12.02.2013 à 16:27

CondamnationSix ans après, le scandale de l'Arche de Zoé prend fin

Eric Breteau et sa compagne Emilie Lelouch ont été condamnés mardi à deux ans de prison ferme pour avoir tenté d'exfiltrer 103 enfants présentés comme des orphelins du Darfour. Récit en images.

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Eric Breteau, président de l'Arche de Zoé, et Emilie Lelouch, sa compagne, ont écopé de trois ans de prison, dont deux fermes, pour escroquerie au préjudice des familles d'accueil en première instance. Mais la Cour d'appel pourrait être plus clémente.

Eric Breteau, président de l'Arche de Zoé, et Emilie Lelouch, sa compagne, ont écopé de trois ans de prison, dont deux fermes, pour escroquerie au préjudice des familles d'accueil en première instance. Mais la Cour d'appel pourrait être plus clémente.

Pascal Guyot, AFP
Le président de l'association l'Arche de Zoé, Eric Breteau, et sa compagne Emilie Lelouch ont été condamnés le 12 février à 3 ans de prison, dont deux fermes. Ils sont à l'origine du scandale de l'ONG, qui a commencé en 2007.

Le président de l'association l'Arche de Zoé, Eric Breteau, et sa compagne Emilie Lelouch ont été condamnés le 12 février à 3 ans de prison, dont deux fermes. Ils sont à l'origine du scandale de l'ONG, qui a commencé en 2007.

AFP
En août 2007, l'association choisit d'installer ses quartiers à Abré, petit village situé au Tchad et jouxtant la frontière soudanaise. Son but? Sauver des enfants orphelins victimes du conflit du Darfour en les exfiltrant en France dans le plus grand secret. Pour couvrir son projet, l'ONG prétexte la construction d'une école.

En août 2007, l'association choisit d'installer ses quartiers à Abré, petit village situé au Tchad et jouxtant la frontière soudanaise. Son but? Sauver des enfants orphelins victimes du conflit du Darfour en les exfiltrant en France dans le plus grand secret. Pour couvrir son projet, l'ONG prétexte la construction d'une école.

AFP

Le président de l'association L'Arche de Zoé, Eric Breteau, et sa compagne Emilie Lelouch ont été condamnés mardi à Paris à deux ans de prison ferme et immédiatement arrêtés pour avoir tenté en 2007 d'exfiltrer du Tchad vers la France 103 enfants présentés comme des orphelins du Darfour.

Ils étaient poursuivis pour escroquerie, exercice illicite de l'activité d'intermédiaire pour l'adoption et aide à l'entrée ou au séjour de mineurs en situation irrégulière. Les deux Français, qui étaient absents tout au long de leur procès mais s'étaient présentés devant la justice ce mardi pour le jugement, ont été immédiatement arrêtés.

Eric Breteau et sa compagne Emilie Lelouch avaient été arrêtés avec d'autres bénévoles en octobre 2007 à Abéché (est du Tchad) alors qu'ils s'apprêtaient à embarquer dans un avion vers la France avec des enfants affublés de faux bandages et de pansements.

Accusés d'avoir joué sur le «désir d'enfants» de familles françaises recrutées sur des forums internet liés à l'adoption, ils disaient vouloir sauver des orphelins du Darfour. Mais selon plusieurs ONG, ces enfants étaient en réalité pour la plupart tchadiens et avaient au moins un parent en vie.

100'000 euros d'amende

Installés en Afrique du Sud, Eric Breteau et Emilie Lelouch n'avaient pas même été représentés pendant le procès qui s'est tenu du 3 au 12 décembre devant le tribunal correctionnel de Paris. Le parquet avait requis contre eux trois ans de prison dont deux ferme, assortis d'un mandat d'arrêt.

Quatre autres prévenus ont été condamnés à des peines allant de six mois à un an de prison avec sursis. Il s'agit de Christophe Letien, membre de l'association resté en France, du Dr Philippe Van Winkelberg, du logisticien Alain Péligat et d'une journaliste, Marie-Agnès Pèleran. L'association a été en outre condamnée à 100'000 euros d'amende et dissoute.

Hormis Marie-Agnès Pèleran et Christophe Letien, les protagonistes avaient tous été condamnés au Tchad à huit ans de travaux forcés pour «tentative d'enlèvement d'enfants». Ils avaient été transférés en France et leur peine commuée en années de prison, avant que le président tchadien Idriss Deby ne les gracie fin mars 2008.

(AFP)

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