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MaliSoldats et islamistes combattent en des lieux stratégiques

Les soldats français et maliens poursuivent leur progression vers Gao, cible de frappes aériennes. Les islamistes ont riposté en dynamitant un pont près de la frontière nigérienne.

Des soldats français en position.

Des soldats français en position.

ARCHIVES, Keystone

Soldats français et maliens ont repris vendredi une localité sur la route de Gao, bastion des islamistes dans le nord-est du Mali. Mais ces derniers ont riposté en dynamitant un pont stratégique près de la frontière nigérienne d'où pourraient venir des forces de la coalition africaine.

Le premier ministre français Jean-Marc Ayrault a affirmé qu'il n'y avait «pas de risque d'enlisement» de la France au Mali, ajoutant que «les objectifs» fixés étaient «atteints et respectés». Il s'exprimait alors que militaires français et maliens progressaient en direction du nord, vers Gao et Tombouctou.

«Les militaires maliens et français sont à Hombori. Ils y assurent la sécurité. Il n'y a plus d'islamistes sur place», a déclaré un enseignant de la localité reprise, située à 920 km de Bamako.

Objectif Gao et Tombouctou

Une source malienne de sécurité a précisé que les soldats français et maliens allaient poursuivre leur progression vers Gao, une des principales villes du nord du Mali, à un peu plus de 200 km à l'est de Hombori. Gao et ses environs ont été la cible de frappes aériennes de l'armée française dès le début de son intervention le 11 janvier.

Parallèlement, les soldats français et maliens qui ont repris la ville de Diabali (400 km à l'ouest de Bamako) aux islamistes vont se diriger vers Léré, plus au nord-est, dans le but de «prendre le contrôle de Tombouctou», selon la source de sécurité.

Les autorités maliennes pensent que l'offensive contre Gao pourrait intervenir dans les jours à venir. Gao, tout comme Tombouctou et Kidal, sont aux mains d'une alliance agrégée autour d'Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui a conquis les deux tiers du Mali au lendemain du coup d'Etat militaire du 22 mars 2012 à Bamako.

Pont saboté

Dans la région de Gao, les groupes islamistes ont riposté en sabotant le pont de Tassiga, sur le fleuve Niger, paralysant une des deux routes que pourraient emprunter les soldats tchadiens et nigériens en cours de déploiement au Niger, pour, à partir de ce pays remonter vers Gao, proche de la frontière.

«Les islamistes ont dynamité le pont de Tassiga. Personne ne peut plus passer pour aller au Niger, ou venir vers Gao», a déclaré Abdou Maïga, propriétaire de camions de transports, dont le témoignage a été confirmé par une source de sécurité nigérienne.

Tassiga est située à 60 kilomètres de la frontière nigérienne. Deux mille soldats tchadiens et 500 nigériens pourraient, à partir du Niger, ouvrir une autre voie vers Gao pour aller chasser les groupes islamistes armés au Mali.

Malnutrition

A Gao même, la situation humanitaire se dégrade, selon Action contre la faim (ACF). L'ONG évoque «des cas de malnutrition aiguë». La situation est également critique à Tombouctou (900 km au nord-est de Bamako), selon des habitants qui indiquent être privés d'eau et d'électricité depuis trois jours.

Plus de 9000 Maliens ont fui dans les pays voisins depuis début janvier, a indiqué de son côté le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) à Genève. Le nombre total de réfugiés dans la région dépasse désormais 150'000 et il y a environ 230'000 déplacés à l'intérieur même du Mali.

Réunion samedi à Abidjan

Face à cette situation, les chefs d'état-major ouest-africains doivent se rencontrer samedi en urgence à Abidjan afin de discuter des opérations dans le pays, a annoncé la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao).

Des soldats de la force africaine mandatée par l'ONU ont commencé à se déployer au Mali, où 2500 soldats français sont déjà positionnés: 160 militaires du Burkina Faso sont ainsi arrivés à Markala (270 km au nord de Bamako), pour prendre la relève des Français qui tenaient un pont stratégique sur le Niger. Quelque 6000 soldats africains devraient à terme être présents au Mali.

A la situation humanitaire qui s'aggrave s'ajoutent les accusations des organisations de défense des droits humains et de nombreux témoins contre l'armée malienne qui se serait rendue coupable d'exactions, particulièrement à l'encontre des Arabes et des Touareg, assimilés aux «terroristes» islamistes.

(ats)

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