Football: Sion n'a toujours aucune certitude

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FootballSion n'a toujours aucune certitude

Les Valaisans se sont imposés 1-2 au Letzigrund grâce à vingt minutes de feu. Mais les soucis ne sont de loin pas réglés.

par
Tim Guillemin
Zurich

Depuis que Murat Yakin est arrivé, le FC Sion est une équipe capable de réussir des coups à l'extérieur. Une victoire à Lucerne, celle de ce dimanche à Zurich et un hold-up quasiment réussi, à trois minutes près, à Berne sur le terrain synthétique du champion de Suisse. Voilà qui a de la gueule.

Ce qui est un peu plus embêtant, c'est que Sion ne dégage toujours pas une identité de jeu claire et assumée. On ne parle pas là de choix des joueurs, ni de tactique. Murat Yakin aime s'adapter à l'adversaire et travailler la semaine pour mettre en place le système qu'il estime le plus cohérent. Sion aligne très rarement deux fois la même équipe et son entraîneur aime jongler avec les joueurs, comme le lui autorise (ou l'oblige...) son très grand contingent. Ce week-end, Moussa Djitté (titulaire il y a une semaine face à Saint-Gall), Cleilton Itaitinga (qui était entré) et Roberts Uldrikis ont été envoyés avec les M21 en Promotion League, tandis que Philippe revenait d'à peu près nulle part pour... débuter face à Zurich, comme ça, d'un coup. Soit.

Chacun a sa chance

Que Murat Yakin cherche encore la solution aux problèmes du FC Sion après huit journées n'a rien d'honteux, en vrai. L'animation offensive est défaillante et au moins, avec le nouvel entraîneur du FC Sion, chacun a sa chance. Pajtim Kasami était sur le banc au début du mandat de Yakin? Il a travaillé à l'entraînement, il ne s'est plaint de rien et il a été bon quand il a eu sa chance. Le voilà redevenu titulaire. Murat Yakin pratique la prime au mérite et il serait malvenu de le lui reprocher, Sion ayant souffert par le passé de la suffisance de certains de ses «barons».

Par contre, et cela commence à devenir un peu pesant et inquiétant, Sion ne progresse pas dans le jeu. Oui, cette équipe est capable de réussir des coups en abandonnant le ballon à l'adversaire et en frappant en contre, mais elle peine à développer du jeu, et on reste poli. Il y a des circonstances atténuantes, comme l'absence de Bastien Toma (malade) ou la blessure d'Anto Grgic, mais Sion ne progresse pas collectivement. Le fonds de jeu est faible et la victoire de dimanche doit énormément à la très bonne entrée d'Adryan, un joueur formidable lorsqu'il n'est pas blessé, c'est à dire trop rarement pour être considéré comme un joueur majeur. En clair, Sion a gagné grâce aux qualités de ses individualités, pas à sa maîtrise collective, même si les vingt dernières minutes ont été très bonnes. Vingt sur nonante, donc.

Intention louable, mais...

Dimanche, Murat Yakin a joué en 4-3-3 avec André Luis Neitzke en position de milieu défensif. Il a gagné son pari, tout comme celui de jouer sans véritable avant-centre dès l'heure de jeu. La victoire ne doit pas faire croire que tout est parfait, loin de là, même i le rythme de sept points en cinq matches à l'extérieur est correct. Par contre, il va falloir impérativement hausser le niveau de jeu à Tourbillon pour enfin y gagner un match. Et pour y parvenir, il faut des automatismes, des joueurs en confiance et des certitudes dans le jeu. Sion, actuellement, n'a rien de tout ça. Et Murat Yakin en est forcément un peu responsable.

On comprend son envie de garder tout son immense effectif sous pression, de récompenser les méritants et de surprendre ses adversaires en proposant un système de jeu et un onze de base différents à chaque fois. Son intention est louable. Mais elle se fait au détriment d'une progression à court terme de son onze de base, qui n'a pas grand chose sur quoi s'appuyer. Et ces lacunes se remarquent surtout à domicile, où Sion est censé produire du jeu et où il ne montre rien de bon.

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