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11 mars«Six semaines de vacances»: mauvais pour la compétitivité

Les partis bourgeois s'opposent à l'initiative «Six semaines de vacances», qui aurait pour conséquence en cas d'acceptation de diminuer la compétitivité du pays selon eux.

Pour l'UDC, du PLR, du PDC, du PBD et des Vert'libéraux, octroyer six semaines de vacances équivaut à diminuer les emploi en Suisse.

Pour l'UDC, du PLR, du PDC, du PBD et des Vert'libéraux, octroyer six semaines de vacances équivaut à diminuer les emploi en Suisse.

Keystone

L'initiative «Six semaines de vacances pour tous» met en danger les PME, affaiblit la compétitivité et menace des emplois.

Les partis bourgeois et les milieux économiques ont demandé vendredi à Berne au peuple de rejeter le texte dans les urnes le 11 mars prochain.

Alors que les partisans du texte lancé par la faîtière syndicale Travail.Suisse présentaient également leurs arguments vendredi dans la capitale, une alliance composée de l'UDC, du PLR, du PDC, du PBD et des Vert'libéraux a fait part de son inquiétude. Leur slogan résume leurs craintes: «vacances en plus = emplois en moins».

Si l'initiative, qui réclame six semaines de vacances par an au minimum au lieu de quatre actuellement, passait, les coûts du travail augmenteraient de six milliards de francs par an, assurent les opposants. Or, cette hausse interviendrait au pire moment, alors que les entreprises suisses souffrent déjà du franc fort et de la crise européenne.

PME menacées

Les petites et moyennes entreprises seraient particulièrement menacées, s'inquiète le comité interpartis «non à l'initiative sur les vacances», qui compte également parmi ses rangs la faîtière des entreprises economiesuisse et celle des PME: l'Union suisse des arts et métiers. «Plus les effectifs sont petits, plus les problèmes sont grands pour assurer la suppléance des collaborateurs partis en vacances et le bon fonctionnement de l'entreprise».

Si l'initiative passe, les PME «ne pourront bien souvent pas compenser» le manque de personnel avec des congés supplémentaires. Elles n'auront par conséquent qu'une seule solution: supprimer du personnel. En outre, le texte de Travail.Suisse aurait un autre effet pervers: les PME devront demander à leurs salariés d'augmenter la cadence avant et après les vacances.

Compétitivité internationale

La compétitivité de la Suisse au niveau international souffrirait également, assure le comité. Les entreprises étrangères seront moins promptes à venir s'installer en Suisse devant un coût du travail en hausse. Quant aux compagnies déjà installées, elles n'hésiteront pas à délocaliser.

Par ailleurs, les partis bourgeois voient dans le système actuel un autre avantage: sa flexibilité. Les règles peuvent en effet être négociées entre les partenaires sociaux au cas par cas. Les salariés du bâtiment bénéficient ainsi d'un minimum de cinq semaines de vacances par an.

Enfin, par rapport aux autres pays, la Suisse n'est pas victime d'un déficit de vacances, assurent les opposants. Avec ses quatre semaines de vacances prescrites par la loi, elle se situe dans la moyenne européenne au même niveau que l'Italie, l'Allemagne et la Belgique.

Parlement et Conseil fédéral

Le Parlement a également rejeté l'initiative «6 semaines de vacances pour tous» l'année passée. Les Etats ont écarté le texte par 28 voix contre 10 en juin dernier et le National par 110 voix contre 61 en mars. De même, le Conseil fédéral a indiqué ne pas vouloir renoncer à la flexibilité qu'offre le système actuel.

(ats)

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