Football - Sion comme un mort-vivant
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FootballSion comme un mort-vivant

Battus 3-1 à Lugano, les Valaisans n’ont plus grand chose qui les retient en Super League.

par
Valentin Schnorhk, Lugano

L’histoire du FC Sion est faite de ces moments irrationnels. Ces retournements de situation qui ont consacré sa légende. Dernièrement, ils ont plutôt permis aux Valaisans de conserver leur place en Super League. C’est à ça qu’ils sont une nouvelle fois destinés, mais avec la sensation que le précipice n’a jamais été aussi proche. La défaite 3-1 à Lugano samedi n’est porteuse d’espoir que parce qu’elle est conjuguée à celle de Vaduz contre Servette.

C’est la triste dynamique dans laquelle Sion s’est laissé couler ces derniers mois. Dépendre des autres, mais ne jamais en faire assez pour porter son propre destin. Sa chance désormais est la suivante: que lors de la dernière journée vendredi, il fasse mieux contre Bâle que Vaduz à Zurich. Et alors les Valaisans auront droit de disputer un barrage (contre Grasshopper, Thoune ou Aarau) qui pourrait les sauver. Il y a quelque chose qui relève de la fantaisie.

Parce que le Sion qui a fait le déplacement au Tessin n’est pas une équipe qui mérite de se sauver. Les signes de caractère se sont fait rares. Le penalty de Reto Ziegler repoussé par Kevin Fickentscher (19e), peut-être. Problème: aucun Sédunois n’avait suivi, et l’ancien capitaine valaisan se rattrapait pour le 1-0. Ou alors la réduction de l’écart par Matteo Tosetti juste avant la pause, deux minutes après avoir encaissé le 2-0 sur un but contre-son-camp de Léo Lacroix. Rien de bien utile, quand on revient des vestiaires la tête aussi basse et sans la quelconque capacité de forcer son destin.

Au lieu de pousser, Sion a accepté son sort au Cornaredo. En désarticulant son bloc, en ne redoublant pas ses efforts, en s’énervant aussi, par moments. Et surtout en ne faisant jamais régner un semblant de pression sur les buts luganais, sachant que les Tessinois n’ont plus rien à jouer dans cette saison. Pire, c’est Alexander Gerndt qui inscrivait le 3-1 à la 69e, alors que Sion n’avait presque pas existé depuis son retour des vestiaires. Ce n’est pas encore un épitaphe, mais il y aura des éléments à retenir dans le cas où tout cela devenait concret.

Heureusement, l’heure n’est pas encore à trouver des coupables. Sion a encore le droit à un improbable retournement de situation. Il faudra bien sûr la complicité de Vaduz, mais en étant encore en vie avant la 36e journée, il est permis de croire à toutes les folies. Le problème, c’est que ces dernières années, à Tourbillon, ce sont souvent des choix irrationnels qui l’ont conduit dans la situation telle qu’elle l’est au soir de cette 35e journée.

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