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Union EuropéenneSix pays se mobilisent contre l'évasion fiscale

Les six plus grands pays de l'Union européenne veulent créer une dynamique dans la lutte contre l'évasion fiscale, espérant rallier à leur cause l'ensemble des 27.

Pierre Moscovici espère «créer un effet d'entraînement, de force politique, pour parvenir à un accord de tous».

Pierre Moscovici espère «créer un effet d'entraînement, de force politique, pour parvenir à un accord de tous».

AFP

Les six plus grands pays de l'UE veulent «créer un effet d'entraînement» pour lever le secret bancaire, a estimé vendredi à Dublin le ministre français des Finances, Pierre Moscovici. Celui-ci a annoncé que la Pologne s'était jointe aux cinq pays ayant écrit à la Commission européenne sur la question.

«Il me semble qu'il y a un vent qui souffle dans l'UE pour lever les opacités, les obstacles que peut receler le secret bancaire», a déclaré le ministre au cours d'un point de presse, en marge d'une réunion avec ses homologues des 27 dans la capitale irlandaise. «Nous sommes en train, à travers cette démarche commune, de forcer la porte, de faire bouger les choses de façon très forte», a-t-il souligné.

Nouvelle législation

La France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, l'Espagne et l'Italie ont écrit cette semaine à Bruxelles pour réclamer une nouvelle législation sur le modèle du FATCA américain. Cette loi permet d'obtenir toutes les informations sur tous les comptes bancaires, les placements et revenus à l'étranger de tous les contribuables américains.

La Pologne les a rejoints dans cette initiative, a indiqué Pierre Moscovici. Les ministres concernés doivent s'exprimer dans la soirée au cours d'une conférence de presse commune à Dublin.

Pour autant, «à ce stade, ce qui a été décidé par les six n'est pas la genèse d'une coopération renforcée», a insisté Pierre Moscovici. «Nous voulons créer un effet d'entraînement, de force politique, pour parvenir à un accord de tous» les pays de l'UE. C'est un mouvement «contre lequel il sera très difficile de résister», a-t-il affirmé.

Bémol luxembourgeois

Le ministre a dit avoir «noté une disponibilité d'esprit certaine de la part du Luxembourg», qui a accepté mercredi d'appliquer à partir de 2015 l'échange automatique d'informations de données bancaires. Au sein de l'UE, seule l'Autriche semble faire de la résistance sur ce sujet.

Au cours d'un point de presse séparé, le ministre luxembourgeois des Finances, Luc Frieden, a apporté un bémol aux déclarations de Pierre Moscovici. «L'Europe n'est pas seulement composée des cinq grands mais de 27 Etats. Il aurait été préférable que les 27 discutent ensemble de ces questions», a-t-il dit. «Je ne pense pas qu'il soit bon que certains, pour des raisons de politique intérieure, prétendent aller plus vite que les autres».

(ats)

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