Votation: Sion 2026: les jeux sont faits

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VotationSion 2026: les jeux sont faits

C'est non. Comme l'avaient pronostiqué les sondages, au terme d'une campagne tendue et clivante, le Valais dit non à l'organisation des Jeux olympiques d'hiver.

par
Melina Schröter
Comme Marie-Thérèse Sangra (à g.), du WWF Valais, et Jean-Pascal Fournier (à dr.), président des Verts valaisans, les opposants à Sion 2026 ont fêté leur victoire hier.

Comme Marie-Thérèse Sangra (à g.), du WWF Valais, et Jean-Pascal Fournier (à dr.), président des Verts valaisans, les opposants à Sion 2026 ont fêté leur victoire hier.

Jean-Christophe Bott/Keystone

Le suspense aura été de courte durée. Si les résultats des premières communes haut-valaisannes ont laissé envisager pendant quelques minutes un score final au coude-à-coude, rapidement, le non valaisan à Sion 2026 s'est détaché. Installés sur la terrasse d'un café du Grand-Pont sédunois, les membres du comité «Non aux JO Sion 2026 – Question de priorité» avaient déjà le sourire avant midi. «Il y a peu de communes pour l'instant, mais les premiers chiffres sont encourageants», commente Barbara Lanthemann, présidente du Parti socialiste du Valais romand.

Autour de la table, on voit le non de Riddes, commune de David Crettenand, député Avenir Écologie et vice-président du comité de campagne de Sion 2026, comme un bon présage pour un refus. Au même moment, opposants et partisans sont d'accord sur un point: «Au vu des résultats des premières communes, c'est malheureusement plié», prédit au journal «Le Temps» René Constantin, président du PLR Valais.

La succession des résultats, notamment celui des villes et de la première concernée, Sion, conforte le sentiment général. À 14 h 15, le canton du Valais ferme la porte définitivement à Sion 2026 à près de 54%. Dix-neuf ans presque jour pour jour après l'attribution des JO 2006 à Turin au nez et à la barbe de la candidature sédunoise. «Je ne sais pas si le Valais connaîtra un autre projet olympique dans le futur, commente le conseiller d'État Frédéric Favre. Nous sommes évidemment déçus de ce résultat même si le taux de participation montre que le sujet a intéressé tout le monde. Et on a au moins pu prolonger les apéros de quelques heures.»

Des frères ennemis

En mars dernier, le Parlement valaisan soutenait à 79% le crédit de 100 millions pour la candidature. Deux conseillers d'État et de très nombreux présidents de communes s'étaient engagés pour le oui. Faut-il dès lors analyser ce verdict comme un vote de défiance envers la classe politique? Pas selon Christophe Darbellay: «Durant le débat, et à l'analyse des résultats, on voit que tous les cadres ont explosé dans ce vote. C'était un choix très personnel qui pouvait être différent au sein d'une même famille, d'un même parti ou d'une même zone géographique. Mais le canton a d'autres projets. Nous irons moins vite, mais nous irons plus loin.»

Au Grand-Pont, une foule importante s'est réunie autour de l'«apéro de la réconciliation» avant même les derniers chiffres tombés. On y parle de la campagne, évidemment. Un partisan regrette «la peur qui a guidé certains. À croire qu'on ne sait rien organiser d'autres qu'une fête de fanfare en Valais!» Dans l'autre camp, le mot de propagande est lâché à plusieurs reprises: «Les gens en ont eu marre. C'est aussi pour ça qu'ils ont voté non», estime une Sédunoise. Les très à la mode accusations de fake news sont, elles, utilisées par les deux bords. Le Valais devra se trouver d'autres points communs dans les semaines et années à venir que celui-là.

L'info qui amuse

Photo: Jean-Christophe Bott/Keystone

Photo: Jean-Christophe Bott/Keystone

Le fendant crée la bonne humeur! Soucieux de réconcilier le Valais des pro et des anti, l'humoriste Frédéric Recrosio a convié toute la population à un apéro géant au Grand-Pont de Sion. Les seize encaveurs sédunois ont joué le jeu.

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