Actualisé 12.02.2018 à 11:00

Sommaruga est la plus insultée sur le Net. Pourquoi?

Haine

Une étude, basée sur 700'000 commentaires en ligne, a montré que la conseillère fédérale essuie le plus grand nombre de commentaires haineux sur le web en comparaison des autres Sages.

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ofu
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Simonetta Sommaruga (PS) arrive en tête du classement. Elle a essuyé le plus grand nombre de commentaires négatifs.

Simonetta Sommaruga (PS) arrive en tête du classement. Elle a essuyé le plus grand nombre de commentaires négatifs.

Keystone
Elle est suivie par Johann Schneider-Ammann...

Elle est suivie par Johann Schneider-Ammann...

Keystone
... Doris Leuthard...

... Doris Leuthard...

Keystone

Au sein du Conseil fédéral, Simonetta Sommaruga (PS) fait l'objet du plus grand nombre de commentaires haineux sur le Net. C'est ce qui ressort d'une enquête menée par le «TagesAnzeiger». Le quotidien alémanique a passé au crible près de 700'000 commentaires de lecteurs en ligne, datant de juin 2017 à janvier 2018 et publiés sur les forums de Newsnet, qui regroupe différents portails d’information dont «Le Matin».

Concrètement, le journal a non seulement pris en compte les messages publiés, au nombre de 500'000, mais également les quelques 200'000 autres qui n'ont pas pu être rendus public en raison de leur caractère raciste ou sexiste.

Simonetta Sommaruga est la conseillère fédérale qui essuie le plus de commentaires négatifs. Les messages adressés à sa collègue Doris Leuthard (PDC) sont aussi relativement négatifs, écrit le «Tagi». En revanche, la situation est tout autre pour Ignazio Cassis (PLR) et les deux Sages UDC Guy Parmelin et Ueli Maurer. Si ces derniers font également l'objet de critiques, les commentaires à leur égard restent moins insultants et moins dénigrants.

Sexisme et misogynie

Selon le journal alémanique, ces résultats s'expliquent en partie par les différents départements attribués aux Sages. Simonetta Sommaruga est en effet en charge du Département fédéral de justice et police. Elle est donc notamment responsable du très controversé dossier de l'asile. Ce domaine suscite de vives réactions depuis des années. L'initative «No Billag», combattue par Doris Leuthard et son Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication, n'est pas moins controversée.

L'analyse des 200'000 messages non-publiés livre cependant une autre explication pour le grand nombre d'insultes à l'égard des deux conseillères fédérales. De nombreux commentaires regorgent en effet de sexismes et d'insinuations misogynes.

Cette réalité vaut également pour les conseillères nationales. Céline Amaudruz (UDC/GE) ou encore Natalie Rickli (UDC/ZH) essuient près de deux fois plus de commentaires insultants que leurs collègues masculins Roger Köppel (UDC/ZH) ou Christoph Blocher (UDC/ZH). Bien qu'ils se présentent de manière bien plus polémique dans les médias que la Genevoise et la Zurichoise, écrit le journal.

Un résultat pas étonnant

Sarah Bütikofer, experte en sciences politiques, n'est pas étonnée par ce résultat. «En Suisse, il n'est pas rare qu'une politicienne se fasse remarquer uniquement parce qu'elle est une femme et qu'elle fait donc partie d'une minorité dans le monde politique.»

Selon l'experte, les médias ont une part de responsabilité dans tout cela: «Les politiciennes sont présentées différemment dans la presse que les politiciens. On parle davantage de leur personnalité, leur physique, leur style, leur vie privée. Il y a donc davantage de points sur lesquels on peut les critiquer.»

Contacté, un porte-parole de Doris Leuthard explique que la conseillère fédérale n'est pas insensible aux messages haineux à son encontre. «Visiblement, les gens ont moins de réticences à insulter une femme qu'un homme. C'est regrettable.» Même son de cloche auprès de Simonetta Sommaruga. Dans une ancienne interview accordée au «TagesAnzeiger», la socialiste expliquait que les insultes la touchaient.

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