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Côte d'IvoireSimone Gbagbo condamnée à 20 ans de prison

La justice ivoirienne a condamné mardi l'ancienne première dame Simone Gbagbo à 20 ans de prison pour son rôle durant la crise de 2010-2011.

Simone Gbagbo lors de son arrivée au tribunal d'Abidjan le 23 février 2015.

Simone Gbagbo lors de son arrivée au tribunal d'Abidjan le 23 février 2015.

AFP

L'ex-première dame de Côte d'Ivoire Simone Gbagbo a été condamnée ce mardi 10 mars à 20 ans de prison par la justice ivoirienne pour son rôle durant la crise postélectorale de 2010-2011, qui a fait plus de 3000 morts en cinq mois. Le parquet avait requis dix ans d'emprisonnement.

«La cour, après avoir délibéré, condamne à l'unanimité» Simone Gbagbo pour «attentat contre l'autorité de l'état, participation à un mouvement insurrectionnel et trouble à l'ordre public», a énoncé le juge, après plus de 9 heures de délibération du jury.

Surnommée «la dame de fer» ivoirienne au temps où son mari Laurent était au pouvoir, Simone Gbagbo, vêtue d'une robe bleu clair, a accusé le coup à l'énoncé du verdict, son visage se durcissant. Elle est «un peu affectée», a déclaré son avocat.

Certains de ses coaccusés ont entonné «l'Abidjanaise», l'hymne ivoirien, au terme d'une journée judiciaire marathon dont le public a raté l'épilogue, exclu en fin de soirée du tribunal «pour des raisons de sécurité», selon le procureur général.

Escadrons de la mort

79 personnes, dont Simone Gbagbo, étaient jugées pour leur rôle dans la crise postélectorale de 2010-2011, causée par le refus de Laurent Gbagbo de reconnaître la victoire de l'actuel chef de l'Etat Alassane Ouattara à l'élection présidentielle de novembre 2010.

L'ancienne première dame, 65 ans, est un personnage politique très clivant en Côte d'Ivoire. Elle a été autant respectée pour son parcours dans l'opposition que redoutée dans son rôle de «présidente» à poigne, souvent accusée d'être liée aux «escadrons de la mort» contre les partisans d'Alassane Ouattara, qu'elle a toujours honni.

Le 23 février dernier, Simone Gbagbo s'était livrée à une diatribe enflammée contre le régime ivoirien actuel et contre la France, qui selon elle a soutenu l'actuel chef de l'Etat ivoirien.

Invitée lundi après-midi à livrer ses derniers mots à la barre, la très dévote ancienne première dame, faisant plusieurs références à la bible, a déclaré «pardonner» à la partie adverse ses «injures».

Simone Gbagbo est, tout comme son époux, accusée de «crimes contre l'humanité» par la Cour pénale internationale. Mais alors que Laurent Gbagbo comparaîtra à La Haye en juillet, Abidjan refuse son transfèrement à la CPI au motif que la justice ivoirienne est en mesure de la juger équitablement.

(ats)

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