26.10.2020 à 20:16

CyclismeSimon Pellaud: «J’ai compris que je devenais quelqu’un»

Le coureur valaisan, très en vue lors du dernier Giro, a franchi un palier à bientôt 28 ans. Malgré les incertitudes du moment, il se projette vers la suite avec un appétit croissant.

von
Simon Meier
Simon Pellaud, qu’on voit ici à l’arrivée de la 12e étape à Cesenatico, a parfaitement négocié le premier Tour d’Italie de sa carrière.

Simon Pellaud, qu’on voit ici à l’arrivée de la 12e étape à Cesenatico, a parfaitement négocié le premier Tour d’Italie de sa carrière.

KEYSTONE

Simon Pellaud, 71e du Giro qui s’est achevé dimanche à Milan, s’est notamment illustré en s’adjugeant le maillot distinctif des sprints intermédiaires. Le Valaisan de bientôt 28 ans, qui court pour la formation italienne Androni Giocattoli-Sidermec, semble avoir pris une nouvelle dimension sur les routes transalpines. Joint lundi entre deux tunnels sur la route du retour vers Martigny, il a livré ses premiers sentiments.

Simon Pellaud, à quoi avez-vous songé dimanche sur le podium final du Giro?

Je ne m’attendais pas à vivre de telles sensations. Sur ce podium, j’ai un peu pris conscience que je faisais vraiment partie du monde du vélo, que je devenais quelqu’un aux yeux du milieu de la Petite reine. J’ai eu l’occasion de discuter quelques minutes avec le maillot rose (ndlr: le Britannique Tao Geoghegan Hart) et Thomas De Gendt (ndlr: vainqueur du prix de la Combativité, dont Pellaud a terminé 2e). J’ai ressenti à quel point c’était un bel aboutissement de me retrouver là, la cerise sur le le gâteau de ce Giro que j’aurai vraiment savouré de bout en bout.

Avant le départ à Palerme, vous déclariez qu’il faudrait «compter les coups de pédales et les placer où il faut quand il faut». On peut dire que la mission est réussie…

Oui, d’autant plus que nous n’étions longtemps pas sûrs que ce Giro puisse avoir lieu jusqu’au bout. Après mes deux chutes au Tour d’Emilie et sur Tirreno-Adriatico, qui m’ont valu une commotion puis des hématomes au niveau du coccyx, j’avais un peu perdu la forme et la confiance. C’est pour ça que mon discours était prudent avant de prendre le départ. J'avais planifié de partir tranquillement pour monter en puissance et je suis très fier d’avoir pu le faire. Si on m’avait dit, avant le départ en Sicile, que les choses se passeraient comme cela, j’aurais signé tout de suite.

Votre magnifique échappée lors de la 12e étape, autour de Cesenatico, a-t-elle été le moment le plus fort de ces trois semaines?

C’était en effet une très belle journée, même s’il m’a manqué un tout petit quelque chose pour jouer la victoire d’étape (ndlr: il avait fini 5e). Mais j’avais aussi vécu un grand moment lors de ma première échappée lors de la 4e étape, alors que nous nous trouvions encore en Sicile. Le fait d’ouvrir la route d’une telle course, de me retrouver seul devant sur le Tour d’Italie, même si je savais que je ne gagnerais pas l’étape ce jour-là, c’était quelque chose de fantastique. Ce Giro aura constitué pour moi un sacré apprentissage.

Vous aurez 28 ans dans deux semaine. Y aura-t-il un avant et un après Giro 2020, pour Simon Pellaud?

Quand je vois le nombre de coureurs en fin de contrat, je ne veux pas me plaindre. Je m’estime heureux d’avoir une équipe pour 2021»

Simon Pellaud

(Il rigole). J’espère que oui et qu’on pourra en reparler dans un an. Lorsque j’avais couru mes deux Tours d’Espagne (ndlr: en 2015 et 2016), c’était dans la peau du néo-professionnel qui découvre. Là, j’ai vraiment fait la course comme je l’entendais, ce qui constitue une très belle satisfaction.

Et maintenant, tirez-vous la prise ou allez-vous courir les championnats de Suisse?

Je ne me suis pas encore mis en mode «off». Je vais rester concentré six jours de plus, jusqu’à samedi prochain, en espérant que la course puisse avoir lieu. Je sais que si je parviens à bien récupérer, j’aurai de super jambes.

Et l’avenir, à commencer par la saison 2021, comment l’envisagez-vous?

Tout est un peu en suspens, d’abord parce que mon équipe n’a plus de sponsor principal pour la saison prochaine - Androni a choisi de se retirer. L’équipe va continuer, mais on ne sait pas trop sur quels moyens nous pourrons compter, s’il y aura un stage d’avant-saison. En temps normal, mon Tour d’Italie aurait peut-être attiré l’intérêt d’autres équipes, mais dans les conditions actuelles… Cela dit, quand je vois le nombre de coureurs en fin de contrat, je ne veux pas me plaindre. Je m’estime heureux d’avoir une équipe pour 2021, d’autant que je m’y sens bien. L’autre incertitude, c’est de savoir où je vais passer l’hiver. Ces trois dernières années, j’étais au chaud en Colombie. J’ai réservé mon vol pour le 12 novembre, mais est-ce que je vais prendre le risque de me retrouver bloqué là-bas? Je ne sais pas, la situation est un petit peu tendue pour moi. On va déjà voir les décisions que prendra le Conseil fédéral, mercredi.

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7 commentaires
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pat7777

27.10.2020 à 13:23

tous des rigolos...

Contre la péréquation fédérale

26.10.2020 à 21:20

Il a quand même finit dans le top 3 de la fameuse course Martigny-Mauvoisin, un grand champion.

Anquetil

26.10.2020 à 20:46

Il est bien gentil et naïf ce petit gars 😉 Bravo quand même.