Nouveau: Smartphones pliables: ils sont de plus en plus tendance

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NouveauSmartphones pliables: ils sont de plus en plus tendance

A leur arrivée sur le marché en 2019, ils avaient d’abord suscité une curiosité polie. Mais ils gomment peu à peu leurs soucis de jeunesse. Notamment avec la sortie des Samsung Fold4 et Flip4.

par
Christophe Pinol
Les Galaxy Z Fold4 et Z Flip4

Les Galaxy Z Fold4 et Z Flip4

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Le pliable est-il l’avenir du smartphone? Il y a trois ou quatre ans, à la sortie des premières versions, le pari était loin d’être gagné. Mais les modèles proposés aujourd’hui commencent à être diablement séduisants. Pas étonnant: face à des smartphones devenus mornes et se ressemblant tous les uns aux autres, ceux-ci offrent tout à coup un véritable parfum d’innovation.

Le consommateur y semble d’ailleurs sensible puisque les ventes grimpent en flèche. Témoin: celles du leader mondial du smartphone, Samsung. Alors que le fabricant sud-coréen s’apprête à sortir la 4e génération de ses téléphones pliables, les Z Flip4 et Z Fold4, il en a profité pour annoncer avoir expédié en 2021 plus de 10 millions des précédents modèles, soulignant surtout que par rapport à 2020, les ventes avaient augmenté de 300%.

Vendredi 26 août, ce sont donc les porte-étendards de cette tendance – deux nouveaux terminaux résolument différents l’un de l’autre – qui débarqueront sur le marché. A ma droite, le Z Fold4, fleuron de la gamme. Le plus grand et le plus performant. Il s’ouvre horizontalement, comme un livre. Mais c’est aussi le plus cher et le plus mastoc. A ma gauche, le Z Flip4, le plus populaire, le plus sexy, le plus fun… Lui, s’ouvre façon clapet, en hauteur. Selon Samsung, sur les 10 millions d’exemplaires pliables vendus en 2021, ce dernier aurait à lui seul séduit le 70% des acheteurs.

Samsung se plie en 4 (2x2)

Dans le détail, le premier offre un écran externe dorénavant légèrement plus grand (6,2 pouces), au format moins allongé: un vrai gain de confort. Une fois ouvert, l’écran interne affiche une diagonale de 7,6 pouces, en format quasi carré. Une taille conséquente, laissant une belle marge de manœuvre pour le multitâches, sachant qu’il est possible d’ouvrir jusqu’à 4 fenêtres différentes. On note surtout une interface améliorée permettant de gérer toutes ces applications avec encore plus de facilité, notamment avec l’apparition d’une ingénieuse barre des tâches. Le smartphone devient aussi vraiment étanche, ce qui était le gros point faible de ses versions antérieures, et il est maintenant capable de rester jusqu’à 30 minutes sous 1,50m d’eau douce. Notons aussi des prouesses photo améliorées puisqu’il reprend les mêmes capteurs que les Galaxy S22. Comptez entre CHF 1779.- et 2099.- selon la capacité de la mémoire.

Le Z Flip4, lui, a revu son design. Il propose une personnalisation assez folle en termes de couleurs et exhibe maintenant des bords plus anguleux. Il gagne encore en compacité et se glisse aisément dans une petite poche. Ouvert, son écran passe à 6,7 pouces. Peu ou prou la taille d’un iPhone Max. Posé sur une table, à moitié ouvert, son écran se sépare en deux et la prise de selfies peut être contrôlée à distance avec des gestes de la main. C’est ce côté petite caméra pliable, qu’on peut poser partout, qui a beaucoup séduit les adeptes des réseaux sociaux. Mais les vraies nouveautés se situent sur l’écran d’accueil. Tout petit (1,9 pouces), celui-ci permet dorénavant plus d’interaction en position fermée, comme de lancer des appels à des contacts présélectionnés, de répondre à des messages, d’afficher le cadrage complet du capteur photo et on peut même personnaliser son fond d’écran. Entre CHF 1079.- et 1259.-, il est déjà plus abordable.

Avantages et inconvénients

L’avantage de ces engins flexibles sur la concurrence? En premier lieu leur écran, bien sûr, capable de doubler de taille en un simple geste. Pour lire dans le bus ou le train, que ce soit des pages web, un journal ou un magazine en ligne; pour s’orienter sur une carte à l’étranger; ou visionner des vidéos, le gain est indéniable. Autre bon point: le multitâche, avec la possibilité de glisser des documents d’une application à l’autre très facilement. Ou comment donner des airs de PC à son smartphone. Et puis l’aspect logiciel permet de plus en plus de jouer avec les différents modes d’ouverture de l’appareil: complètement ouvert, ou à moitié seulement, en le posant soit à plat sur une table, soit retourné en mode tente pour utiliser l’écran externe… Et les applications adoptent à chaque fois un comportement différent, en offrant parfois des fonctionnalités supplémentaires.

Leur principal frein, par contre, c’est leur prix exorbitant. Il va inévitablement falloir que les tarifs baissent pour espérer séduire le grand public. Ensuite, figure l’encombrement: plié, l’appareil est forcément deux fois plus épais et plus lourd qu’un modèle classique. Et puis le concept lui-même reste encore un peu bancal. S’il est effectivement très agréable de bénéficier d’un écran «big size», on se sent encore un peu à l’étroit dans le cadre d’une utilisation en mode plié. Parfait pour jeter un œil aux messages reçus mais déjà moins dès qu’il s’agit d’y répondre. Quant à l’ouverture de l’appareil, elle reste délicate. Elle implique déjà d’avoir les deux mains libres, mais surtout de redoubler d’attention lors de la manipulation… Personne n’a envie de voir son appareil à 2000 francs lui échapper des mains! On se demande d’ailleurs pourquoi aucun fabricant n’a encore conçu un système pour commander d’un clic du pouce l’ouverture automatique de l’appareil, comme les téléphones japonais à clapets d’antan…

Perspectives d’avenir

Alors Samsung a beau s’imposer en archi-dominateur du marché, ses 10 millions d’exemplaires vendus l’an passé font encore pâle figure face au milliard et demi de téléphones «classiques» écoulés chaque année. Mais derrière, la concurrence semble enfin vouloir se glisser dans la brèche. D’abord Huawei, qui, après le Mate X, présente maintenant le P50 Pocket, dans la mouvance du Flip. Oppo et Xiaomi ont également sorti l’an passé (uniquement en Chine) leur propre modèle, le Find N et le Mi Mix Fold. Honor, autre fabricant chinois, devrait présenter cette année le Magic Fold tandis que Xiaomi a prévu d’attaquer le marché européen avec le Mi Fold 2. Et si l’on en croît l’analyste Jene Park, Apple pourrait même se lancer dans la danse avec un iPhone pliable courant 2024 ou 2025.

Une bonne nouvelle pour le consommateur puisque c’est justement grâce à cette effervescence, et la démocratisation de la technologie, que les prix devraient pouvoir progressivement baisser. Selon l’institut de recherche Counterpoint Technology, la croissance pourrait maintenant être rapide avec 16 millions de ventes attendues pour 2022 et 26 millions pour l’an prochain. Roh Tae-moon, chef du secteur mobile de Samsung , confiait la semaine passée au New York Times que «d’ici 2025, les terminaux pliables représenteront plus de 50% du total des expéditions de smartphones premium de Samsung. Ils deviendront la nouvelle norme des smartphones».  

Le fabricant sud-coréen y croit d’ailleurs tellement qu’il chercherait maintenant à étendre la technologie à d’autres appareils, à commencer par les tablettes. Selon le blog coréen Naver, la Galaxy Tab S9, attendue début 2023, pourrait ainsi se doter d’un écran pliable. Mais à deux, ou plutôt trois volets, comme le laissaient entendre les premières rumeurs, l’an passé?

Une chose est certaine: les défauts de jeunesse des premiers prototypes ont tendance à nettement s’amenuiser et bientôt, plus grand-chose ne devrait pouvoir retenir le grand public de se laisser tenter par ce type de produits.

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