06.07.2020 à 08:34

FootballSion, à la croisée des chemins

Malgré leur défaite à Saint-Gall (2-1), les Valaisans semblent à nouveau en mesure de prétendre au succès. Sauf que le temps presse et que la confiance manque.

par
Sport-Center

La tendance est au fatalisme lorsqu’il est question du FC Sion. Logique. Une victoire sur ses 21 dernières sorties en championnat, un seul point amassé depuis la reprise, trois petits buts marqués: on s’arrête là, mais la liste peut s’étirer à souhait. Parce que oui, le bilan comptable des Valaisans est aussi catastrophique que sa plongée au classement vertigineuse. Sauf qu’il faut être juste et se rendre compte que, non, Sion ne cristallise pas à lui seul tous les problèmes rencontrés par les clubs de Super League depuis deux semaines et le début d’un sprint final qui se rapproche de la mi-course.

C’est peut-être là que se terre le plus grand espoir sédunois à l’heure actuelle. Personne n’est épargné par les contraintes et n’avance sur une route sans embûche. Pas même le FC Saint-Gall, dont les failles sont à nouveau apparues au grand jour dimanche. Les hommes de Peter Zeidler possèdent mille fois plus de certitudes que le FC Sion, c’est indéniable. Ils nagent en pleine confiance, peuvent compter sur un système qui a fait ses preuves et des individualités de classe, d’accord. Et malgré ça, malgré cette marge d’apparence énorme, que Cédric Itten et ses coéquipiers ont pu paraître fragiles et friables en deuxième mi-temps, lorsque Sion poussait pour obtenir l’égalisation. Alors même que l’équipe type du leader de Super League, à l’exception de Jordi Quintilla, avait été alignée d’entrée.

Du mieux à chaque sortie

Cette situation est transposable aux huit autres équipes de l’élite. Les soucis de Saint-Gall et Lucerne ne sont pas tout à fait les mêmes que ceux de Sion et Neuchâtel Xamax, mais ils existent bel et bien. Et tout en réduisant la marge des «gros» sur les «petits», ils augmentent la part d’incertitude lors de chaque journée. Bâle rame parce que l’interruption du championnat a fait jaillir une multitude de conflits dans sa maison, Servette parce que quatre mois sans ballon lui ont fait perdre ses repères, Xamax et d’autres parce que le poids des absences est insoutenable.

À Sion, on pensait l’origine du mal cernée. Cette inconstance permanente, cette absence de ligne directrice, cet acharnement à ne jamais rien bâtir. L’histoire ne date pas d’hier, mais un nouveau chapitre s’était écrit avec l’intronisation de Paolo Tramezzani. Ou l’homme qui ne jure que par l’engagement et le jeu vertical pour remplacer Ricardo Dionisio, l’école portugaise et sa volonté de construire depuis l’arrière. Niveau cohérence, on avait fait mieux.

Et pourtant, à chaque sortie ou presque, il y a du mieux dans le jeu valaisan. Le non-match à Bâle après la belle prestation aperçue contre Servette reste particulièrement décevant, mais la réception de Lucerne et le déplacement à Saint-Gall ont bel et bien confirmé une chose essentielle: le FC Sion n’est pas mort. Il ne marque pas de point, ou trop peu, mais il n’est pas mort. Preuve, sans doute, que cette équipe est rompue à s’adapter à toutes les méthodes qu’on lui propose. Leur mise en pratique n’est à chaque fois certainement pas optimale, ce pourquoi les Sédunois avancent si lentement et auraient tant besoin d’une vision à long terme, mais tant bien que mal ils composent avec ce qu’on leur demande de faire.

Maux profonds

Seulement, il est un point sur lequel toute la bonne volonté du monde (si tant est qu’elle anime effectivement les Valaisans) n’a un impact que très modéré: la confiance. On n’efface pas des mois sans victoires, des séries de défaites et des soirées à aller chercher le ballon au fond de son but d’un claquement de doigts ou par un changement d’entraîneur.

Si la balle a semblé fuir les joueurs sédunois sur les deux réussites saint-galloises dimanche, ce n’est pas uniquement dû à un manque de chance. Si Roberts Uldrikis a été pincé deux fois pour hors-jeu au moment de propulser le cuir dans les filets, si Filip Stojilkovic a perdu son face-à-face avec Lawrence Zigi, si Itaitinga a placé son coup de tête à bout portant directement dans les bras du gardien adverse, là non plus, ce n’est pas un hasard.

Après cinq des treize matches restant à jouer cet été, le FC Sion se trouve à la croisée des chemins. En deux semaines, il s’est donné les moyens d’être à nouveau capable d’entrer sur un terrain de foot pour espérer y décrocher la victoire. Mais il est aussi, encore et toujours, cette équipe comptablement en perdition qui voit progressivement l’enfer s’ouvrir sous ses pieds. Sans un déclic, il y plongera.

Florian Vaney, Saint-Gall

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