07.08.2017 à 04:51

Sofia Boutella: «J'ai de bons souvenirs à Lausanne»

Hollywood

L’actrice commence à se faire une belle place dans le cinéma et nous a raconté son premier passage dans la capitale vaudoise il y a quinze ans.

par
Henry Arnaud
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«Il ne faut pas avoir peur de refaire sa vie et tout recommencer de zéro»

«Il ne faut pas avoir peur de refaire sa vie et tout recommencer de zéro»

Tim P. Whitby/Getty Images
L'actrice, également danseuse, pose ici sur le toit d'un immeuble à Los Angeles.

L'actrice, également danseuse, pose ici sur le toit d'un immeuble à Los Angeles.

Micke Sebastien/Getty Images
Son dernier succès au cinéma était aux côtés de Tom Cruise, dans le film «La momie». Elle a aussi marqué les esprits en devenant l'égérie Nike en 2005.

Son dernier succès au cinéma était aux côtés de Tom Cruise, dans le film «La momie». Elle a aussi marqué les esprits en devenant l'égérie Nike en 2005.

Jamie McCarthy/Getty Images/AFP

C'est sur le plateau 12 au cœur des Studios Universal de Hollywood que l’ex-danseuse devenue actrice nous a reçus avant la sortie d’«Atomic Blonde», un film dans lequel elle joue la compagne de Charlize Theron. «Bonjour, je suis trop heureuse de rencontrer un journaliste de Suisse romande, a-t-elle dit dans un français parfait. C’est une première pour moi. Excusez-moi si je cherche un peu mes mots car je viens de parler anglais toute la journée.»

Vous connaissez bien la Suisse, exact?

Ma ville favorite en Suisse est Lausanne. J’y ai de formidables souvenirs avec mon premier groupe. On s’appelait «First Lady» et nous n’étions que des filles qui dansaient sur du hip-hop. Nous avions été invitées pour un spectacle. C’était rare à l’époque d’avoir ce genre de show sans un seul gars sur scène. C’était déjà du girl power (rires). Cette première expérience en Suisse romande remonte à plus de quinze ans, donc je ne me souviens plus du nom de l’endroit où nous étions, mais je me souviens de l’accueil des Romands. Ils étaient au top!

Êtes-vous souvent revenue en Suisse depuis ce souvenir?

Bien sûr, mais c’est toujours compliqué lorsque vous êtes un danseur dans une tournée mondiale. Cela a été mon cas avec Madonna, par exemple. Bien souvent on ne voit pas grand-chose en dehors des loges, de la scène et de notre chambre d’hôtel. Mais il y a un truc génial en Suisse, c’est l’accueil chaleureux du public.

Comment résumer votre parcours pour ceux qui vous découvrent aujourd'hui?

Ça m’amuse parce que j’ai 35 ans et que je suis loin d’être une débutante. Je suis née en Algérie, et mes parents m’ont emmenée vivre en France à 10 ans, lorsque la guerre civile a éclaté dans mon pays natal. Pour moi, arriver à Paris signifiait davantage de bonbons et de jouets, mais ça n’a pas été aussi simple que ça. Heureusement, je suis née dans une famille d’artistes, et la danse a toujours été ma passion avant de devenir ma première carrière. J’ai étudié le classique, puis le hip-hop et j’ai décroché des jobs dans des clips avec Rihanna, Jamiroquai, Take That.

Comment êtes-vous arrivées au cinéma et à Hollywood?

Nous avions répété à Los Angeles pour la tournée mondiale de Madonna. À la fin de ces longs mois de spectacles, le producteur du show m’a demandé dans quelle ville je voulais avoir mon billet de retour. Certains danseurs ont demandé Londres, New York, mais, comme moi j’étais prête pour autre chose dans ma carrière, je lui ai dit Los Angeles. J’ai toujours voulu essayer la comédie, et je me suis dit qu’en Californie je pourrais prendre des cours et tenter ma chance. Ensuite, j’ai commencé à auditionner et on m’a proposé des rôles très physiques dans de grosses productions comme «Kingsman: Services secrets» et «Star Trek: Sans limites».

Et récemment dans la «La Momie» avec Tom Cruise...

Exactement, mais mon premier instinct a été de refuser «La momie». Je ne voulais pas être enfermée dans un personnage où je dois passer quatre heures par jour à maquiller mon corps et à faire des acrobaties toute la journée. Je serais satisfaite si je ne tournais que des petits films intimistes sans cascades ni effets spéciaux.

Après vos années sur scène dans les shows de Rihanna ou de Madonna, vous avez failli vous retrouver à la rue, c'est vrai?

Ça n’est pas faux. Je suis restée deux ans à Los Angeles sans gagner un sou après ma dernière tournée avec Madonna. Je voulais vraiment me lancer dans la comédie, et il n’y a qu’une façon de réussir: se donner à 200%. J’ai failli perdre ma maison car je n’avais plus d’argent pour payer les mensualités. Mais j’ai décroché un rôle une semaine avant de perdre mon toit. J’ai appris dans ma jeunesse qu’il ne faut pas avoir peur de refaire sa vie et de tout recommencer de zéro.

Votre nouveau film «Atomic Blonde», avec Charlize Theron, est l'exemple parfait de filles fortes et indépendantes.

Absolument. Et je suis contente que le réalisateur David Leitch ne soit pas venu vers moi avec un rôle qui me demandait de me battre ou de faire des cascades au quotidien. Même si je joue une espionne francophone. C’est Charlize Theron qui est la blonde atomique que rien n’arrête. Et j’ai un tel respect pour elle. C’est une excellente actrice qui sait imposer ses idées dans ce métier.

Vous semblez tout de même adorer les rôles de femme forte, non?

Oui, et c’est d’ailleurs réaliste. Beaucoup d’hommes en ont fait l’expérience. Si vous poussez une femme à bout de nerfs, elle sera plus terrible qu’un homme (rires).

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