Football: Sion et l'art de se tourner face au vent
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FootballSion et l'art de se tourner face au vent

Ce qu'ils font de bien, sur le terrain et en dehors, les Valaisans ont tendance à le gâcher. Jusqu'à se retrouver dos au mur.

par
Florian Vaney

Birama Ndoye se lance dans une percée rageuse et d'un coup, Tourbillon semble à nouveau habité par 10'000 âmes. 10'000 fantômes criant leur frustration, nourris d'adversité et d'envie de revanche. 10'000 personnes faisant souffler une tempête du Gradin Nord jusqu'à Sierre pour faire reculer l'adversaire, pour donner l'impulsion manquante à leurs protégés, englués en fond de classement, incapables de faire fructifier leur bon début de match face à Lugano. Le capitaine d'un soir manque sa passe. Il n'y a plus personne, à part peut-être le silence. Pire, le vent semble retenir des Valaisans incapables de se replier, donne l'impression de déséquilibrer les rares à être restés en couverture. Olivier Custodio ouvre le score. Sion s'est une fois encore saboté.

On peut retourner le problème dans tous les sens: cette tendance des Sédunois à avoir le vent dans le dos et à se retourner pour le subir de face aura vraisemblablement fini par coûter sa place à Fabio Grosso sur le banc. Un coup de pression a déjà été mis à l'Italien lundi, lorsqu'il est passé dans le bureau du président. On imagine mal comment la défaite de jeudi soir, assurément la plus consternante de la saison, puisse plaider sa cause.

L’histoire d’une saison, peut-être même bien plus

La réalité, c'est qu'on a assisté à un prolongement du revers déjà pas bien reluisant de dimanche contre Vaduz. Déjà face aux Liechtensteinois, Sion avait frappé le premier. Déjà il n'en avait rien fait, pour mieux se prendre une tornade au retour. C'est l'histoire d'une saison. Peut-être bien plus, diront certains, en citant les nombreux diamants arrivés remplis de bonnes intentions en Valais, que le FC Sion n'est pas parvenu à polir.

Il suffit de penser au recrutement du club depuis l'été pour s'en convaincre. Les Sédunois devaient présenter un visage plus conquérant, plus concerné, grâce à des recrues à l'état d'esprit irréprochable. On l'a vu, ce nouvel état d’esprit, cette nouvelle identité puisqu'il est surtout question de ça. Quelques matches, jusqu'à se dissiper dans un mélange de sentiments indistincts et d'excuses plus ou moins légitimes. Ce que le FC Sion avait fait de bien en coulisses, il l'a en partie gâché, comme souvent.

Les recrues ont fini par rentrer dans le rang

Luca Clemenza, arrivé en octobre? Un joueur génial, un vrai talent. Son premier match (deux passes décisives) a mis tout le monde d'accord. Une blessure l'a fragilisé et depuis, il brille par intermittence, bien loin de ce qu'on aurait pu attendre. Guillaume Hoarau? C'est malheureux, mais on en est presque à se demander s'il est encore un élément du FC Sion. Sa signature pouvait faire naître les espoirs les plus fous, elle s'est confrontée à la réalité physique d'un attaquant de 37 ans, qui n'a joué que 319 minutes en championnat cette saison.

On peut continuer. Matteo Tosetti? Le meilleur passeur de ces dernières saisons de Super League a dû avant tout colmater les brèches, jusqu'à ce que cela ne devienne carrément son rôle principal (sa dernière titularisation date du 31 janvier). Si bien que sa présumée entente avec Hoarau, centre au cordeau et coup de tête au-dessus de la mêlée, n'a jamais existé. Inutile, sans doute, d'évoquer le cas Léo Lacroix, qu'on attendait potentiellement comme le nouveau patron de la défense et qui s'est trop lourdement trompé lors de ses premières apparitions pour le devenir.

Voilà où en est le FC Sion. Il n'a de loin pas fait tout faux depuis le coup d'envoi du championnat, on a d'ailleurs cessé de le répéter ici. Simplement, à tout ce qu'il fait de bien s'ajoute invariablement un bémol. Si bien qu'on en est à regretter de se demander ce qu'il va bien pouvoir arriver à Wesley, le génial latéral droit brésilien arrivé en prêt de la Juventus il y a un mois. Fabio Grosso a longtemps cherché le déclic, la bonne formule pour compenser ce qu'il serait trop facile d'apparenter à une malédiction. En vain.

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