Sion à portée d’une bonne surprise

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FootballSion à la portée d’une bonne surprise

Lorsque les failles du FC Zurich ont sauté aux yeux, les Valaisans étaient là pour piétiner un champion sortant déjà à genoux (0-3). Et tout est allé très vite.

par
Florian Vaney
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Le FC Sion giflé 3-0 par Young Boys il y a quinze jours n’était pas un FC Sion dépassé, étouffé et sans idées. Pas plus que celui qui a fait disparaître Zurich dimanche sur le même score n’était intouchable, spectaculaire en toutes circonstances et cent fois supérieur à son adversaire. Au milieu de toute cette nuance, ce qu’il convient de remarquer, c’est que les Valaisans avancent dans un monde qui leur veut du bien. En quatre matches jusqu’ici (sept points), le résultat n’a jamais constitué une fin en soi. Les yeux se tournent systématiquement vers la manière, parce que la manière se veut au moins intéressante, au mieux rafraîchissante. Tant que cette sérénité existe, Sion peut faire valoir son art de vivre à portée de bonne surprise.

  • C’est le genre de victoire qui conforte un coach, dans ses idées et dans sa position. À la pause, plus grand monde ne voulait voir Itaitinga et Kevin Bua sur le terrain. Paolo Tramezzani oui, gardant auprès de lui le prometteur Ilyas Chouaref notamment. Les deux ailiers du 4-3-3 sédunois n’avaient à peu près rien montré en première mi-temps. Une deuxième chance leur a été donnée. Et c’est parce que son duo a été frappé par la grâce entre la 57e et la 68e que Sion a marqué trois fois. Si c’est un déclic pour le secteur offensif valaisan, il va vraiment falloir se méfier de cette équipe. Si c’est un «one shot», il faut savoir le savourer.

  • Chacun leur tour, Heinz Lindner, Dimitri Cavaré et Nathanaël Saintini avaient un peu plus tiré la couverture à l’un ou l’autre lors des trois premiers matches. Au Letzigrund, les trois hommes ont donné l’impression de faire partie d’un bloc commun, uni et de très haut niveau. Disposer d’un gardien et d’une charnière centrale de cette qualité, ça aide à franchir les moments difficiles. La première heure de jeu dimanche en a été un. De gré ou de force, le FC Sion s’est retrouvé dans une posture beaucoup plus défensive et passive qu’à sa nouvelle habitude. Le changement d’approche s’est finalement mué en éloge de la patience. Résister, attendre son heure, frapper fort à la première brèche. Le numéro gagnant pour cette fois.

  • Annonces de départ après annonces d’arrivée, l’été du FC Zurich a fait naître crainte et stupeur. On trouve quelque chose de l’ordre de la dissonance à voir un champion sortant aussi loin des qualités qui ont fait sa gloire. Mais, finalement, rien de surprenant au regard de sa gestion d’après-titre. À l’avant, il y a cette rupture totale entre le FCZ qui perçait les défenses suisses l’an dernier et celui qui n’a toujours pas trouvé la faille en quatre rencontres de Super League cette saison. À l’arrière, il y a la complémentarité et l’imperturbabilité qui se sont muées en gabegie générale. Les trois buts encaissés dimanche rejoignent sans discussion le musée des horreurs du club. Zurich va mal.


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L’homme du match: Nathanaël Saintini

S’il faut vraiment dissocier le «triangle» Saintini-Cavaré-Lindner, alors on veut bien glisser un demi-point supplémentaire au premier. Sa couverture de terrain est monstrueuse, ses qualités physiques au duel complètement nécessaires. Mais on y revient toujours: s’il brille, c’est aussi grâce à sa complémentarité avec son compatriote de charnière.


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Le héros malheureux: Donis Avdijaj

Ils ne sont pas dix à s’être extirpés du lot dans les rangs zurichois, mais quel match génial de Donis Avdijaj dans l’entrejeu. Si Sion s’est fait bouger pendant près d’une heure, c’est parce que le Kosovar touchait les zones sensibles à chaque fois. Assan Ceesay aurait su quoi faire de ses offrandes? Peut-être, mais il n’est plus là.


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Le héros (très) patient: Itaitinga

Itaitinga existe toujours dans un match. Seulement, en ce moment, le Brésilien existe surtout par ses ratés et ses imprécisions. Son début de saison n’était pas bon, sa première mi-temps dimanche très insuffisante. Et voilà que la lumière a croisé son chemin. Son ouverture du score se veut très opportuniste, un brin chanceuse, mais son 2-0 est à ranger dans la case «régal technique». Quel solo. Quelle façon de rappeler les qualités qui sont les siennes.


«En début de semaine, je pouvais à peine marcher. Vendredi à l’entraînement, j’avais toujours mal sur chaque passe.»

Dimitri Cavaré, touché après le match contre Servette, impérial dimanche au Letzigrund.

La statistique

1, comme le nombre de point du FC Zurich après quatre journées. C’est le pire début de saison d’un champion sortant depuis la création de la Super League. De loin.


La question

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Sion tient le bon bout parce que Paolo Tramezzani dégage de la positivité ou Paolo Tramezzani dégage de la positivité parce que Sion tient le bon bout? En tout cas, on a rarement vu l’entraîneur italien aussi enthousiaste en Valais que depuis le début de saison.

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