04.03.2014 à 08:58

Hockey sur glaceSlava Bykov, le successeur idéal à Sean Simpson

Slava Bykov est libre, expérimenté et compétent. Son nom doit s'imposer comme une évidence pour les dirigeants de Swiss Ice Hockey.

von
Emmanuel Favre
Slava Bykov l’a prouvé à la tête de l’équipe nationale russe: il sait rendre possible l’impossible.

Slava Bykov l’a prouvé à la tête de l’équipe nationale russe: il sait rendre possible l’impossible.

Keystone

C'est une bonne nouvelle: la non-reconduction du contrat de Sean Simpson comme sélectionneur de l’équipe de Suisse de hockey sur glace démontre que Swiss Ice Hockey est une Fédération désormais gérée par des hommes qui ont du caractère et qui sont raisonnables. Le président Marc Furrer et son directoire ne sont pas prêts à enterrer leurs convictions (imposer à l’entraîneur en chef de l’équipe A de s’impliquer avec l’équipe M20, notamment) pour nourrir l’ego et les caprices d’un technicien qui demeure leur employé.

L’issue de ces négociations, que les têtes pensantes de Swiss Ice Hockey et Sean Simpson ne pouvaient imaginer il y a un mois encore, soulève aujourd’hui deux questions essentielles, deux questions dont les réponses influenceront l’architecture de l’équipe de Suisse dans les prochaines semaines et les prochaines années.

La première: même si elle demeure liée à Sean Simpson jusqu’au 31 mai 2014, la Fédération doit-elle confier la responsabilité de l’équipe de Suisse au technicien canadien durant les Championnats du monde de Minsk (du 9 au 25 mai)? Si elle empruntait ce chemin, Swiss Ice Hockey prendrait un risque. Marc Furrer, les membres de sa direction et Sean Simpson ne pourront pas sauver les apparences sur la durée de la phase de préparation des Mondiaux et pendant un tournoi mondial: entre les deux entités, la relation de confiance est rompue. Les joueurs le sentiront, et le contexte ne sera pas propice à l’union. Celle qui fait la force.

La deuxième: quel sélectionneur a le meilleur profil pour développer la Suisse et la diriger jusqu’aux JO de 2018, au moins?

On peut spéculer sur le fait que Swiss Ice Hockey recherche un technicien pour qui le hockey helvétique n’a pas de secrets. Un homme expérimenté. Un travailleur qui sait tirer le meilleur de chaque individualité et qui – surtout – place le mot «équipe» au centre de ses préoccupations.

A ce stade, une personnalité, une légende du hockey international, un monument bardé de médailles s’impose comme le favori pour ce poste: Slava Bykov.

Slava Bykov, le Russe titulaire d’un passeport à croix blanche, s’imposerait comme le Messie… s’il maîtrisait l’allemand. L’ex-ailier de FR Gottéron, qui vit dans la région fribourgeoise et qui visionne des dizaines de matches de LNA chaque saison, n’a cessé de le démontrer pendant les quatre années passées à la tête de l’équipe nationale de Russie: il sait rendre possible l’impossible. La Russie n’avait plus rien gagné depuis 1993? Son groupe a conquis le titre mondial dès la deuxième année de son règne, en 2008, sur la glace de son «ennemi» canadien, à Québec.

Les individualités russes avaient trop d’ego pour accepter de se soumettre à des tâches ingrates sur la glace? Il a convaincu les tsars Ovechkin, Kovalchuk, Markov, etc. d’adhérer à son projet, et le collectif russe est devenu flamboyant. On l’avait constaté lors d’une théorie faite à l’équipe à la veille de la finale des Mondiaux 2008: quand Bykov parlait, les millionnaires de la NHL buvaient ses paroles. Il est trop gentil? Non, il est juste et fidèle à ses convictions. Un exemple: dès le début de son mandat avec la Russie, il avait estimé qu’Alex Kovalev (à Viège aujourd’hui) était trop individualiste et l’avait écarté de ses plans contre l’avis de sa hiérarchie.

Slava Bykov serait sans doute toujours l’entraîneur de la Russie – un job où il faut savoir composer avec la pression – s’il n’avait pas eu la malchance de perdre le match qu’il n’avait pas le droit de perdre (contre le futur champion olympique canadien en quarts de finale des JO de Vancouver).

Si ce candidat naturel – pour autant que la direction de Swiss Ice Hockey y adhère – devait décliner l’appel du pied, Marc Furrer pourra toujours frapper à quatre autres portes.

Celle de Bengt-Ake Gustafsson, le Suédois qui entraîne les Langnau Tigers (LNB), qui avait conduit la Suède aux titres olympique et mondial en 2006.

Celle de Ralph Krueger, qui n’aura pas de peine de se défaire de son engagement avec le FC Southampton.

Celle de Larry Huras, qui est libre et qui, comme il nous l’a dit, serait prêt à relever ce défi.

Et celle de Chris McSorley, qui ne craint pas le travail et qui a toujours été convaincu que le poste de sélectionneur national n’était pas incompatible avec celui d’entraîneur de club.

Del Curto pour succéder à Simpson?

Arno Del Curto, l'actuel entraîneur du HC Davos, est dans les petits papiers des dirigeants de la fédération suisse pour reprendre le poste de Sean Simpson à la tête de l'équipe nationale.

Selon le Blick, Swiss Ice Hockey serait prête à conclure directement un accord avec la figure mythique du club grison. «Si Del Curto vient à 100%, je le prend tout de suite» explique ainsi Marc Furrer, le président de la fédération.

Le hic c'est que Del Curto ne viendrait sans doute pas à 100%, mais seulement avec la possibilité d'un double mandat (partagé entre Davos et la sélection nationale). Et le double mandat, Furrer n'en veut pas, estimant que les risques de conflits d'intérêts seraient trop élevés.

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