01.06.2012 à 20:03

Simonetta Sommaruga en eau trouble

JUSTICE

Les tours de vis proposés dans l’asile mettent en doute les valeurs de la conseillère fédérale socialiste. L’UDC tresse les lauriers de la Bernoise.

par
Lise Bailat
Simonetta Sommaruga aurait-elle honte d'être de gauche?

Simonetta Sommaruga aurait-elle honte d'être de gauche?

Laurent Crottet

«J’ai toujours dit que Simonetta Sommaruga était une excellente conseillère fédérale! Elle a à peine parlé un peu vite lors de son arrivée au gouvernement. Mais dès qu’elle s’est rendu compte que tout n’était pas simple, elle a fait du très bon travail. Vous savez, les faits sont têtus.» Le conseiller national Yvan Perrin (UDC/NE) ne boude pas son plaisir. Pour la première fois depuis plus de 60?ans, la gauche dirige l’asile en Suisse, et les tours de vis continuent au même rythme. Dernières propositions en date: la suppression de l’aide sociale pour la remplacer par l’aide d’urgence durant la procédure d’asile, le placement des requérants criminels et récalcitrants dans des centres fédéraux, ou encore la restriction des regroupements familiaux. Des mesures qui ne viennent pas directement de Simonetta Sommaruga, mais face auxquelles la ministre donne l’impression d’être résignée. «Son dilemme, c’est qu’elle doit agir. Mais lorsqu’elle met en œuvre des révisions raisonnables, eh bien, ses réformes se durcissent ensuite en commission sous la houlette des partis bourgeois», estime Andreas Gross (PS/ZH). D’autres camarades y voient une question d’affirmation. «Elle ne doit pas laisser sortir de son département des expertises qui disent qu’il est possible de couper l’aide sociale aux requérants! C’est une question de sens politique», argumente un élu socialiste. Pour Yvan Perrin, la réalité a tout simplement rattrapé la ministre. «Tous les jours, elle doit recevoir des lettres de protestation. Elle est obligée de se rendre compte de la grogne sur le terrain.»

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