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Saut à skisSimon Ammann n'est pas encore rassasié

A l'aube de la nouvelle saison qui débute ce week-end à Klingenthal (All), le quadruple champion olympique veut affiner sa technique pour remonter au sommet de la hiérarchie.

ARCHIVES, Keystone

Tous les regards des amateurs de saut en Suisse seront encore tournés vers Simon Ammann à l'aube de la nouvelle saison qui débute ce week-end à Klingenthal (All), mais le Saint-Gallois tempère d'emblée les attentes: «Il faudrait un petit miracle pour que j'obtienne un très bon résultat». Il a besoin de temps pour affiner sa technique.

Comme le souligne le chef de discipline Bernhard Schödler, le quadruple champion olympique se retrouve face à «un chantier important»: sa réception, mais aussi toute la seconde phase de son vol. Il s'efforce depuis quelques mois de développer un style plus harmonieux, en arrivant moins penché vers l'avant au moment de la réception. Et pour enfin réussir à poser un télémark digne de ce nom, il atterrit désormais avec la jambe droite en avant et non plus la gauche, histoire de chasser les démons de ses chutes sur la Tournée des Quatre-Tremplins la saison dernière.

Ce processus ne va pas sans heurts, même si, au tout début de sa carrière, Ammann (34 ans) se posait déjà avec la jambe droite en avant. «Je ne me situe pas encore là où j'aimerais», indique Ammann, 11e du général de la dernière Coupe du monde après une fin de saison pourrie. «A l'entraînement, Simon atterrit souvent avec les pieds parallèles et pousse ensuite le pied droit vers l'avant» (réd: comme pour feindre un vrai télémark), relève le nouveau coach des sauteurs suisses en Coupe du monde, Pipo Schödler, frère de Bernhard. Les juges ne goûtent guère ce procédé, même si pour le (télé)spectateur, il est difficile de déceler la différence avec un vrai télémark. Malgré les déductions de points auxquelles il doit s'attendre, l'homme du Toggenburg entend bien prendre racine dans les dix premiers. Au plus tard dès l'étape d'Engelberg, les 19 et 20 décembre. Les deux temps forts de la saison seront constitués par la Tournée des Quatre-Tremplins, bien sûr, et les Mondiaux de vol à ski à Kulm (Aut), dans la première quinzaine de janvier.

«Prendre ses responsabilités»

Les Suisses se sont entraînés récemment à Oberstdorf (All) avec les Autrichiens et les Allemands, et Pipo Schödler a été impressionné par le champion du monde au grand tremplin Severin Freund (All). «Il saute terriblement bien, mais derrière lui, je n'ai pour l'instant pas vu grand-chose», dit-il. Il faudra cependant s'attendre à retrouver aux avant-postes les habitués comme l'Autrichien Gregor Schlierenzauer, vainqueur de la dernière étape du GP d'été de saut, le Slovène Peter Prevc, le gagnant de la Tournée Stefan Kraft (Aut), son compatriote Michael Hayboeck, les Polonais et les Norvégiens ainsi que... Noriaki Kasai. A 43 ans, le Japonais qui a décroché six podiums l'hiver dernier s'élancera pour sa 27e saison, avec l'ambition de décrocher pour la première fois le globe de cristal.

Dans le camp suisse, un accent particulier sera mis sur le concours par équipes. «Chacun devra prendre ses responsabilités et exprimer son potentiel. Il ne faudra pas se cacher derrière Simon Ammann», exige Pipo Schödler. Le but est de s'établir parmi les six meilleures nations. Actuellement, le quatuor suisse oscille entre la 7e et la 10e place. L«étape de Klingenthal pour autant que les conditions météo, annoncées difficiles, le permettent débutera d'ailleurs par l'épreuve par équipes samedi, avant le concours dominical individuel.

Gregor Deschwanden, à la recherche d'une plus grande constance, le Vaudois Killian Peier ainsi que Luca Egloff formeront le quatuor suisse avec Ammann. Peier a de bons souvenirs de Klingenthal, où il avait obtenu l«an dernier, avec un 17e rang, son meilleur classement en Coupe du monde. «Je vise cette année un top 30. Ma préparation n«a pas été optimale», dit-il. Peier a dû s'arrêter un mois en raison d«une périostite tibiale. Au moins, la pression sera moins forte.

(si)

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