Jura – Soigné en Valais, le bandit remercie le tribunal
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JuraSoigné en Valais, le bandit remercie le tribunal

Membre présumé des Pink Panthers, un voleur de montres et de bijoux a été transféré à la prison de Sion, jugé plus sûre, avant d’attraper le Covid…

par
Vincent Donzé
La prison de Porrentruy a ses limites sur le plan sécuritaire.

La prison de Porrentruy a ses limites sur le plan sécuritaire.

Lematin.ch/Vincent Donzé

Condamné lundi dernier à Porrentruy à cinq ans de prison pour divers délits, un bandit serbe parlait avec ses geôliers de l’histoire du château où il était placé en détention préventive. «Le Quotidien Jurassien» raconte qu’une fois le verdict prononcé, ce voleur de montres et de bijoux a remercié le Tribunal pénal pour une sentence qu’il a trouvée très correcte. «C’est rare qu’on nous dise ça…», a réagi la présidente du tribunal.

Le voleur a été arrêté à Zurich, avant son départ en car pour la Serbie. La justice jurassienne voit en lui un membre du gang des Pink Panthers, surnommé ainsi par des policiers britanniques après un braquage commis à Londres en 2003, un diamant ayant été dissimulé dans une crème de beauté, technique inspirée d’un film de la série «Panthère rose» réalisée par Blake Edwards.

Forme grave

Face au mutisme du prévenu, qui disait craindre pour lui et sa famille, son transfert à Sion a été ordonné. Problème relaté par le «QJ»: le prévenu jugé dangereux a souffert d’une forme grave du Covid qui a nécessité son transfert à l’Hôpital du Valais.

Sa famille a été prévenue et autorisée à lui rendre visite, en dépit d’un risque: elle aurait pu en parler aux Pink Panthers, une organisation criminelle qui intervient parfois avec voitures blindées et armes automatiques pour libérer un détenu, comme en 2013 à Bochuz et au Bois-Mermet.

Le détenu malade a été transféré dans un hôpital mieux adapté, même si selon la présidente du Tribunal pénal, citée par le «QJ», «aucun établissement suisse ne permettait à la fois de soigner et de détenir dans les conditions idoines le prévenu», lequel cumule 22 ans de prison infligée par les juridictions suisses, françaises et allemandes.

Devoir humanitaire

Le détenu a bénéficié des meilleurs soins. «C’était un devoir humanitaire», a déclaré la présidente du Tribunal pénal, citée par «Le Quotidien Jurassien». Pas question pour elle de juger de tels bandits en comparution immédiate pour les expulser sans délai: ils récidiveraient immédiatement.

Onze cambriolages ont été attribués au quinquagénaire serbe. Le voleur de bijoux n’a agressé personne, sauf une jeune fille qui l’a surpris il y a deux ans en plein cambriolage, dans une villa de la couronne delémontaine. Mineure, la victime a été frappée, poursuivie et arrosée de spray au poivre, à une dose telle qu’il a fallu repeindre les lieux. Elle est parvenue à s’enfermer à clé dans une chambre avec un pied fracturé.

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