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TunisSoixante pays réunis pour tenter d'aider le peuple syrien

Plus de soixante pays, dont la Suisse, se réunissent pour établir un plan d'aide humanitaire au peuple syrien. Moscou et Pékin, principaux soutiens du pouvoir, boycottent la rencontre.

La ville de Homs

La ville de Homs

AFP

La Suisse et plus de soixante pays se rencontrent à Tunis. Ils vont tenter de mettre sur pied un plan d'aide humanitaire international au peuple syrien et essayer d'accentuer la pression sur Damas.

Organisée par la Ligue arabe, cette conférence internationale réunit tous les pays arabes et occidentaux impliqués dans le dossier, ainsi que les différentes composantes de l'opposition syrienne.

Elle pourrait, selon une ébauche de la déclaration finale relayée par des sources de l'opposition syrienne, appeler les autorités de Damas à mettre en oeuvre un cessez-le-feu immédiat et permettre l'accès des agences humanitaires aux populations en détresse, notamment à Homs, pilonnée sans relâche depuis plus de 20 jours.

Un plan d'aide international va être proposé et «le régime syrien sera mis au défi d'y répondre», a dit jeudi un haut responsable américain, tandis que le chef de la diplomatie française Alain Juppé a lui souligné que l'objectif de la réunion de Tunis était «d'avancer sur la question de l'aide humanitaire».

Plus de 7000 tués

Paris maintient son idée de «corridors humanitaires», rejetée par Moscou qui y voit le premier pas vers un engagement militaire.

Jusqu'à présent, «les discussions les plus avancées portent sur une trêve quotidienne» de deux heures proposée par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), a estimé jeudi un diplomate européen.

La conférence, qui devrait réitérer sa condamnation de la sanglante répression menée par le régime de Damas - plus de 7600 tués depuis onze mois, selon des ONG -, réaffirmera son soutien au plan de la Ligue arabe, qui prévoit les étapes d'une transition démocratique en Syrie.

Elle exhortera également l'opposition syrienne, fragmentée, à s'unir et se rassembler, et pourrait se diriger vers une reconnaissance a minima du Conseil national syrien (CNS), principale composante de l'opposition syrienne. Le CNS «a une représentation crédible» et «prouvera qu'il existe une alternative au régime d'Assad», a déclaré jeudi soir Mme Clinton.

Mesure récemment à l'ONU

Toutefois, l'absence de Moscou et Pékin, soutiens indéfectibles de Damas qui ont bloqué à deux reprises une condamnation de la répression au Conseil de sécurité de l'ONU, planera sur la réunion de Tunis.

La Russie, qui donne des armes à Damas, et la Chine, ont réaffirmé une position dure jeudi, refusant toute «ingérence» en Syrie.

La délégation suisse sera menée par l'ambassadeur Manuel Bessler, vice-directeur de la Direction du développement et de la coopération (DDC), délégué à l'aide humanitaire et chef du Corps suisse d'aide humanitaire (CSA).

(ats)

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