Football: Sion court vers l'arrière
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Les Valaisans semblent oublier ce qu'ils avaient commencé à construire. Avec un vrai problème offensif en train d'apparaître.

par
Florian Vaney, Lucerne

Il faisait grand beau, ce vendredi-là. Les montagnes environnantes allégrement baignées de soleil enveloppaient le magnifique terrain du Christ-Roi, possession du village de Lens. S'il abrite habituellement les exploits d'une équipe de 3e ligue, en cette après-midi de septembre, deux équipes de Super League s'y étaient données rendez-vous. Sion n'avait dû parcourir que quelques kilomètres pour venir s'y percher, le Lausanne-Sport à peine plus, et tous deux n'auraient osé rêver meilleur décor pour un duel tout ce qu'il y avait de plus amical.

À cette période, le FC Sion version Fabio Grosso n'en était que ses balbutiements. Les Valaisans s'étaient fait balayer (une défaite 1-2 plus que flatteuse) mais plus que ça, ils semblaient perdus, dépassés, si peu concernés et incapables de se trouver. Lausanne avait tiré plus d'une vingtaine de fois en direction des buts sédunois, Sion à peine deux ou trois à l'opposé. L'entraîneur italien n'était pas arrivé en Valais que, déjà, on se demandait bien où il pourrait emmener cette équipe.

Une montée tranquille…

Et puis on a vu. Sion ne s'était pas construit l'étoffe d'un champion en un claquement de doigts mais, pas à pas, il avait posé les bases. Un état d'esprit différent, meilleur, plus impliqué. Des ambitions certes davantage défensives qu'offensives, mais qui faisaient sens, et qui n'ont d'ailleurs pas tardé à porter leurs fruits. On percevait la fragilité derrière la carapace, mais les Valaisans s'évertuaient à la cacher. Jusqu'à plutôt bien le faire.

Là où les pensionnaires de Tourbillon montaient les marches une à une, gentiment mais sûrement, ils les descendent à présent deux par deux. Après avoir vu ses Lucernois prendre les trois points mercredi soir, Fabio Celestini a d'ailleurs souligné avoir vu «la meilleure mi-temps de son équipe cette saison», en faisant référence à la première. Généralement, il faut être deux, chacun à une extrême, pour en arriver là.

… une descente violente

L'ouverture du score symbolise précisément ce qui est en train d'arriver aux Sédunois. Yvan Alounga vient d'entrer en jeu. Il se retrouve en possession du ballon excentré sur la gauche, entouré par quatre Valaisans qui forment un carré parfait autour de lui. Sauf que, tel un bouclier de protection plutôt qu'une brigade d'intervention, le carré bouge avec lui, au même rythme que ses mouvements. Pas un pied, pas un corps pour empêcher le Camerounais de déborder et de trouver le malheureux Jan Bamert, coupable malgré lui d'un autogoal terrible de sens. On doute que le jeune attaquant aurait pu se faufiler de la sorte entre les rangs valaisans il y a deux mois encore. Mais puisque le FC Sion avance désormais à reculons...

Le remarque est globale. Là où la troupe de Fabio Grosso ne présente plus les mêmes garanties derrière, elle donne l'impression d'avoir besoin d'un exploit solitaire ou d'une action d'école pour trouver la faille offensivement. Et là se pose peut-être le plus gros problème. Guillaume Hoarau ne rejouera plus en 2020. Tout le monde est resté sur sa faim concernant les premières apparitions du Réunionnais en Valais, mais il va sans dire qu'il vaut mieux avoir le meilleur buteur du championnat de ces dernières années en forme plutôt qu'à l'infirmerie.

Sion va manquer de créativité

Reste que l'absence de l'ancien des Young Boys et du PSG ne constitue pas l'épine la plus embêtante. À la Swissporarena, Sion a perdu Luca Clemenza après cinq minutes. De ce qu'il avait montré jusqu'ici en peu de temps, l'Italien sait organiser le jeu dans la moitié de terrain adverse. Son pied gauche peut faire merveille, sa créativité est un bien rare au sein de cet effectif. Bref, Sion en a besoin, et va probablement devoir faire sans jusqu'à Noël.

Tout comme il a besoin de Cleilton Itaitinga, à nos yeux assez injustement laissé en tribunes contre Servette et Vaduz. Le Brésilien n'est pas là où on l'attendait lorsqu'il est arrivé à Tourbillon il y a deux ans et demi, d'accord. Ses maladresses (ce contrôle raté à la 6e minute mercredi...) ternissent trop souvent ses prestations, on veut bien. Mais cet homme-là apporte une impulsion qu'on ne retrouve pas, qu'on ne retrouve plus, dans cette équipe. Jared Khasa y parvient aussi parfois, mais par intermittence, et avec un temps de jeu limité. Énième souci? Itaitinga est sorti du terrain en boitant peu après le 1-0.

Voilà Sion privé d'une bonne dose de créativité. Il faudra trouver d'autres solutions pour avancer. Et ne pas revenir jusqu'à Lens.

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