Syrie: Soldats tués: Ankara contredit la version russe
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SyrieSoldats tués: Ankara contredit la version russe

Trois soldats turcs ont été tués et onze autres blessés dans un bombardement russe qualifié d'«accidentel».

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Malgré la trêve humanitaire, les violences entre l'armée syrienne et les insurgés ont repris dans la Ghouta orientale. (Mercredi 28 février 2018)

Malgré la trêve humanitaire, les violences entre l'armée syrienne et les insurgés ont repris dans la Ghouta orientale. (Mercredi 28 février 2018)

AFP
Les Etats-Unis ont commencé à livrer des armes aux combattants kurdes contre l'EI dans le nord de la Syrie, au grand dam d'Ankara. (Mardi 30 mai 2017)

Les Etats-Unis ont commencé à livrer des armes aux combattants kurdes contre l'EI dans le nord de la Syrie, au grand dam d'Ankara. (Mardi 30 mai 2017)

Keystone
Des frappes de la coalition ont visé des immeubles d'habitation à Mayadine, dans l'est de la Syrie, faisant 35 civils morts. (Jeudi 25 mai 2017)

Des frappes de la coalition ont visé des immeubles d'habitation à Mayadine, dans l'est de la Syrie, faisant 35 civils morts. (Jeudi 25 mai 2017)

Keystone

Moscou et Ankara ont livré vendredi deux versions divergentes des circonstances de la mort la veille de trois soldats turcs dans un bombardement russe en Syrie. Les deux pays coopèrent pour lutter contre le groupe Etat islamique (EI).

Le Kremlin a affirmé vendredi que ces frappes visant des «terroristes» avaient été effectuées à partir de coordonnées fournies par les Turcs. Mais l'état-major turc a ensuite affirmé avoir notifié les Russes de la présence de ses soldats dans la zone. Trois militaires turcs ont été tués et 11 blessés jeudi dans un bombardement, qualifié d'«accidentel» par Moscou, de l'aviation russe dans la région d'Al-Bab, un bastion de l'EI dans le nord de la Syrie.

«Nos militaires se sont basés, lors des frappes sur les terroristes, sur les coordonnées transmises par nos partenaires turcs. Et aucun militaire turc ne devait se trouver dans la zone définie par ces coordonnées», a indiqué vendredi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

«Il y a eu une absence de coordination dans la transmission des coordonnées», a ajouté Dmiri Peskov en réponse à une question sur une «erreur» des Turcs. «Les causes de l'incident sont claires. Il n'y a aucun débat. Le président (Poutine) a présenté ses condoléances et a regretté ce qui s'est passé», a-t-il poursuivi.

Version turque

Mais l'état-major turc a dans la soirée de vendredi réfuté cette version, affirmant que les coordonnées indiquant l'emplacement de ses hommes avaient été fournies à plusieurs reprises à la partie russe. «Nos unités touchées par l'avion (russe) le 9 février se trouvaient au même emplacement depuis environ 10 jours», a indiqué l'armée turque dans un communiqué cité par l'agence de presse progouvernementale Anadolu.

L'état-major turc affirme avoir indiqué aux Russes l'emplacement de ses unités mercredi après qu'un projectile se fut écrasé près de leurs positions. «A peu près au même moment, l'attaché militaire russe à Ankara a été invité au quartier général de l'état-major où les coordonnées indiquant l'emplacement des soldats qui avaient déjà été transmises lui ont été remises en main propre», a ajouté l'armée turque.

Chasser Assad

L'armée syrienne et ses alliés du Hezbollah libanais sont eux visés par une nouvelle alliance de factions djihadistes syriennes, qui comprend l'ancien front al-Nosra. Elle a juré d'intensifier le combat et de chasser du pouvoir le président Bachar el-Assad.

Hachem al-Cheikh, le chef du groupe Hayat Tahrir al-Cham, alliance formée au mois de janvier, a également indiqué, dans son premier discours enregistré dans une vidéo, que ses forces aspiraient à «libérer» la totalité du territoire syrien.

«Nous assurons au peuple que nous allons engager une intensification des opérations militaires contre le régime criminel. Nous attaquerons ses casernes et ses positions et mènerons une nouvelle lutte de libération», a-t-il expliqué.

Terroristes parmi les réfugiés

Bachar el-Assad a pour sa part affirmé, dans un entretien publié vendredi, que des «terroristes» se cachaient parmi les millions de réfugiés ayant fui le conflit dans leur pays.

Interrogé par Yahoo News sur les propos du président américain Donald Trump, selon lequel des extrémistes se cachent parmi les réfugiés, Bachar el-Assad a appuyé ses dires, affirmant: «Vous pouvez trouver cela sur le net».

Bachar el-Assad a par ailleurs rejeté le projet de Donald Trump d'établir des «zones de sécurité» pour les civils en Syrie. Le président américain avait affirmé le mois dernier que le gouvernement américain envisageait la création de zones sécurisées pour accueillir les Syriens déplacés.

(ats)

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