Football: Sion flirte avec la victoire avant de tout perdre
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FootballSion flirte avec la victoire avant de tout perdre

Les Valaisans n'ont pas saisi l'occasion en or qui se présentait à eux: affronter un FC Bâle en crise, à Tourbillon.

par
Nicolas Jacquier
Sion

Allez savoir pourquoi, il existe une croyance populaire et, à ce titre, inévitablement fortement répandue, selon laquelle il vaut mieux affronter un adversaire à un moment précis plutôt qu'à un autre. Dans le cas du FC Sion, confronté à un monument déboulonné du football suisse, recevoir le FC Bâle semblait être ainsi le moment idéal pour mesurer les progrès accomplis par la nouvelle équipe de Murat Yakin, l'ancien coach à succès de Saint-Jacques.

Parce que Bâle, comparé à la montée en puissance d'YB, n'est plus ce qu'il a été. Et parce que l'on prêtait aussi à quelques-uns de ses leaders l'intention de fomenter un putsch envers le trop directif Marcel Koller – mais ça, c'était avant la mise au point déjà intervenue contre Zurich.

L'arbitre oublie de sortir le rouge

Pour les Valaisans, rattrapés hier soir par la cruelle réalité, l'envie de conclure en beauté un millésime 2018 bien décevant n'a pas suffi à renverser le FCB. Connaissant quelques moments de folie qui l'ont vu allumer le feu de l'envie, Sion n'a pourtant pas livré un mauvais match; il a même souvent bousculé son hôte mais ses joueurs ne sont pas parvenus à forcer le destin lorsque les événements leurs étaient favorables en première période. Car le match devait ensuite basculer, tous les éléments jouant alors en défaveur du FC Sion au moment où la défense valaisanne afficha d'inquiétants signes de fébrilité. Jusqu'à encaisser une défaite frustrante.

A l'heure des regrets, nombreux, le club de Tourbillon pourra toujours évoquer un penalty oublié pour une main bâloise, une – fausse - suspicion de hors-jeu sur le but de Widmer, invoquer la malchance ou maudire Oberlin (sauvant sur sa ligne dans les arrêts de jeu). Mais le véritable scandale s'est produit lorsque M. Schnyder n'osa pas prendre ses responsabilités en oubliant d'expulser Van Wolfswinkel quand celui-ci stoppa net la course de Kasami qui venait de lui échapper. Une faute qui aurait dû condamner Bâle à évoluer en infériorité numérique pendant la dernière demi-heure dans la mesure où le Néerlandais avait déjà écopé d'un avertissement.

Trente essais, zéro victoire

Pour son grand oral de Noël, Sion espérait mettre fin à sa série négative contre Bâle, qu'il n'a plus battu en championnat depuis le 1er mai 2011 (3-0). Mais sa trentième tentative n'a pas davantage été couronnée de succès que toutes celles qui l'avait précédé (9 nuls et vingt défaites). Un nouvel échec équivalant à une fin de série pour une équipe qui demeurait sur quatre sorties positives (10 points). Un échec qui ne doit pas remettre en question le travail de Yakin mais qui permet de mesurer tout ce qui sépare encore Sion de la tête. Que ce soit en termes de régularité qu'au niveau de l'implication collective.

«Bâle n'a pas volé sa victoire parce qu'on n'a pas su la garder, lâchait, dépité, Christian Constantin. On ne peut s'en prendre qu'à nous même.»

En l'emportant à Tourbillon, Bâle a aussi pris un avantage psychologique avant les retrouvailles de février, pour le compte de la Coupe cette fois-ci. Ce soir-là, Sion ne pourra pas se permettre le relâchement qui le (re)plonge ce matin dans la gonfle. Si loin des ambitions d'un potentiel qu'il ne parvient pas à exprimer sur la durée. Et pourtant ce Bâle-là était bon à prendre…

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