Cyclisme - Simon Pellaud pédale pour son avenir sur le Giro
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Cyclisme Simon Pellaud pédale pour son avenir sur le Giro

Le Valaisan est l’un des six Suisses engagés sur le Tour d’Italie, qui a débuté samedi à Turin. À 28 ans, celui qui s’était illustré sur les routes transalpines en 2020 doit confirmer pour grimper dans le peloton.

par
Sylvain Bolt
Lors du Giro 2020, Simon Pellaud (devant) avait pris part à l’échappée de la 12e étape à Cesenatico lors de laquelle il avait terminé cinquième. 

Lors du Giro 2020, Simon Pellaud (devant) avait pris part à l’échappée de la 12e étape à Cesenatico lors de laquelle il avait terminé cinquième.

AFP

Simon Pellaud était «devenu quelqu’un» dans le peloton. En octobre passé, le Valaisan était monté sur le podium final du Giro à Milan. «Franchement ça fait quelque chose, même pour un simple classement annexe, a confié au téléphone juste avant le Giro le coureur originaire de Chemin, à peine remis d’un Tour de Romandie éreintant. Se retrouver aux côtés de Tao Geoghegan Hart et Thomas De Gendt reste un moment fort de ma carrière. À moi de confirmer sur le Giro cette année.»


Le coureur d’Androni Giocattoli-Sidermec avait remporté le maillot distinctif des sprints intermédiaires. Une récompense pour ses nombreuses échappées sur les routes italiennes. Il s’était notamment classé deux fois dans le top 10 lors de chevauchées qui auraient pu le mener au bout de son rêve.

«Mon objectif est de pouvoir revivre cette adrénaline. De pouvoir disputer à nouveau une échappée qui a le potentiel d’aller au bout, a expliqué le cycliste de 28 ans. Mais à ce niveau, ce n’est pas évident de mettre la balle au fond.»

Saisir la moindre opportunité

Les premiers 8,6 km d’un total de 3500 km ont été avalés samedi lors du contre-la-montre dans les rues de Turin. Un exercice lors duquel Simon Pellaud n’a pas pu faire de miracle. Le puncheur valaisan s’est classé 165e, à 1’21 du vainqueur Filippo Ganna. L’entrée de l’épreuve a ouvert un menu qui s’annonce copieux: 21 étapes et 47’000 mètres de dénivelé positif attendent les coureurs de la 104e édition du Giro.

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De quoi stimuler l’appétit du puncheur valaisan. «Les profils des quinze premiers jours me sont plus favorables, a-t-il souligné. Mais c’est pourtant la troisième semaine qui offre davantage d’ouvertures pour des échappées. À moi d’avoir les jambes et la tête pour saisir l’une des rares occasions qui s’offrira à moi.»

«J’aimerais atteindre un rythme de croisière dans ma carrière qui me permettrait de faire du cyclisme un véritable métier et plus seulement une passion comme aujourd’hui.»

Simon Pellaud, cycliste suisse

Le Suisse, qui est sans contrat pour la saison prochaine, a vécu un véritable ascenseur émotionnel il y a un mois. Alors qu’il ne devait prendre part ni au Tour de Romandie ni au Giro, il a bénéficié de l’invitation in extremis de l’équipe nationale Swiss Cycling sur la boucle romande, puis celle de son équipe Androni Giocattoli-Sidermec au Tour d’Italie.

Menacé de disparaître, son team italien évoluant en deuxième division a profité de la visibilité du Giro pour pouvoir poursuivre l’aventure. «Cela ne change rien au fait que je me retrouve bientôt sans contrat et que je dois sortir des résultats, a expliqué le meilleur grimpeur du Tour de Romandie 2019. J’aimerais atteindre un rythme de croisière dans ma carrière qui me permettrait de faire du cyclisme un véritable métier et plus seulement une passion comme aujourd’hui.»

Un Giro réussi lui offrira sans doute une autre possibilité de s’illustrer avec le maillot national lors du Tour de Suisse (6 au 13 juin). «Ces prochaines semaines vont être capitales, a souligné Simon Pellaud. Si tu sors bien d’un grand Tour, tu as les meilleures jambes de la saison.» Et vu que la boucle suisse prend la roue de l’épreuve italienne…

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