Etude: Sommeil: les Suisses sont des «marmottes»
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EtudeSommeil: les Suisses sont des «marmottes»

Des chercheurs ont examiné simultanément, à l'aide d'une «app», les habitudes des dormeurs dans 20 pays.

ARCHIVES - PHOTO D'ILLUSTRATION, Keystone

Cette étude donne un aperçu intéressant des différentes pratiques. Avec 7 heures et 55 minutes par nuit, les Suisses affichent une durée de sommeil légèrement supérieure à la moyenne.

Parmi les habitants de plusieurs pays industrialisés, ce sont les Néerlandais qui s'accordent les nuits les plus longues sous la couette, avec 8 heures 12 minutes en moyenne chaque nuit. En queue de classement, on trouve le Japon et Singapour, où le sommeil moyen ne dure que 7 heures et 24 minutes, précise l'équipe d'Olivia Walch, chercheuse à l'Université du Michigan dans «Sciences Advances».

L'écart ne paraît pas énorme. Mais les chercheurs soulignent que chaque demi-heure de sommeil a un impact important sur les performances du cerveau, ainsi que sur l'état de santé à long terme.

Si l'on en croit les données des 5500 participants, le moment de l'endormissement est souvent déterminé - et retardé - par l'environnement et les normes sociales, parfois au détriment des besoins individuels. Selon cette étude, les Suisses s'endorment peu après 23h pour se réveiller à 7 heures.

«Il semblerait que la société détermine l'heure de s'endormir, alors que le moment du réveil dépend de l'horloge interne de chacun», résume Daniel Forger, mathématicien et coauteur de l'étude. «Si l'on se couche plus tard, il y a un déficit de sommeil».

Horloge interne et génétique

Bien sûr, il y a les obligations du matin, comme le travail, les enfants ou l'école, mais ce ne sont pas les seuls facteurs déterminants. L'horloge biologique des participants a eu un effet aussi important sur l'heure du réveil que... le réveil-matin.

Les prédispositions génétiques jouent également un rôle, comme par exemple chez les personnes avec un faible besoin en sommeil, de même que le chronotype individuel - lève-tôt ou oiseau de nuit. «Ces facteurs intrinsèques doivent être pris en compte», ajoute M. Forger.

L'étude met en évidence d'autres aspects de comparaison: ainsi les hommes d'âge moyen sont les plus petits dormeurs, souvent moins que les sept à huit heures recommandées. Les femmes, elles, dorment en moyenne 30 minutes de plus que les hommes, surtout dans la tranche d'âge entre 30 et 60 ans. Et les personnes qui passent leurs journées en plein air vont en général se coucher plus tôt, gagnant ainsi des minutes de sommeil supplémentaires.

«Ca vous rend comme ivre»

Cette étude ne cherche pas à déterminer de combien d'heures de sommeil les gens ont besoin, mais simplement à faire état d'une moyenne, précise Olivia Walch. Mais elle souligne que des nuits trop courtes peuvent sérieusement réduire les performances: «Un déficit de sommeil de quelques jours seulement vous rend comme ivre.» Les gens ne s'en rendent pas compte eux-mêmes et ont tendance à surestimer leurs capacités.

Pour récolter ces données, les chercheurs ont utilisé Entrain, une application gratuite qu'ils ont développé eux-mêmes, à l'origine pour aider les gens à gérer un décalage horaire. Les participants introduisent régulièrement l'endroit où ils se trouvent, la durée de leur sommeil ainsi que le nombre d'heures passées dans des bâtiments et dehors.

L'application pourrait se révéler utile pour d'autres études sur le sommeil, estime Alfred Wiater, président de la société allemande de médecine du sommeil. Quant aux conclusions de l'étude, notamment sur l'impact des activités vespérales sur le sommeil, elles ont toutes leur pertinence par rapport à la consommation de médias électroniques en soirée par les enfants et les adolescents.

(ats)

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