Actualisé 23.06.2016 à 13:17

Tour du mondeSolar Impulse 2 réussit sa traversée de l'Atlantique

Parti de New York lundi, l'avion solaire a accompli avec succès une des plus longues étapes de son tour du monde.

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Toute l'équipe de Solar Impulse 2 fête la fin du tour du monde de ses pilotes. (Mardi 26 juillet 2016)

Toute l'équipe de Solar Impulse 2 fête la fin du tour du monde de ses pilotes. (Mardi 26 juillet 2016)

Keystone
L'avion Solar Impulse 2, a atterri à Abou Dhabi, vers 02h05 du matin, (heure suisse) mardi 26 juillet, bouclant ainsi son tour du monde sans carburant.  (26 juillet 2016)

L'avion Solar Impulse 2, a atterri à Abou Dhabi, vers 02h05 du matin, (heure suisse) mardi 26 juillet, bouclant ainsi son tour du monde sans carburant. (26 juillet 2016)

AFP
Les deux pilotes Bertrand Piccard (g.) et André Borschberg (d.), se retrouvent, en présence de l'équipe de Solar Impulse et d'un parterre de personnes venus assister à l'atterrissge.  (26 juillet 2016)

Les deux pilotes Bertrand Piccard (g.) et André Borschberg (d.), se retrouvent, en présence de l'équipe de Solar Impulse et d'un parterre de personnes venus assister à l'atterrissge. (26 juillet 2016)

AFP

L'avion Solar Impulse 2 a réussi sa première traversée de l'Atlantique, étape cruciale de son tour du monde avec le soleil pour seul carburant. L'appareil a atterri jeudi à Séville, dans le sud de l'Espagne.

«Je ne peux pas réaliser, c'est tellement fantastique», s'est exclamé le pilote suisse Bertrand Piccard. Ce dernier communiquait en direct sur Internet avec le centre de contrôle à Monaco.

L'avion avait décollé lundi de New York à 02h30 locales (08h30 suisses), pour la 15e étape de son tour du monde. Il s'est posé jeudi peu avant 7h40 sur l'aéroport de Séville, au terme d'un périple de 6272 kilomètres au-dessus de l'océan.

«C'est la première traversée de l'Atlantique par un avion solaire!», s'est félicité Bertrand Piccard, 58 ans, juste avant de descendre de l'appareil. Il a semblé épuisé par ce vol en solitaire de plus de trois jours à bord de l'avion qui ne peut transporter qu'un seul pilote.

Les internautes ont pu suivre toute la traversée en direct grâce à des caméras placées dans la cabine, sur la queue et sous les ailes de l'appareil.

Meeting aérien

«Bravo, c'était magnifique à voir», l'a félicité le prince Albert de Monaco, à distance, depuis le centre de contrôle, où les ingénieurs et techniciens s'embrassaient, enthousiastes d'avoir participé à l'aventure. L'atterrissage «devait être un peu compliqué avec tous les avions de chasse autour (de toi) et la patrouille espagnole» déployée pour accompagner l'avion à son arrivée, a noté le prince.

«Je suis arrivé au milieu d'un meeting aérien, c'était absolument extraordinaire, ça m'a gardé réveillé comme ça!», lui a répondu Bertrand Piccard.

Il s'agissait du premier vol transatlantique d'un aéroplane capable de voler sans carburant grâce à ses batteries emmagasinant l'énergie solaire. Dans la nuit, le pilote avait d'ailleurs annoncé sur Twitter: «Ma source d'énergie va dormir. Les batteries vont m'aider à voler à travers la nuit».

C'est également sur Twitter que le président de la Confédération Johann Schneider-Ammann a félicité l'explorateur. «Environ 90 ans après Lindbergh et l'énergie fossile, l'Atlantique est franchie grâce au soleil. Félicitations à @solarimpulse!», a-t-il écrit, sans oublier le hashtag «#PrésidentCH».

Traversée parfaite

Pour cette traversée qu'il a qualifiée de «parfaite», M. Piccard avait été guidé par une équipe d'ingénieurs et des météorologistes qu'il a chaudement remerciés. «Vous m'avez fait passer par le trou d'une aiguille entre les nuages», leur a-t-il dit.

Vers le milieu de sa traversée, Bertrand Piccard s'est aussi entretenu avec un journaliste du magazine L'Illustré. Il lui a décrit la beauté de la «strawberry moon». Cette pleine lune, correspondant au solstice d'été, devient «complètement orange, quand elle se lève». Dans la nuit de mardi à mercredi, elle était d'un «orange foncé».

A son arrivée à Séville, le pilote a lancé, comme un slogan: «l'avenir est propre et il commence maintenant!» Il a ainsi vanté l'efficacité des nouvelles technologies propres pour sauvegarder les ressources naturelles de la planète.

Solar Impulse 2 avait entamé son périple le 9 mars 2015 à Abou Dhabi (Emirats arabes unis). Il a ensuite fait de nombreuses étapes. Après sa traversée du Pacifique, il avait été immobilisé une dizaine de mois à Hawaï.

Pilotage alterné

Pesant seulement 1,5 tonne, mais aussi large qu'un Boeing 747, l'aéroplane vole à une vitesse moyenne de 50 km/h grâce à des batteries. Celles-ci emmagasinent l'énergie solaire captée par quelque 17'000 cellules photovoltaïques installées sur ses ailes.

Sa cabine, équipée de bouteilles d'oxygène pour permettre aux pilotes de respirer, n'est pas pressurisée. Le cockpit est toutefois recouvert d'une mousse isolante pour atténuer les températures extrêmes en vol, entre 40 et -40 degrés Celsius.

Bertrand Piccard a alterné le pilotage, pendant ce tour du monde, avec son compatriote André Borschberg, 63 ans. Ce dernier avait piloté l'appareil pour son plus long voyage entre Nagoya (Japon) et l'archipel d'Hawaï dans le Pacifique: 6437 km en 5 jours et 5 nuits.

(ats)

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