionnel, Forza Italia. Toujours selon les estimations sur les intentions de vote des Italiens, Forza Italia n’est plus vraiment au top. Si tout va bien, le parti peut compter sur 13% des électeurs. Trop peu pour gouverner sans alliance, mais suffisamment pour avoir un certain impact. Si, à cela, il Cavaliere ajoute les voix des supporters de son nouveau parti animalier, le scénario prend une autre tournure.

Premier test politique

«Nous avons entre nos mains un patrimoine potentiel magnifique, car 7,5 millions de familles ont un animal de compagnie», analyse Silvio Berlusconi. Le vieux renard a déjà fait ses comptes: son parti animalier peut lui rapporter environ 160 députés et 63 sénateurs. Une réserve importante qui s’ajoutera aux élus de Forza Italia et redonnera à la droite berlusconienne cette indépendance qu’elle n’a plus depuis que le milliardaire a perdu le pouvoir en 2011. Cette armada, a promis il Cavaliere, fera voter des lois, proposera des amendements au Parlement et veillera à l’extinction des élevages intensifs – des lieux de souffrance inacceptables pour les animaux.

Du côté des associations animalières, on fait la grimace. «Nous nous sommes fait griller sur notre propre terrain. C’est tout de même dommage et un peu fort», assurent des représentants de la LAV, l’association de défense des animaux. Pour l’heure, le nouveau parti va devoir organiser des meetings et faire du porte-à-porte pour convaincre les électeurs potentiels. En somme, mobiliser les foules avant le premier test politique, c’est-à-dire les législatives qui devraient avoir lieu soit avant la fin de l’année, soit plus probablement au printemps 2018. Cela laisse à Silvio Berlusconi le temps d’étudier la tournure des évènements et, surtout, de peaufiner son opération pour avoir toutes les chances de faire un bon score.

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!