Actualisé 17.01.2012 à 12:44

Votations fédéralesSimonetta Sommaruga appelle à refuser les 6 semaines de vacances

Contre l’avis de son parti, la conseillère fédérale socialiste appelle à rejeter l'initiative populaire soumise au peuple le 11 mars prochain.

Pour la conseillère fédérale estime que le texte pourrait se retourner contre les travailleurs.

Pour la conseillère fédérale estime que le texte pourrait se retourner contre les travailleurs.

Keystone

Contre l’avis de son parti, le PS, Simonetta Sommaruga appelle à rejeter les six semaines de vacances pour tous. L’initiative populaire en votation le 11 mars est certes «sympathique», a dit la conseillère fédérale. Mais elle risque de se retourner contre les travailleurs. Le Conseil fédéral a conscience du fait que la santé des travailleurs revêt une importance capitale et que la pression sur eux n’a cessé d’augmenter, a souligné la ministre de la justice mardi devant la presse. Les coûts du stress sont d’ailleurs évalués à 10 milliards de francs par an, à charge des employeurs et de la collectivité.

Le gouvernement doute néanmoins que l’obligation de prendre plus de vacances soit la bonne réponse à ce problème. L’initiative des syndicats ne précise pas comment les absences prolongées dues aux vacances supplémentaires devraient être compensées.

Trop cher

Les employés n’en profiteraient que si les patrons engagent du personnel supplémentaire, a fait valoir Simonetta Sommaruga. Or, il en résulterait une augmentation des coûts salariaux pour les employeurs, estimée à environ 2% par semaine de vacances supplémentaire.

La Suisse a déjà des coûts salariaux parmi les plus élevés du monde, a renchéri le conseiller d’Etat vaudois Philippe Leuba. Et le libéral de défendre l’idée que des modèles de temps de travail flexible ou des hausses salariales correspondent davantage aux besoins que l’octroi pur et simple de vacances.

Pour les autorités, la réglementation actuelle a fait ses preuves, selon Simonetta Sommaruga. Depuis 1984, la loi accorde un minimum de quatre semaines de vacances par an à tous et cinq au moins de 20 ans. Mais de nombreuses branches vont au-delà ce minimum.

«Le Conseil fédéral et le Parlement ne sont pas opposés aux vacances». Ils ne souhaitent cependant pas inscrire des semaines supplémentaires dans la constitution fédérale, a relevé la conseillère fédérale.

Contre le PS

Après la votation sur l’initiative contre la violence des armes, la ministre socialiste se trouve de nouveau en porte-à-faux avec parti. «Cela fait partie du travail de conseiller fédéral que de répercuter l’avis du gouvernement; je trouve d’ailleurs que ses arguments sont acceptables».

Pour les conseillers fédéraux, la durée des vacances n’est pas réglementée, a-t-elle encore expliqué. A ses yeux, chacun est responsable de conserver sa santé tout en menant à bien son travail. «Dans les gouvernements cantonaux, nous sommes très loin des six semaines», a ajouté Philippe Leuba.

Jeux d’argent

Simonetta Sommaruga a profité de l’occasion pour défendre aussi la réglementation des jeux d’argent en faveur de l’utilité publique qui sera inscrite dans la constitution fédérale. Il s’agit d’un contre-projet à une initiative populaire (»pour des jeux d’argent au service du bien commun»), entre-temps retirée et guère contesté.

En 2010, les bénéfices générés par les loteries et les paris sportifs ont permis d’affecter près de 550 millions de francs à des buts d’utilité publique. Les excédents des maisons de jeu ont assuré le versement de 390 millions à l’AVS et de près de 60 millions aux cantons, a rappelé la conseillère fédérale.

La nouvelle norme permettra d’édicter des règles tenant compte des dangers inhérents aux jeux d’argent, dépendance ou blanchiment d’argent. Elle prévoit la création d’un organe commun composé de représentants de la Confédération et des cantons.

(ATS)

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