Actualisé 26.07.2016 à 11:39

Solar Impulse 2 a bouclé son tour du monde

Abou Dhabi

Arrivé vers 02h05 près de la capitale des Emirats arabes unis, l'avion solaire a terminé son tour du monde 100% solaire.

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Toute l'équipe de Solar Impulse 2 fête la fin du tour du monde de ses pilotes. (Mardi 26 juillet 2016)

Toute l'équipe de Solar Impulse 2 fête la fin du tour du monde de ses pilotes. (Mardi 26 juillet 2016)

Keystone
L'avion Solar Impulse 2, a atterri à Abou Dhabi, vers 02h05 du matin, (heure suisse) mardi 26 juillet, bouclant ainsi son tour du monde sans carburant.  (26 juillet 2016)

L'avion Solar Impulse 2, a atterri à Abou Dhabi, vers 02h05 du matin, (heure suisse) mardi 26 juillet, bouclant ainsi son tour du monde sans carburant. (26 juillet 2016)

AFP
Les deux pilotes Bertrand Piccard (g.) et André Borschberg (d.), se retrouvent, en présence de l'équipe de Solar Impulse et d'un parterre de personnes venus assister à l'atterrissge.  (26 juillet 2016)

Les deux pilotes Bertrand Piccard (g.) et André Borschberg (d.), se retrouvent, en présence de l'équipe de Solar Impulse et d'un parterre de personnes venus assister à l'atterrissge. (26 juillet 2016)

AFP

Solar Impulse 2 a bouclé mardi un tour du monde sans précédent, après avoir atterri sans encombre à 02h06 (en Suisse) à Abou Dhabi. Parti le 9 mars 2015 du même endroit, l'avion solaire a parcouru sans carburant plus de 42'000 km en 17 étapes, traversant quatre continents.

Le Vaudois Bertrand Piccard était aux commandes de l'appareil pour l'ultime étape longue de 2763 km entre Le Caire, en Egypte, et Abou Dhabi. Il a mis plus de 48 heures pour rejoindre l'aéroport d'Al-Batten, près de la capitale des Emirats arabes unis.

Solar Impulse 2 a plané presque sans bruit au-dessus de la piste d'atterrissage avant de se poser, pendant qu'une foule rassemblée à l'aéroport applaudissait la manoeuvre, a constaté un journaliste de l'ats sur place. Parmi les personnalités présentes figuraient notamment la ministre de l'environnement et de l'énergie Doris Leuthard et le prince Albert II de Monaco, où se trouve la tour de contrôle de SI2.

Poursuivre la mission «J'ai attendu ce moment pendant quinze ans. Nous avons parcouru plus de 40'000 km sans carburant et bouclé le tour du monde. Maintenant, c'est à vous de poursuivre la mission. Vous êtes le futur», a lancé M. Piccard en s'adressant à la foule, qui l'a applaudi et accueilli aux cris de «Bravo, bravo».

Il a été aussitôt rejoint sur le tarmac par André Borschberg, un Nyonnais d'origine zurichoise, avec lequel il s'est relayé aux commandes du monoplace tout au long du périple, destiné à promouvoir les énergies renouvelables.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a exprimé en soirée sa «profonde admiration» pour cette expérience. «C'est un jour historique, non seulement pour vous mais l'humanité», a ajouté M. Ban lors d'une conversation avec M. Piccard, retransmise en direct sur le site Internet de Solar Impulse.

«Le monde a souffert de grandes tragédies durant les dernières semaines», a dit quant à elle la conseillère fédérale Doris Leuthard lors d'un discours. Mais Solar Impulse est «une raison d'espérer un monde meilleur». Grâce à leur exploit, Bertrand Piccard et André Borschberg servent d'inspiration aux entreprises et aux jeunes chercheurs. Ce périple constitue un jalon important sur la voie de la gestion durable des ressources de notre planète, a souligné la ministre.

Mme Leuthard a aussi évoqué l'accord de Paris sur le climat signé en avril à New York. Le traité n'est encore de loin pas mis en oeuvre; ce tour du monde en avion solaire doit inciter les autorités à prendre des mesures concrètes, a-t-elle déclaré.

Pesant une tonne et demie, mais aussi large qu'un Boeing 747, le SI2 a volé à une vitesse moyenne d'environ 80 km/h grâce à des batteries qui emmagasinent l'énergie solaire captée par quelque 17'000 cellules photovoltaïques sur ses ailes. Le projet a coûté près de 170 millions de francs. Il a entre autres été financé par Omega, ABB et Google et a reçu le soutien de la Confédération.

Seize mois

La circonvolution, à plus de 8500 mètres d'altitude au maximum, aura duré plus d'un an et quatre mois. Elle était prévue au départ pour ne faire que cinq mois, dont 25 jours de vol effectif.

Parti d'Abou Dhabi, l'avion s'est posé successivement à Mascate (Oman), Ahmedabad et Varanasi (Inde), Mandalay (Birmanie), Chongqing et Nanjing (Chine), puis Nagoya (Japon) et Hawaï (Etats-Unis), où il avait fait une escale technique imprévue de plusieurs mois, avant d'atteindre et de traverser l'Amérique du Nord, s'arrêtant à San Francisco, Phoenix, Tulsa, Dayton, Lehigh Valley et New York.

Puis il a traversé l'Atlantique sans escale pour se poser le 23 juin à Séville, dans le sud de l'Espagne, d'où il a rallié le 13 juillet Le Caire. L'étape finale n'a pas été de tout repos. Après un décollage tranquille dans la nuit de samedi à dimanche, l'avion est entré dans une zone de turbulences violentes la nuit suivante, alors qu'il survolait l'Arabie saoudite.

Le vol agité était attendu en raison des températures élevées. Bertrand Piccard s'est ainsi vu privé de sommeil, comme il l'a écrit sur Twitter.

Le Vaudois a effectué la première traversée de l'Atlantique (6765 km), alors qu'André Borschberg est entré dans la légende en pilotant l'appareil pour son étape au-dessus du Pacifique, soit 8924 km en un peu moins de 5 jours et 5 nuits (du 28 juin 2015 au 3 juillet 2015), le plus long vol en solitaire jamais réalisé. Les dégâts causés aux batteries pendant la traversée ont obligé l'avion à rester au sol pendant neuf mois.

Défi humain

«#Si2 est à la fois le premier avion d'endurance sans limites et le seul appareil expérimental autorisé à survoler des villes», a écrit lundi M. Borschberg dans un tweet.

Le tour du monde de Solar Impulse 2 est «un défi plus humain que technique», a-t-il ajouté. Les deux Suisses ont piloté à tour de rôle dans un cockpit de 3,8 m2 sans air climatisé ni chauffage, mais équipé de bouteilles d'oxygène pour permettre aux pilotes de respirer et d'un coin toilettes.

La cabine est recouverte d'une mousse isolante pour atténuer les températures extrêmes en vol, oscillant entre 40 et -40 degrés Celsius.

«On fait des petites siestes de 20 minutes. Des exercices dans le cockpit, une demi-heure, le matin et l'après-midi, sinon au bout de plusieurs jours, on ne peut plus bouger les bras et les jambes», a expliqué M. Piccard aux journalistes au Caire avant le départ pour Abou Dhabi.

Les tweets de Solar Impulse 2

(afp/ats)

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